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PILLIET (Soc. anatom

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La suppuration peut se terminer par une gangrène partielle de la glande; elle peut aussi gagner les parties voisines (péri-parotidite), détruire le nerf facial, se propager aux méninges, provoquer la phlébite de la jugulaire interne, du sinus caverneux, etc.

Étude clinique. — Les manifestations cliniques des parotidites varient tellement suivant leurs origines qu’il n’est guère possible d’en donner une description d'ensemble. Nous décrirons donc séparément les différentes formes étiologiques des parotidites en suivant la classification que nous avons adoptée au début.

I. — Lesparotidites primitives aiguës protopathiques ou fluxions parotidiennes simples se manifestent par un gonflement rapide, très nettement limité à la glande, généralement unilatéral, sans changement de coloration ni élévation de température de la peau. A la palpation, on éprouve une sensation spéciale de résistance élastique, profonde. Le malade accuse une sensation de tension de la région, une gêne qu’exagèrent l’ouverture de la bouche et la pression locale. Les phénomènes généraux sont nuls, la fièvre manque ou est fort légère. La marche de ces fluxions parotidiennes est rapide, leur durée courte; et la résolution survient en général spontanément en quelques jours.

Il. — Les parotidites primitives aiguës deutéropathiques qui surviennent dans Le cours ou le décours des maladies infectieuses (parotidites critiques), ou bien à la période ultime des cachexies (parotidites terminales), ont un début variable. Tantôt elles s’annoncent d’une façon bruyante par des frissons, de la céphalalgie, de la fièvre, en même temps que les symptômes locaux apparaissent. Tantôt et plus souvent, elles débutent insidieusement par les signes locaux seuls ; les phénomènes généraux passent inaperçus et ne consistent guère qu’en une aggravation de l’état adynamique du malade; la cause en est généralement méconnue tout d’abord.

La parotidite est uni- ou bilatérale; mais, dans ce dernier cas, les lésions ne sont parfois pas simultanées dans les deux glandes.

La tuméfaction est générale ou partielle, dure; puis apparaissent de l’æœdème et une rougeur diffuse; la pression de la glande fait sourdre du pus par l’orifice buccal du canal de Sténon. Dans la région, le malade ressent des battements, des douleurs lancinantes, parfois irradiées; les mouvements de la mâchoire sont difficiles et douloureux, la déglutition pénible, la respiration gênée. Il coexiste le plus souvent de la stomatite (fuliginosités, salive visqueuse...). Vers le troisième ou quatrième jour, le gonflement est à son maximum ; quelquefois alors il y a de la rougeur, de l’æœdème de la face. des vertiges, des éblouissements, des tintements d'oreille, de la surdité (compression des veines faciales et jugulaires).

La suppuration est précoce et constante.

Ces parotidites constituent un complication toujours grave, souvent mortelle des infections ou des cachexies dans lesquelles elles surviennent.

II.— Parmi lesparotidites primitives chroniques d’origine toxique, celles qui surviennent dans les intoxications mercurielle ou saturnine sont les plus fréquentes; encore sont-elles actuellement d’une rareté relative, depuis qu’on a cessé d’administrer le mercure à doses prolongées.

Ces parotidites sont toujours bilatérales; le gonflement est modéré ; le malade éprouve de la gêne et une sensation de tension pendant la mastication, mais peu de douleur. La salivation est considérable. Ces parotidites procèdent par poussées subaiguës ou aiguës, et peuvent aboutir à la suppuration.

IV. — L'évolution des parotidites secondaires aux causes intrinsèques ou extrinsèques d’obstruction que nous avons déjà mentionnées, comporte deux phases : une phase aseptique, d’obstruction des conduits et de rétention salivaire, et une phase septique, d'infection.

a. — La phase aseptique de rétention parotidienne est constituée par un gonflement simple plus ou moins considérable, plus ou moins subit de la glande parotidienne qui forme une tumeur le plus souvent indolente, molle et fluctuante lorsqu'elle est volumineuse : c’est alors une véritable hydroparotide, un kyste salivaire dont la ponction retire un liquide clair, transparent, aseptique. Gette phase de rétention parotidienne, totale ou partielle, peut persister plus ou moins longtemps, avec tous les symptômes propres aux rétentions salivaires quelle qu’en soit l’origine (coliques salivaires, gonflement glandulaire après les repas, etc.).

b. —— Dans une seconde phase, les symptômes d'infection se combinent aux signes de rétention : la suppuration des kystes salivaires est fréquente, sans être constante. Elle n’est guère indiquée que par des symptômes locaux : la tumeur devient dure, elle est le siège de battements, d’élancements ; la pression fait parfois sourdre du pus à l'orifice buccal du canal de Sténon, lorsque l’oblitération n’est pas complète; enfin, la peau peutdevenir rouge, chaude, œdémateuse, au niveau de la tumeur. Les symptômes généraux sontsouvent peu marqués. La marche de ces parotidites est irrégulière; elle est constituée par des poussées subaiguës et aiguës entées sur un état chronique ancien. Ges parotidites sont souvent partielles, lobulaires, et donnent alors lieu à la formation de petits abcès localisés dont l’ouverture cutanée entraîne fréquemment la persistance de fistules

salivaires. On voit en somme que par de nombreux côtés l’évolution :

de ces parotidites rappelle celle des abcès froids.

