‹ Manuel de médecineChapitre 57 sur 199 · RE PR · texte numérisé non relu

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ferment lab sont aussi toujours diminués; ils ne disparaissent qu'après l’acide chlorhydrique.

Quand la sécrétion chlorhydropeptique a totalement disparu, la sécrétion muqueuse persiste encore ; mais elle peut arriver à disparaître aussi, l'estomac ne sécrète plus : c’est l'indice de l’atrophie de la muqueuse.

Le diagnostic de la gastrite muqueuse n’est pas toujours facile, et on la confond surtout avec le cancer ou la dyspepsie nerveuse; l’ulcère avec ses douleurs, ses hémorrhagies, ses vomissements, avec l’exagération de la sécrétion chlorhydropeptique s’en distingue beaucoup plus aisément.

Le cancer débute ordinairement à un âge plus avancé que la gastrite, bien que celle-ci soit de tous les âges, et que le cancer puisse se présenter chez un sujet jeune. Dans le cancer, l’anorexie est complète et définitive; dans la gastrite, on observe des périodes de rémission pendant lesquelles les troubles digestifs sont très légers; le vomissement, assez rare et muqueux dans la gastrite, est fréquent et presque toujours alimentaire dans le cancer; dans la gastrite la douleur est moins vive, les hématémèses plus rares et moins abondantes, les troubles de la sécrétion et de la motilité moins accusés, au début du moins. L'évolution enfin est différente : rapide, continue, sans phases d'amélioration dans le cancer, elle est très lente, susceptible de longues rémissions sous l'influence du traitement dans la gastrite.

Dans la dyspepsie nerveuse, les vomissements sont assez rares, la douleur est irrégulière, l’appétit est mieux conservé, plus capricieux; l’estomac est peu douloureux à la pression, il n’est pas dilaté; la sécrétion chlorhydropeptique n’est jamais diminuée au même point que dans la gastrite, les hémorrhagies gastriques n'existent pas. Mais la dyspepsie peut aboutir à la gastrite et à la symptomatologie de la première succède celle de la seconde.

Il. GASTRITE HYPERPEPTIQUE. — C’est dans des cas d’hypersécrétion gastrique permanente (catarrhe acide des Allemands, gastro-succorrhée, maladie de Reichmann) qu’on a trouvé les lésions typiques de la gastrite hyperpeptique et cependant, dans ce Manuel, l’hypersécrétion continue sera décrite au chapitre des Dyspepsies. La raison en est que l’entente n’est pas encore faite sur cette affection.

Tout d’abord on n’est pas autorisé à superposer le syndrome clinique « hypersécrétion continue » à la lésion anatomique «gastrite hyperpeptique ». La gastrite hyperpeptique d’une part peut exister sans se manifester par l’hypersécrétion continue; cette objection n’a pas, il est vrai, une grande valeur, car pourquoi la gastrite hyperpeptique ne pourrait-elle pas rester latente, comme les autres gastrites, comme l’ulcère et le cancer, comme les affections de bien

d’autres organes ? Mais, d'autre part, l’hypersécrétion continue peut exister sans gastrite hyperpeptique : M. Hayem! rapporte un cas dans lequel le syndrome hypersécrétion existait pendant la vie, et où l’autopsie révéla un vaste ulcère de la petite courbure, avec sténose pylorique, dilatation de l'estomac et gastrite atrophique; cette observation prouve, dit M. Hayem, que «l’hyperpepsie, révélée par l'analyse chimique, peut tenir au séjour prolongé des aliments et des sécrétions gastriques dans l'estomac ».

Enfin on discute encore pour savoir si, dans les cas où l’hypersécrétion continue coexiste avec la gastrite hyperpeptique, le syndrome clinique est sous l'influence des lésions anatomiques, ou si au contraire ce n’est pas d’abord un simple trouble dyspeptique, qui détermine plus tard la gastrite par irritation répétée de la muqueuse gastrique ?.

IT. ATROPHIE GASTRIQUE. — Lorsque l’atrophie est limitée au pylore, elle ne donne lieu à aucun signe.

Lorsqu'elle succède à la gastrite muqueuse ou à la gastrite hyperpeptique, les signes qui dominent sont ceux de la gastrite, les signes d’anémie pernicieuse que nous trouverons plus loin sont peu prononcés ou manquent complètement. L’anorexie est ordinairement complète, le dégoût de la viande est surtout très prononcé;

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