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2. Les formes cliniques que M. Hayem réunit sous le nom de gastrite hyperpeptique, sont l’hyperchlorhydrie, l’hypersécrétion continue paroxystique ou permanente, compliquée ou non d’ulcère, décrites dans ces dix dernières années et qui peuvent être considérées comme les différentes étapes d’un même processus.

Il semble que Brinton (Traité des maladies de l'estomac, trad. Riant, 1870), en décrivant la Q phtisie gastrique » ait en vue ces dyspepsies et non l'atrophie de l’es-

-tomac (que Meyer appelle phlisis ventriculi). Brinton dit, en effet, que la phtisie

gastrique débute chez des sujets de moins de trente-cinq ans : au début elle se manifeste par une douleur vive survenant deux heures après le déjeuner, douleur qui a son maximum à l’épigastre et irradie vers le rachis, l’épaule, etc., elle ne

.S’accompagne ni de flatulence ni d’éructations. Plus tard cette douleur apparaît à

tous les repas, sous forme de crises que termine un vomissement, rarement alimentaire ou sanguin. Plus tard encore la douleur est presque continue et l'intolérance gastrique est complète, le malade maigrit, s’affaiblit et arrive à la cachexie. La

.marche de cette affection est quelquefois continue, ordinairement elle présente des

intermiltences plus ou moins longues, soit à la suite d’un traitement approprié, soit sans raison. Jl est rare qu’elle guérisse complètement; elle se termine quelquefois par la mort dans la cachexie, ou la tuberculose pulmonaire. Le traitement doit consister dans l’administration de carbonates alcalins, de purgatifs répétés. — Brinton fait remarquer que les formes de dyspepsie observées aux diverses périodes de la tuberculose ne ressemblent pas à la phtisie gastrique, que l’auscultation ne révèle pas de signes de tuberculose pulmonaire chez les malades atteints de cette affection, que la phtisie gastrique ne s'accompagne pas de tuberculose de l'estomac, qu’elle se présente souvent dans des familles indemnes de tuberculose; malgré toutes ces réserves, il la considère comme une forme de phtisie. Pour lui, c'estune névralgie du pneumogastrique et du sympathique, dont la cause est l'irritation des filets pulmonaires de ces nerfs par des lésions tuberculeuses non constatables à l'examen physique des malades.

à la suite des repas, le malade éprouve une sensation de plénitude, de pesanteur épigastrique, quelquefois des douleurs très violentes. Ce qui caractérise cette lésion, c’est surtout l’état du chimisme gastrique : quelles qu’aient été les altérations premières, il y à à ce moment apepsie complète et suppression de toute sécrétion. Le matin à jeun, on ne trouve ni suc gastrique, ni même du mucus; après le repas d’épreuve, le liquide retiré ne contient ni acide chlorhydrique, ni ferments digestifs. Dans de telles conditions d’apepsie la santé générale peut ne pas être trop troublée, si la motilité de l’estomac est conservée, car l'intestin supplée l’estomac; mais, lorsque celle-ci vient à être diminuée à son tour, le malade maigrit de plus en plus, tombe dans l’inanition et la cachexie.

L’atrophie totale avec anémie pernicieuse progressive est une affection rare se rencontrant surtout chez des hommes de cinquante à soixante ans.

Les symptômes présentés par les malades ne sont pas ceux de la gastrite chronique, mais très exactement ceux de l’anémie pernicieuse progressive. ;

Le début est insidieux, le malade s’aperçoit que ses forces diminuent peu à peu; pendant longtemps, cette faiblesse est le seul symptôme, puis l’appétit diminue, les végétaux sont assez bien acceptés, mais le malade à un dégoût de plus en plus prononcé pour la viande; il a quelquefois des flatulences après le repas et une constipation légère.

Plus tard, la face est pâle, jaunâtre, les lèvres et la face interne des paupières décolorées comme chez les brightiques ou les cancéreux; il n’y a pas d’amaigrissement, mais les forces sont considérablement diminuées ; il se produit des palpitations, de la dyspnée au moindre effort et quelquefois pour le moindre exercice, si bien que les malades restent en permanence au lit ou sur une chaise longue; tout travail intellectuel est d’ailleurs impossible; l’appétit, à ce moment, est très mauvais, il y à un grand dégoût pour tous les aliments, surtout pour la viande; quelques flatulences avec pesanteur à l’épigastre se produisent après les repas, et la diarrhée alterne avec la constipation : ce sont d’ailleurs les seuls symptômes gastriques présentés par le malade, qui n’a pas de grandes douleurs et dont l’estomac n’est pas dilaté.