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C’est dans ces infections secondaires qu’on voit de préférence survenir la gangrène qu'annoncent la teinte livide de la peau, des frissons répétés, la diarrhée et l’aggravation de l’état général. L’incision donne issue à des lambeaux sphacélés, d’odeur infecte. Le pronostic est alors presque toujours fatal.

V.— De ces parotidites secondaires à la rétention salivaire il convient de rapprocher les parotidites canaliculaires (Ghassaignac), nommées encore sténanites ou sialodocites, limitées au canal de Sténon, et souvent même à son orifice.

L’oblitération de cet orifice par les exsudats inflammatoires (sialodochitis fibrinosa) provoque alors des symptômes de rétention salivaire aiguë assez douloureuse ; l’orifice du canal de Sténon est enflammé et forme dans la cavité buccale une sorte de petit tubercule rouge, saillant, semblable à un aphte, d’où la pression fait sourdre une gouttelette de pus ; la région parotidienne est tuméfiée, rénitente, élastique ; le volume de la tumeur s’accroît au moment des repas, brusquement, ou par accès successifs. La gêne du malade est considérable.

Souvent on constate en même temps une stomatite, cause première de cette sténonite.

On peut comparer à cette parotidite canaliculaire une forme de parotidite fréquente chez les verriers ; il se forme souvent chez eux une dilatation mécanique des voies salivaires qui favorise la formation de parotidites canaliculaires ascendantes secondaires : il existe une tumeur parotidienne crépitante à la pression et d'où l’on fait sortir par l’orifice du canal de Sténon un mélange de salive, d’air et de pus (Demarquay). Ces parotidites professionnelles des verriers ont une marche chronique, quelquefois entrecoupée de poussées inflammatoires aiguës ou subaiguës.

Marche. Pronostic. Complications. — On voit en résumé que presque toutes les parotidites secondaires suppurent, et que la suppuration est rapide : le troisième ou le quatrième jour, la résolution est encore possible, mais le plus souvent le pus se forme, d'habitude successivement en plusieurs points isolés. La suppuration une fois établie, la guérison se fait en une ou deux semaines environ; mais 1l persiste parfois soit des noyaux indurés, soit et plus rarement une ou plusieurs fistules salivaires. La mort peut être la terminaison des parotidites qui surviennent dans le cours des infections graves, ou à la période ultime des cachexies, surtout chez le vieillard.

Le pronostic des parotidites est donc toujours sérieux; c’est à l’âge avancé des malades et à leur état général qu’elles empruntent le degré de gravité de leur pronostic.

Le pronostic des suppurations parotidiennes peut encore être assombri par l’éclosion de complications très diverses.

Il peut se faire des fusées purulentes vers l'articulation temporomaxillaire, vers le conduit auditif (otite moyenne suppurée), vers le pharynx (abcès rétro-pharyngiens), ou même beaucoup plus loin encore, vers le médiastin.

L’ulcération des artères ou des veines peut provoquer des hémorrhagies parfois inquiétantes. La phlébite des veines faciales et jugulaires, voire même du sinus caverneux, a été observée.

Enfin, la gangrène est une complication presque toujours mortelle, qui, lorsqu'elle guérit, laisse après elle des cicatrices difformes. Dans quelques cas, on a noté la paralysie du nerf facial, consécutive à sa destruction, et la persistance de fistules salivaires ou bien, plus rarement, l’éphidrose parotidienne.

Diagnostic. — Le diagnostic des parotidites doit s’efforcer non seulement de les différencier des affections qui peuvent les simuler, mais encore de différencier leurs diverses formes les unes des autres.

La parotidite ourlienne est bilatérale et forme une tuméfaction molle, avec état normal de la peau ; sa résolution est rapide.

Les adéno-phlegmons débutent par une tuméfaction ganglionnaire mobile, douloureuse. Les adéniles parotidiennes profondes avec fusées vers le pharynx ne se distinguent guère des parotidites.

Le diagnostic différentiel des diverses formes de parotidites découle tout naturellement des variétés de leur évolution clinique sur laquelle nous avons suffisamment insisté pour n’y pas revenir.

Traitement.— Le traitement des parotidites devra être préventif et curatif.

1° Traitement préventif. — Ce que nous avons dit de l’origine buccale de la plupart des infections parotidiennes et de leur marche ascendante dicte la conduite que nous avons à tenir dans le cours des maladies générales ou des lésions locales qui sont les causes les plus fréquentes de parotidites.

On devra pratiquer l’antisepsie buccale la plus rigoureuse en s'adressant soit aux antiseptiques faibles, soit simplement à l’eau bouillie, car les grands lavages fréquemment répétés sont plus utiles que les lavages rares avec des solutions antiseptiques énergiques. C’est ainsi qu’on aura recours avec avantage aux solutions d’hydrate de chloral, d'acide borique, ou bien au sublimé à 1 pour 4000 ; on se servira, pour la toilette des dents, de poudres dentifrices antiseptiques.

2 Traitement curatif. — Si l'infection parotidienne est réalisée, on devra surveiller l’apparition de la suppuration qui, nous le savons,

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est rapide et précoce. Dès qu’il y a suppuration, il faut, sans retard, inciser les foyers purulents, séparément et successivement: de la précocité de ces incisions dépendra souvent la rapidité de la guérison ; ce sera aussi le meilleur moyen de parer aux complications gangréneuses et à la formation de fistules salivaires. Enfin, il est de toute évidence que le médecin ne devra pas négliger l’état général du malade, qui tend souvent à l’adynamie, et qu’il s’efforcera de relever ses forces par l'emploi des reconstituants.

E. Moswy.

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