MATIHEU, Trailé de médecine, t. UI
dans la majorité des cas chez des malades atteints de neurasthénie, plus spécialement de cette forme connue sous le nom de myasthénie, et caractérisée surtout par de la somnolence, de l'abattement, de l’apathie, etc., ete. Quoi qu’il en soit, elle se caractérise cliniquement de la façon suivante. L’appétit est irrégulier, tantôt diminué et tantôt augmenté, en tout cas facilement influencé par des impressions de diverses natures. La soif est ordinairement modérée. Les malaises débutent peu après l’ingestion des repas, un quart d'heure, une demi-heure, une heure au plus après. Il y a dans cette notion du temps où éclatent les phénomènes un élément de diagnostic important sur lequel nous aurons l’occasion de revenir.
Le syndrome dyspepsie est constitué par différents troubles. La douleur est d'ordinaire légère et le plus souvent caractérisée par une pesanteur épigastrique. Mais parfois elle acquiert le caractère gastralgique. Celle-ci est due à l’hyperesthésie des terminaisons nerveuses de l’estomac, et elle est surtout fréquente chez les sujets chlorotiques ou chez les hystériques.
La douleur s'accompagne fréquemment d’éructations inodores, de pyrosis. Si l’on examine la région épigastrique, on constate du ballonnement de l’épigastre et la palpation permet d'obtenir facilement le bruit de clapotage. L’estomac se rétracte mal et se laisse distendre par son contenu ; il est en d’autres termes atteint d’atonie ; le plus ordinairement ces sensations disparaissent au bout de peu de temps. Quelquefois, elles ne cessent qu’à la suite de vomissements ; ceux-ci sont rares d’ailleurs chez les dyspeptiques de cette catégorie. Dans les cas où ils existent, ils sont ou bien spontanés, ou plus souvent provoqués par le malade même.
L’exploration montre que l'élimination des aliments se fait dans le temps voulu. |
Leube avait considéré la sécrétion comme normale dans cette: forme de dyspepsie. Avec des procédés plus exacts, on reconnut que la composition du suc gastrique est souvent modifiée. Dans les formes légères, le chimisme peut être normal; plus souvent on rencontre une diminution ou une absence complète d'acide chlorhydrique libre. Dans les formes plus sévères, l’acide chlorhydrique libre manque et l'acide chlorhydrique combiné est plus ou moins diminué. Dans quelques cas même, on peut trouver de l’anachlorhydrie (Ewald). Les altérations du chimisme stomacal ne sont d’ailleurs pas toujours en rapport direct avec l'intensité des symptômes fonctionnels. C’est ainsi que M. Hayem a montré qu’on peut rencontrer de l’apepsie chez des individus souffrant peu de l'estomac“.