‹ Manuel de médecineChapitre 54 sur 199 · ScHWALBE (Virchow’s Archiv · texte numérisé non relu

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opaques ou opalines qu’on remarque sur certains estomacs atteints de gastrite.

L’épithélium de la surface de la muqueuse est presque toujours détaché, il est remplacé par une couche de mucus contenant quelques noyaux ; çà et là cependant on trouve encore adhérentes quelques cellules caliciformes augmentées de volume et remplies de mucus. Les cellules des conduits excréteurs des glandes ont subiles mêmes altérations.

La muscularis mucosæ est rarement intacte dans les cas anciens, elle est amincie, dissociée, quelquefois presque entièrement détruite.

La couche sous-muqueuse participe presque toujours à l’inflammation, elle est épaissie, infiltrée de cellules embryonnaires ou de

cellules conjonctives adultes : c’est à son épaississement que sont.

dus les grands plis des estomacs à cellules, et en partie l’aspect mamelonné.

La musculaire elle-même finit par être atteinte. En général elle est amincie, ses fibres, dissociées par des travées conjonctives, sont amincies, en état de dégénérescence granulo-graisseuse : ces altérations expliquent l’atonie et la dilatation de l’estomac. Celle-ci est encore exagérée lorsque, à l’atrophie de la musculeuse de la plus grande partie de l'estomac, se joint l’épaississement scléreux, avec hypertrophie musculaire, de la région pylorique.

IT. GASTRITE HYPERPEPTIQUE!. — À la gastrite muqueuse, qu'ils nommaient catarrhe muqueux, les auteurs allemands opposaient l’hypersécrétion continue (gastro-succorrhée, maladie de Reichmann) qu'ils désignaient sous le nom de catarrhe acide; mais cette opposi-

tion était toute clinique, on ne savait rien de l’anatomie pathologique.

du catarrhe acide, avant les recherches de Korezinski et Jaworski. En

1891, ces auteurs? décrivirent les lésions qu’ils avaient trouvées.

dans quatre cas d’hypersécrétion continue avec ulcère de l’estomac et sténose pylorique : dans un cas l’examen porta sur tout l’estomac pris à l’autopsie ; dans les trois autres il porta seulement sur des fragments enlevés au cours de gastro-entérostomie ou de gastrectomie.

La muqueuse est épaissie et a l’aspect connu sous le nom d'état mamelonné. L’épithélium est enlevé par places; là où il existe encore, il se présente sous la forme de hautes cellules cylindriques. Tout le tissu conjonctif de la muqueuse est infiltré de nombreuses cellules embryonnaires, depuis la couche sous-épithéliale jusqu’à la sous-

1. La gastrile hyperpeplique a été ainsi nommée par M. Hayem parce qu'elle coexiste avec le type chimique de l’hyperpepsie (Leçons de thérapeutique, 1899). 2, Deutsch. Archiv für klinische Medicin, 1891.

muqueuse. Les glandes sont légèrement élargies et contiennent une masse de noyaux séparés de la membrane, parmi lesquels existent vraisemblablement des noyaux des cellules principales dégénérées : on ne voit nulle part de cellules principales; par contre, les cellules de revêtement sont normales, ou légèrement hyperplasiées.

En 1892, M. Hayem décrivit des lésions fort analogues sous le nom de gastrite hyperpeptique ; il insista, depuis lors, sur deux points particuliers : pour lui, les cellules de revêtement ne sont pas seulement conservées, elles ont subi des modifications irritatives; elles ne sont pas plus nombreuses qu’à l’état normal, mais elles sont plus volumineuses, leur protoplasma contient des vacuoles, leur noyau est en voie de multiplication ; d’autre part, sinon au début, du moins à une période un peu plus avancée de la gastrite hyperpeptique, les glandes muqueuses de la région pylorique sont toutes transfor-

-mées en glandes peptiques.

Pour Korezinski et Jaworski, l’affection débute par l’ nine don interstitielle, sous l'influence de causes diverses ; cette inflammation amène une excitation glandulaire, avec sécrétion plus abondante

d’un suc gastrique plus acide qui digère les parties les moins résistantes de la muqueuse, c’est-à-dire l’épithélium de surface et les cellules principales, et respecte les cellules de revêtement.

Pour M. Hayem, il y a d’abord un état irritatif des cellules de revêtement, sans inflammation interstitielle; la gastrite est primitivement parenchymateuse pure; plus tard se produit l’infiltration interstielle et l’on a une gastrite mixte. ;

IIT. ATROPHIE GASTRIQUE. — On avait déjà signalé ce fait que souvent les glandes de l’estomac sont remplacées par du tissu fibreux: mais c’est Samuel Fenwick‘ qui fit la première étude d’ensemble

-sur (l’atrophie de l'estomac ». Il en distingua trois variétés, suivant qu’elle existe : 1° indépendamment de toute autre maladie; 2 en même temps qu'un cancer d'un organe quelconque, estomac ou autre; 3° en même temps qu'une affection de l’estomac autre que le cancer. Au point de vue étiologique et clinique, cette classification peut être conservée; au point de vue anatomo-pathologique, il suffit -d’en considérer deux variétés : l’une partielle, l’autre totale (William Fenwick?).

L’atrophie partielle peut être limitée au pylore et à la région py- -lorique sans qu’il existe d’autres altérations del’estomac ni de cancer d'aucun organe. W. Fenwick l’a trouvée trente-neuf fois sur quarantehuit sujets de plus de quarante-deux ans; elle était caractérisée par

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