L'examen des autres organes ne révèle rien d’anomal, si ce n’est un souffle anémique au cœur et dans les vaisseaux du cou, avec une petitesse très marquée du pouls. L’urine n’est pas albumineuse, mais ne renferme que très peu d’urée. Les globules blancs du sang sont plutôt diminués qu'augmentés, et de même que les globules rouges ils ont conservé leur volume et leur forme.

Après sept ou huit mois, un an ou deux quelquefois, la mort survient, soit en quelques jours à la suite de vomissements répétés, incessants, ou d’une diarrhée incoercible, soit en quelques heures dans le coma.

Quand l’atrophie de l’estomac se produit pendant l’évolution d’un cancer, les symptômes sont les mêmes que dans le cas précédent, la différence clinique est toute dans la constatation de la tumeur. L’atrophie gastrique a été trouvée par $S. Fenwick : 11 fois sur 15 cancers du sein ; 3 fois sur 24 cancers de l’utérus ; 4 fois sur 3 cancers de la langue ; 5 fois sur 5 cancers de l'estomac; c’est à cette atrophie qu'il faut attribuer la perte d’appétit, l’hypochlorhydrie et l’anachlorhydrie qui sont presque de règle dans les tumeurs malignes de cet organe.

IV. SCLÉROSE HYPERTROPHIQUE SOUS-MUQUEUSE. — Dans un grand nombre de cas, la sclérose hypertrophique sous-muqueuse limitée à la région pylorique ne donne lieu à aucun symptôme : on la découvre fréquemment chez des sujets morts, au delà de quarante-cinq ans, d’une affection quelconque et chez lesquels rien n’avait pu faire soupçonner pendant la vie une altération de l’estomac.

Lorsque l’épaississement de la région pylorique est plus prononcé ou que la sclérose s’étend à une grande partie de l'estomac, il se produit ordinairement des symptômes très graves dont l’interprétation est des plus difficiles. L’appétit est troublé, tantôt il y a de l’anorexie, tantôt, au contraire, de la boulimie; les digestions sont difficiles, le malade a des nausées, des éructations, une pesanteur à l’épigastre, mais très rarement de véritables douleurs; les régurgitations sont fréquentes, de même les vomissements qui sont alimentaires, muqueux ou sanglants ; les vomissements alimentaires sont surtout abondants lorsque l’estomac est dilaté, ce qui est rare; les hématémèses peuvent se reproduire assez souvent, soit rouges, soit couleur de marc de café, mais toujours moins abondantes que dans le cancer. La constipation est la règle.

La palpation de l’estomac ne révèle quelquefois rien d’anomal; d’autres fois, elle permet de sentir une tumeur lisse, égale, qui siège, soit à l’épigastre, soit dans l’hypochondre gauche, soit étendue des fausses côtes gauches à l’ombilic, tumeur qui ne serait pas toujours mate à la percussion.

L'état général est très mauvais, le malade ne tarde pas à devenir cachectique, avec teinte pâle, rarement jaune paille, de la peau, avec de l’æœdème des membres inférieurs, et presque toujours une ascite considérable. La mort survient dans la cachexie, exceptionnellement au milieu de symptômes péritonéaux. La bre a duré en tout de dix-huit mois à trois ou quatre ans.

Cette affection est assez rare pour qu'on n’y songe généralement pas en clinique, et l’on porte le diagnostic de cancer de l'estomac, ou de la rate, ou du péritoine. En réalité, aucun signe ne permet d’arriver au bon diagnostic.

Étiologie. — Les gastrites chroniquessont primitives ou secondaires ; primitives lorsqu'il n’existe pas en dehors de l’estomac de cause appréciable permettant d’en expliquer l’inflämmation ; secondaires lorsqu'elles se produisent dans le cours ou à la suite d’une maladie générale de l’organisme. Il ne faut pas s’attendre à trouver une relation constante entre les diverses variétés de gastrite et les causes qui leur donnent naissance : c’est ainsi que l’alcoolisme se rencontre en tête de l’étiologie des diverses formes de gastrite, de même que la chlorose, la tuberculose, la dyspepsie nerveuse. Aussi la division des gastrites en primitives et secondaires doit-elle être considérée comme purement étiologique et sans grand intérêt pour le diagnostic de la variété.

