Trailé des maladies de l'estomac
2. La {toux gastrique a été définie différemment : pour les uns, la toux gastrique "est celle qui suit l’ingestion des aliments et paraît provoquée par leur contact avec la muqueuse stomacale; pour les autres, c’est la toux qui se montre dans les maladies de l'estomac en dehors de toute affection des voies respiratoires.
précède l’apparition des premiers signes de la tuberculisation pulmonaire, elle apparaît bien plus souvent en même temps qu'eux. À ce titre elle mérite le nom de (syndrome gastrique initial de la phtisie pulmonaire » que lui a donné M. Marfan!.
Ge syndrome gastrique initial, lié à l’anémie tuberculeuse, disparaît, comme elle, lorsque les lésions progressent et arrivent à la deuxième période ; d’autres fois, lorsque la phtisie est plus rapide, elle fait place à la gastrite sans période intercalaire. Il est généralement admis, contrairement à l'opinion de Trousseau, que cette dyspepsie a une influence fàâcheuse sur la marche de la tuberculose.
La gastrite est moins fréquente que la dyspepsie du début, on ne l’observe pas dans plus de la moitié des cas. Les symptômes sont ceux de la gastrite muqueuse avec de légères différences : la langue est rouge, sèche, dépouillée comme chez les cachectiques ; l’anorexie est absolue; les vomissements sont fréquents, très pénibles ; la diarrhée, qui a précédé de quelques jours l’apparition de la gastrite, est abondante etpersiste jusqu’à la fin. La gastrite des phtisiques apparaît au moment où commence la formation des cavernes pulmonaires, c’est donc une « gastrite terminale » (Marfan), et les périodes d’amélioration qui en interrompent quelquefois l’évolution, coïncident avec les améliorations passagères des lésions pulmonaires. La production de cette gastrite aggrave d’ailleurs encore le pronostic de la phtisie, parce qu’elle met le malade dans l’impossibilité de s’alimenter et de lutter contre la maladie.
La tuberculose de l'estomac est excessivement rare. M. Marfan a examiné avec soin toutes les observations qu’il a pu recueillir dans la littérature médicale et n’en retient que douze qui lui paraissent indiscutables. Depuis, Coats?, Sérafini*, Barbacci#, Mathieu et Rémond ° en ont publié chacun une observation probante. Dans tous les cas, il existait des lésions ulcéreuses du poumon et la tuberculose stomacale paraît due à l’inoculation directe par les crachats déglutis ; sa rareté s'explique surtout par l’action destructive du suc gastrique sur les bacilles.
Presque toujours les tubercules de l’estomac accompagnent des tubercules beaucoup plus nombreux de l'intestin, de l'intestin grêle surtout; dans quelques cas cependant l'intestin est intact.
Les granulations tuberculeuses sont rares à l’état isolé, mais on en trouve presque toujours autour des ulcérations.
. Thèse de Paris, 1887.
. Glasgow med. Journ., 1886.
. Annüli clin. del ospedale degli incurabili di Napoli, 1888.
. Lo Sperimentale, 1890.
. In DEBOVE et RÉMOND, Trailé des maladies de l'estomac, p. 225.
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Les ulcérations siègent ordinairement à la grande courbure ou dans le petit cul-de-sac, rarement sur les faces de l’organe ou le grand cul-de-sac. Il en existe souvent plusieurs, mais il peut n’y en avoir qu’une seule. Leurs dimensions varient de celles d’un petit pois à celles d’une pièce de cinq francs. Elles sont arrondies, ovalaires, festonnées ou éloilées. Le bord est épais, infiltré, formant une sorte de rempart; le fond est jaunâtre, granuleux; il est, ainsi que les bords, infiltré de granulations grises ou jaunes ; il répond à la sous-muqueuse, rarement à la musculeuse. En dehors des granulations qui infiltrent les bords et le fond des ulcérations, il en existe souvent de nombreuses disséminées sur toute la surface de l’estomac, et développées au niveau de la muqueuse ou de la sous-muqueuse. Le péritoine est épaissi au niveau des ulcérations, mais ne présente presque jamais de granulations tuberculeuses comme c’est la règle dans la tuberculose intestinale. Les ganglions de l’épiploon gastro-hépatique sont caséeux.
Dans les observations de Coats, Sérafini, Mathieu et Rémond, la présence des bacilles tuberculeux a été constatée dans les granulations péri-ulcéreuses.
