PRÉVOST et CoTARD in thèse de LEFEUVRE
THÉORIES SANGUINES. — À. Diminution de l’alcalinité du sang. — Pavy croyait expliquer le défaut de résistance de la paroi par une diminution de l’alcalinité du sang. Cette hypothèse n’est pas justifiée. «Dans certaines affections, goutte, diabète, où le sang est moins alcalin qu’à l’état normal, on rencontre très rarement l’ulcère simple (Mathieu).
B. Altérations du sang. — C’est à l’anémie que Quincke et Doettwyler attribuent le rôle principal dans l’évolution de l’ulcère rond; tandis que les ulcères gastriques que ces auteurs produisaient chez des chiens normaux parvenaient à se cicatriser en un temps variant de cinq à quinze jours, les mêmes ulcères mettaient trente et un jours pour se réparer chez des chiens rendus préalablement anémiques par des saignées successives.
Aufrecht a observé des foyers inflammatoires circonscrits suivis d’ulcère, chez des lapins auxquels il avait injecté sous la peau une solution de cantharidine.
Silbermann ! a incriminé l’hémoglobinhémie qu’il a observée chez deux malades. Cet auteur ayant produit chez le chien une hémoglobinhémie expérimentale, soit en faisant pénétrer dans les veines une solution d’hémoglobine, soit en injectant sous la peau une solution faible d'acide pyrogallique, a constaté que cette altération du sang facilite la production d’un ulcère à la suite de la ligature d’une artériole gastrique.
Ces expériences montrent que l’anémie et l’empoisonnement du sang retardent la cicatrisation d’une perte de substance, mais ne prouvent pas autre chose.
THÉORIE TRAUMATIQUE. — Rasmussen? ayant souvent rencontré des traces d’ulcère au niveau d’un sillon de la face antérieure de l’estomac, sur une ligne qui correspond au rebord des fausses côtes, pensa que l’ulcère pouvait être le résultat d’une nécrose produite par la pression soit des côtes, soit même du foie.
Les traumatismes extérieurs auraient une influence analogue’. Ni les expériences ni la clinique ne justifient ces assertions. Dans presque tous les cas d’ulcères dits traumatiques, les malades guérissent complètement en trois semaines ou un mois, ce qui ne rappelle guère l’évolution de la maladie de Cruveilhier.
Ce sont probablement aussi des ulcérations banales que l’on produit, en irritant directement la muqueuse, soit à l’aide d’instru-