Virchow's Archiv
l’atrophie complète des glandes, l’épaississement fibreux du tissu interstitiel inter-glandulaire et de la couche sous-muqueuse. Pour lui, cette « cirrhose du pylore » est un effet de l’âge.
L’atrophie de la muqueuse s’observe encore souvent comme terminaison du processus de la gastrite muqueuse et de la gastrite hyperpeptique. Dans ces cas aussi elle est partielle, n’intéresse que certaines parties plus ou moins étendues de la muqueuse, les autres parties présentant les lésions connues de l’une ou l’autre de ces gastrites. C’est tout à fait exceptionnellement qu’elle est totale.
L’atrophie totale se rencontre soit dans certains cas d’anémie pernicieuse progressive (dont elle est alors peut-être la cause), soit au cours du cancer. Tantôt l'examen macroscopique ne révèle rien d’anomal, tantôt au contraire la muqueuse est lisse, amincie, au point, quelquefois, d’avoir le dixième de son épaisseur normale. L’estomac n’est ordinairement ni dilaté ni rétréci. L'examen microscopique montre que sur presque toute son étendue, la muqueuse est transformée en tissu fibreux, sans qu’il soit possible d’y trouver le moindre vestige de tubes glandulaires; dans quelques endroits toutefois on trouve quelques cellules dégénérées, quelques globules graisseux, indices du siège d’un tube glandulaire. Dans les points, près du cardia notamment, où la lésion n’est pas aussi prononcée, on trouve quelques tubes raccourcis, tortueux, divisés, dont toutes les cellules ont subi la dégénérescence granulo-graisseuse et dont la lumière est remplie d’une matière granuleuse ; en quelques points, ces tubes se sont transformés en cavités kystiques contenant aussi de la matière granuleuse et tapissées d’une seule couche de cellules graisseuses. Tout ce tissu fibreux est traversé par des vaisseaux de nouvelle formation.
IV. SCLÉROSE SOUS-MUQUEUSE HYPERTROPHIQUE. — Andral et Cruveilhier avaient déjà distingué du cancer « l’hypertrophie de l’estomac avec induration sans squirrhe »; cette affection fut ensuite étudiée surtout en Angleterre, et particulièrement par Brinton ; MM. Hanot et Gombault ‘ attirérent de nouveau l'attention sur elle et depuis il en fut publié quelques observations tant en France qu’à l’étranger.
L’estomac est souvent rétréci et en tout cas n’a jamais des dimensions plus grandes que celles d’un estomac sain. Sa souplesse a disparu, il est dur, comme cartilagineux, ne revient pas sur lui-même et résiste même à la pression «comme une bouteille de caoutchouc ». A la coupe, il crie sous le scalpel. Son épaisseur atteint quelquefois 2 et 3 centimètres; cet épaississement porte sur toutes les tuniques, qui sont encore parfaitement distinctes, mais surtout sur