En général, rien n'indique l'existence de tubercules dans l’estomac : les symptômes sont ou ceux de la gastrite commune des phtisiques, ou ceux de la tuberculose intestinale si souvent concomitante. Exceptionnellement on a signalé de violentes douleurs, des vomissements répétés de matières alimentaires mêlées de stries sanguines, et même des hématémèses, tous symptômes ressemblant à ceux de l’ulcère simple. Une fois la mort a été amenée par une hématémèse foudroyante, mais jamais les ulcérations n’ont été assez profondes pour amener la perforation de l’estomac. Dans les cas très rares où la perforation de l’estomac s’est produite au cours de la phtisie, elle s’est faite de dehors en dedans: on a vu s’ouvrir dans l’estomac soit une péritonite tuberculeuse, soit un ganglion abdominal caséeux, soit le côlon ulcéré.
La syphilis! peut frapper, quoique très rarement, l’estomac de diverses façons. À la période secondaire, elle détermine soit des troubles dyspeptiques, qui peuvent être rangés dans les troubles fonctionnels de l’estomac, soit un catarrhe gastrique aigu, coïncidant ou non avec un cCatarrhe intestinal.
À la période tertiaire, elle produit des gastropathies, simulant l’ulcère ou le cancer, dont la nature syphilitique paraît démontrée par leur résistance à tout traitement antidyspeptique. Elle détermine exceptionnellement des gommes. Klebs en a trouvé une, ulcérée,
4. GALLIARD, Syphilis de l’estomac (Arch. gén. de méd., 1886).
située sur la face postérieure de estomac, près de la petite courbure; M. Cornil en a vu plusieurs sur un même estomac situées au voisinage de la petite courbure, et non ulcérées ; la plus grande d’entre elles avait 5 centimètres de diamètre; Chiari! en a trouvé aussi plusieurs chez un enfant de quatre ans et demi. Ces gommes se produisent dans la couche sous-muqueuse, En dehors des cas indiscutables, il existe des observations moins probantes dans lesquelles un ulcère ou une cicatrice ont été rapportés à la syphilis.
Traitement. — Le traitement de l’hyperchlorhydrie et de l’hypersécrétion continue est exposé au chapitre Dyspepsies. Celui de la sclérose sous-muqueuse hypertrophique ne saurait être décrit, puisque l’affection n’est jamais diagnostiquée. Il ne sera donc question que du traitement de la gastrite muqueuse et de la sclérose atrophique.
Si la gastrite est primitive, il faut avant tout supprimer les causes qui ont pu lui donner naissance : dans cet ordre d'idées on proserira les boissons alcooliques, le café, le thé, le tabac, les écarts de régime, on recommandera les soins hygiéniques de la bouche, du pharynx et des fosses nasales ; pour la même raison, et afin d’éviter la gastrite, on doit toujours soigner les dyspepsies même légères. Si la gastrite estsecondaire, on accordera d’abord tous ses soins à la maladie eausale.
Pour laisser à son estomac des périodes de repos, il est bon que le malade fasse trois repas seulement, à sept ou huit heures du matin, à midi, à sept heures du soir; après chaque repas, il prendra quelques instants de repos, sans sommeil, avant de se remettre au travail ou à la lecture, ou bien fera une petite promenade à pas lents; le soir, il se couchera seulement trois heures après le repas.
Le régime alimentaire a une importance considérable. Souvent il est préférable de mettre pendant huit ou quinze jours le malade au régime lacté absolu, le lait étant un aliment complet et de tous celui qui excite le moins l'estomac. On conseille ensuite, avec une progression lente, des aliments d’une digestibilité facile, la poudre de viande d’abord, et on arrive peu à peu à l'alimentation ordinaire au fur et à mesure que l’état des fonctions digestives s'améliore. On trouvera dans les Traités de physiologie les échelles de digestibilité des aliments, dressées par Gosse, Beaumont, Ch. Richet, Leube, Von Sohlern. Celle de Leube comprend quatre degrés : 1° lait, bouillon, solution de viande de Leube, œufs crus, œufs à peine cuits, cakes anglais; 2° cervelle de veau et ris de veau bouillis, poulet, pigeons jeunes bouillis, pied de veau bouilli, tapioca, œufs battus ; 4 viande