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Bulletins de la Société analomique

L’accumulation de calculs dans la vésicule biliaire constitue une tumeur inégale, mate, qui laisse croire parfois à l’existence d’un néoplasme gastrique ; cependant elle siège plus à droite et la palpation peut permettre de percevoir les calculs.

Enfin, chez une personne maigre, le cancer de l’estomac présente parfois des soulèvements isochrones aux battements du pouls et l’on peut croire à un anévrysme abdominal.

La phlegmatia alba dolens se rencontre parfois dans la dilatation gastrique simple.

La cacheæie, non plus, n’a rien de caractéristique et, si les troubles digestifs sont peu accentués, elle peut simuler l’anémie pernicieuse ou la leucémie.

L’adénopathie sus-claviculaire constitue souvent un élément précieux de diagnostic; il ne faut cependant pas oublier que quatre causes peuvent déterminer de semblables adénopathies : le cancer, l’adénie, la tuberculose et la syphilis.

En général, la lymphadénie ou la leucocythémie se reconnaissent assez aisément; cependant il est de notion courante que le cancer gastrique s'accompagne de leucocytose, de sorte que l’association de ganglions hypertrophiés à l'augmentation du nombre des leucocytes peut devenir une source d'erreurs.

Les adénites syphilitiques et tuberculeuses se reconnaissent, en général, aisément.

On sait en outre que les renseignements tirés de l'analyse du suc gastrique sont sujets à caution. À cet égard, on peut, au point de vue spécial du diagnostic, adopter les conclusions suivantes! :

1° L’acide chlorhydrique libre fait habituellement défaut dans le cancer; toutefois son absence n’est pas constante ; on peut même exceptionnellement observer une acidité chlorhydrique normale ou même l’hyperacidité.

2° L'absence d’acide chlorhydrique appartient à la période avancée du cancer.

3° L'absence d’acide chlorhydrique peut se rencontrer dans d’autres affections que le cancer et par conséquent n’est pas absolument pathognomonique. On peut, en effet, la constater dans les états fébriles, dans certaines dilatations de l’estomac, les gastrites dégénératives, et même dans les dyspepsies nerveuses, sans substratum anatomique.

4° Malgré ces restrictions, l’analyse du suc gasirique S impose dans tous les cas où le diagnostic est douteux.

1. G. Lyon, Diagnostic du cancer de l'estomac (Gaz. des hôpit., 1890).

Leube et Rosenbach pensent que, dans certains cas, l’examen microscopique du contenu stomacal peut servir au diagnostic ; trois fois cet examen aurait permis à Rosenbach d'affirmer le cancer, alors que la tumeur n’existait pas. On trouve dans le résidu des cellules cancéreuses, des fibres musculaires, des grains d’amidon, mais surtout des sarcines; mais l’existence de ces éléments n’est pas constante et ne peut guère aider au diagnostic.

Enfin, l’hypoazoturie, qui avait été considérée par Rommelaere comme un indice certain de l’existence d’une néoplasie, n’a certainement pas une aussi grande valeur. Elle peut se rencontrer dans divers états morbides, tels que la tuberculose, les néphrites et surtout l’inanition.

Par contre, si l’hésitation est possible entre un cancer et un ulcère simple, la conservation du taux normal de l’urée ou son exagération permet presque d'affirmer l'existence de la maladie de Cruveilhier.

DIAGNOSTIC DES FORMES ANOMALES. — Le cancer de l'estomac peut être latent!; parfois il n’est qu’une trouvaille d’autopsie ; d’autres fois, il évolue lentement, ne produisant qu’un amaigrissement progressif, une perte des forces marquée.

D’autres fois, il est caractérisé seulement par des troubles dyspeptiques (forme dyspeptique); il n’y a ni vomissement, ni hématémèse, ni douleur, ni tuméfaction, ni anorexie véritable, mais seulement de la diminution de l’appétit, de la constipation, de l’amaigrissement, un abaissement très marqué de la sécrétion chlorhydro-peptique; on croit, en face de ces signes, que le patient est atteint soit de catarrhe gastrique chronique, soit d’une forme grave de la dyspepsie nerveuse.

Le cancer survenant chez les femmes enceintes donne lieu à des erreurs de diagnostic presque insurmontables. Il se peut que les vomissements acquièrent une fréquence inusitée, que l’intolérance gastrique devienne absolue, pendant de longues périodes, et l’on croit avoir affaire aux vomissements incoercibles de la grossesse alors que la lésion gastrique est seule en cause dans leur production.

Parfois une anasarque complète masque les signes du cancer; c’est là une forme fréquente et d'autant plus trompeuse qu’elle se rencontre surtout dans les cas de néoplasmes précoces. On pense à une maladie du cœur ou au mal de Bright. C’est seulement lorsque l'examen du cœur en a révélé l'intégrité, lorsque l’examen des urines a montré l’absence d’albuminurie, qu’on pense à s'inquiéter de l’état de l’estomac, et le cancer est alors reconnu.

Dans les cas où le néoplasme gastrique s’accompagne d’ascite, on pense communément à la cirrhose ou à une péritonite chronique.

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