‹ Manuel de médecineChapitre 8 sur 199 · FRUBWALD (Jahrb. f. Kinderheilk., 1889, p · texte numérisé non relu

FRUBWALD (Jahrb. f. Kinderheilk., 1889, p

STOMATITE ULCÉRO-MEMBRANEUSE 53

elle est rapide si le traitement est précoce. Sinon, la maladie traîne en longueur; c’est alors qu’on peut voir le malade s’anémier, se débiliter ; l’adynamie peut survenir par suite de l’auto-intoxication occasionnée peut-être par la déglutition des détritus sphacélés, plus probablement par l'absorption, au niveau des ulcérations, des toxines sécrétées par les microbes qui y pullulent.

Le diagnostic de la stomatite ulcéreuse est généralement facile: l'aspect, le siège unilatéral des ulcérations, la salivation, la fétidité repoussante de l’haleine ne laissent guère place au doute.

La diphtérie se limite rarement à la muqueuse buccale, et l’envahissement du pharynx est la règle, tandis que la stomatite ulcéreuse ne dépasse pas les piliers postérieurs. La fausse membrane se distingue facilement du détritus pulpeux, comme gangréneux, qui recouvre les ulcérations de la stomatite ; l’haleine n’a pas la même fétidité. [1 est enfin toujours possible de recourir à l'examen bactériologique qui lèvera tous les doutes en révélant dans les fausses membranes diphtériques la présence du bacille de Leæffler.

Les stomatites aiguës seront d'autant plus difficiles à différencier de la stomatite ulcéreuse qu’actuellement on tend à les confondre et à ne plus admettre entre elles qu’une différence de degré.

Les stomatites toxiques, et en particulier la stomatite mercurielle, se distingueront de la stomatite ulcéreuse par la constatation des conditions étiologiques qui ont favorisé leur éclosion. On devra donc tout d’abord, lorsqu'on se trouvera en présence d’un malade atteint de stomatite, rechercher dans ses antécédents s’il ne s’agit pas d’un malade frappé, par profession, d’intoxication mercurielle, ou surtout d’un syphilitique soumis au traitement et en particulier aux frictions. On comprend l'importance de ce diagnostic étiologique qui, seul, permettra une intervention efficace et dictera au médecin le traitement qu’il devra instituer sans retard.

Traitement. — La thérapeutique doit viser un double but : mettre à l’abri de la stomatite ulcéreuse les sujets qui sont exposés à la contagion, et guérir ceux qui en sont atteints.

Les meilleurs moyens prophylactiques consisteront à stériliser par l’ébullition ou la filtration l’eau potable, par l’ébullition les couverts. On exigera des sujets exposés à la contagion les soins les plus minutieux, le lavage biquotidien de la bouche avec des solutions antiseptiques, avec de l’eau boriquée saturée.

Nous pouvons, d’ailleurs, renvoyer le lecteur aux prescriptions que nous avons formulées pour la prophylaxie des stomatites aiguës et de la stomatite mercurielle.

Le traitement curatif devra être institué sans retard : on an le chlorate de potasse sous forme de potions, à la dose de 2 à

6 grammes par jour, et sous forme de gargarismes répétés toutes les deux heures.

Actuellement, on donne la préférence aux lavages ou gargarismes antiseptiques, tels que nous les avons formulés précédemment.

Les ulcérations pourront être détergées et touchées avec du chlorure de chaux sec, ou mieux avec de la teinture d’iode. La débilitation, la tendance à l’adynamie seront combattues par l’usage des toniques et des reconstituants.

E. Mosxy.

Définition. Historique.— Le muguet est une maladie causée par un organisme inférieur, l’Oidium albicans, qui végète le plus habituellement sur la muqueuse buccale.

L'origine parasitaire de cette affection fut reconnue pour la première fois, en 1839, par Langenbeck, puis par Berg! (de Stockholm), en 1842.

Gruby, Ch. Robin, Hallier, Quinquaud. Grawitz, Audry, Laurent, Roux et Linossier nous ont fait connaître les caractères morphologiques et biologiques de cette curieuse mucédinée*.

Les fravaux de Valleix, de Seux, de Virchow, de Wagner et de Parrot ont établi les formes cliniques"et anatomiques du muguet$.

Histoire naturelle. — Quand on examine au microscope une parcelle de muguet prise sur la surface de la langue, on voit qu’elle est constituée par un réseau de filaments dont les mailles sont remplies par des éléments arrondis.

Les filaments sont formés d’une série de cellules allongées à extrémités arrondies, ayant 4 de largeur sur 48 y de longueur. Les

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