La gastrite chronique primitive est une maladie de l’âge moyen; elle débute exceptionnellement avant vingt ans ou au delà de soixantedix ans; elle frappe à peu près également les deux sexes, un peu plus peut-être les hommes que les femmes.

L’alcoolisme en est la cause la plus fréquente, et plutôt, dit-on, l’abus des liqueurs que celui du vin ou de la bière. La gastrite peut être la première manifestation de l’intoxication alcoolique, mais ordinairement on trouve,en même temps qu’elle, d’autres symptômes qui, en dehors des renseignements fournis par le malade, permettent de la rapporter à sa véritable cause.

Les excès de table, l’irrégularité des repas, la mastication incomplète, due ou non à une dentition défectueuse, l’usage d’aliments grossiers, ou mal préparés ou trop épicés, peuvent produire la gastrite par irritation répétée de la muqueuse gastrique. Il est plus difficile de comprendre l'influence attribuée à l’abus du tabac ou à l’existence d’une angine chronique.

Les dyspepsies, lorsqu'elles durent depuis longtemps, aboutissent quelquefois à la gastrite : l’inflammation succède à l’irritation produite soit par un suc gastrique anomal, soit par la présence prolongée du contenu stomacal, souvent en état de fermentation organique. C’est ainsi que la gastro-succorrhée aboutit aux lésions de gastrite hyperpeptique et les dyspepsies avec fermentation organique et stase à la gastrite muqueuse et à l’atrophie de la muqueuse.

Les gastrites secondaires se rencontrent au cours de la chlorose, de la malaria, des intoxications chroniques par le plomb, le mercure, etc., du cancer, de la tuberculose, des affections pulmonaires chroniques, des affections du cœur, du foie, du rein, chez les vieux

urinaires. Elles peuvent être considérées comme des gastrites dyscrasiques (Debove et Rémond!), résultant de l’altération du sang.

Dans les affections des poumons, du cœur et surtout du foie, la stase de la circulation abdominale n’est pas non plus sans influence sur la production de la gastrite; de même l'élimination par la muqueuse gastrique d’urée ou de carbonate d’ammoniaque est peutêtre cause, en une certaine mesure, de la gastrite urémique. Dans ces différentes affections, c’est presque toujours la gastrite muqueuse que l’on observe.

Nous avons vu que le cancer soit de l’estomac, soit d’un organe quelconque, était au contraire la cause la plus fréquente de la gastrite atrophique.

La fuberculose peut produire trois ordres bien distincts de troubles gastriques : la dyspepsie, la gastrite, les ulcérations tuberculeuses.

Depuis longtemps on a insisté sur la fréquence de la dyspepsie au début de la tuberculose, chez les jeunes filles surtout. L’appétit L est diminué, irrégulier, capricieux, quelquefois électif ou dépravé.

Une demi-heure ou une heure après le repas se produit une sensation

de tension, de pesanteur épigastrique : la douleur n’est générale-

ment pas forte et ne s’exagère pas par la pression, mais d’autres fois

il existe une véritable hyperesthésie gastrique, des crampes d’esto—

mac très violentes. Les malades ont des nausées, des éructations | fétides, des régurgitations acides, et souvent pendant la digestion D une toux pénible, quinteuse, quelquefois suivie de vomissements | partiels ?. La langue est nette et humide, la constipation est de règle. L’estomac est atone, mais non dilaté. Les troubles du chi- | misme stomacal sont variables : c’est, avec une fréquence à peu près | égale, ou l’hyperchlorhydrie ou la diminution de la sécrétion chlorhydro-peptique, exceptionnellement la suppression de cette sécré— tion. Un des pointsles plus intéressants de cette dyspepsie est qu’elle s’accompagne toujours rapidement d’amaigrissement et d’anémie prononcée.

Cet amaigrissement et cette anémie, ainsi que la toux gastrique, la distinguent des dyspepsies communes et des névroses de l’estomac, et doivent faire rechercher la tuberculose pulmonaire. De fait, un examen attentif permet généralement de découvrir les lésions qui existent à l’un des deux sommets, car, si quelquefois la dyspepsie

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