‹ Manuel de médecineChapitre 83 sur 199 · LEYDEN (Zeitschrift für klinische Medicin · texte numérisé non relu

LEYDEN (Zeitschrift für klinische Medicin

ou plusieurs jours avec des périodes de rémission et d’exacerbation. On peut aussi observer des accès subintrants. Si l’accès est de courte durée, l’état général du malade reste satisfaisant. Si l’accès se prolonge, le malade maigrit, perd ses forces, tombe dans un état cachectique qui peut se terminer par la mort. S'il survit, il ne se remet que lentement. Il est rare que l'accès soit unique; le plus souvent il se renouvelle à des intervalles variables selon les individus, mais avec une certaine régularité chez un même sujet.

Dans l'intervalle des crises, la santé est bonne, l’état gastrique satisfaisant. On observe cependant quelquefois des phénomènes dyspeptiques. Selon M. Hayem*, l'analyse du suc gastrique révèle souvent des troubles hypopeptiques.

L’affection se développe souvent chez de simples névropathes, plus souvent chez des individus porteurs de stigmates hystériques ou neurasthéniques. Elle est quelquefois sous la dépendance d’un réflexe parti d’un organe abdominal, le rein ?, les organes génitaux surtout.

Certaines affections de l'abdomen (coliques hépatiques, coliques néphrétiques, coliques appendiculaires, vers intestinaux) peuvent s'accompagner de crises de vomissements analogues à ceux que nous venons de décrire, tandis que les autres symptômes restent dans l'ombre. Une investigation minutieuse permettra d'attribuer les accidents à leur véritable cause. Il est souvent plus difficile de savoir si les vomissements nerveux ne sont pas symptomatiques d’une ataxie locomotrice. On sait en effet que les crises gastriques sont un symptôme de la période préataxique du tabes et que les autres signes de cette affection sont à ce moment à peine ébauchés et difficiles à dépister *.

Les vomissements nerveux résistent souvent à tous les traitements. La piqûre de morphine même reste souvent sans résultat; quelquefois elle est mal supportée. On devra néanmoins en faire l’essai. On réussit quelquefois en associant l’atropine à la morphine.

2% Le vomissement nerveux chronique présente des caractères différents. Tout d’abord il se montre pendant une longue période de temps, souvent pendant plusieurs mois, quelquefois pendant des années. Toute la maladie se réduit à l’acte même du vomissement. Les malades ordinairement bien portants ont de l’appétit et se mettent à table avec plaisir, mais l’ingestion alimentaire provoque infailliblement le vomissement. Il n’est précédé d'aucune douleur, à

. Haye (Bull. méd., 1894).

. MATHIEU (Soc. méd. des hôp., 1892 et 1893). . CHARCOT, Leçons du mardi, 1891. : SUD TUE . !

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peine de quelques nausées. Le malade rend sans efforts tout ou partie de ses repas. Ordinairement le vomissement est précoce, se montrant un quart d'heure ou une demi-heure après les repas. Rarement il est retardé une heure après. Il est indépendant de la quantité et de la qualité des aliments ingérés; très rarement les vomissements sont électifs. Les solides sont en général mieux tolérés que les liquides. Les matières rejetées ne sont pas digérées. Elles ne sont pas acides au tournesol. Cependant, si elles sont rendues tardivement, on les trouve acides et ayant subi un commencement de digestion. Les malades souffrent si peu qu'après avoir vomi ils se remettent à table et mangent volontiers. Ces troubles moteurs sont tout à fait indépendants des troubles sécrétoires. Le suc gastrique peut être normal ou altéré.

La santé générale reste longtemps bonne, la plupart des malades ne se préoccupant pas de leur affection. Cependant il y a lieu pour le pronostic de distinguer deux cas. Tantôt l'évacuation de l’estomac est incomplète. Aussi les malades ne maigrissent pas et ne perdent pas leurs forces. Cet état peut se prolonger des années, sans grand dommage. Tantôt au contraire l'intolérance gastrique est absolue, l'estomac se vide complètement. Ordinairement le vomissement est précoce. Au bout de peu de jours on voit apparaître des symptômes d’inanition. Bientôt le malade est confiné au lit, incapable de toute activité. Ces cas graves peuvent se términer par la mort.

La maladie est beaucoup plus fréquente dans le sexe féminin. Elle peut apparaître chez de simples névropathes, mais plus souvent chez des malades porteurs de stigmates hystériques ou neurasthéniques. Elle peut être provoquée par une émotion vive, une frayeur, des chagrins, des préoccupations, un traumatisme. Souvent les affections abdominales, surtout les reins déplacés et les maladies des organes génitaux, en sont la cause. On connaît la fréquence des vomissements dans le cours de la grossesse. Enfin dans quelques cas on ne peut retrouver la cause des vomissements incoercibles.

Le diagnostic de cette affection ne souffre aucune difficulté. Cependant il y a lieu de distinguer avec soin le vomissement gastrique du vomissement œsophagien des hystériques dû au spasme du cardia et de l’æsophage. Nous n’avons pas à y insister ici, ce syndrome ayant été décrit plus haut à l’article Œsophagisme (p. 226).

Les cas légers guérissent le plus souvent facilement. Beaucoup de médicaments réussissent. On peut donner l’opium, la belladone, le bromure de potassium, l’eau chloroformée, l’éther, la cocaïne; le valérianate de cérium a donné aux accoucheurs d’excellents résultats dans les vomissements de la grossesse. On peut aussi l’employer pour les

vomissements nerveux idiopathiques. Dans les cas graves, la plupart des médicaments échouent. On obtient alors souvent de bons résultats au moyen de l'alimentation par la sonde, d’abord exclusive, ensuite associée à l'alimentation naturelle à laquelle il ne faut revenir que graduellement. Il va sans dire que dans les cas de vomissements réflexes, le traitement de l’organe atteint s'impose.

ÉRUCTATION NERVEUSE. — L’éructation est caractérisée par la projection brusque et bruyante des gaz de l'estomac. C’estun phénomène qui manque rarement dans le tableau symptomatique de la dyspepsie. Mais l’éructation peut aussi se montrer isolément, constituant une affection ayant des allures toutes particulières. La maladie se manifeste par accès de longue durée pouvant persister des semaines et des mois. L’éructation se produit aussi bien à jeun qu'après les repas. Elle se répète à intervalles rapprochés. On peut quelquefois constater dix, vingt, trente éructations par minute. Les éructations ne sont pas constantes; on observe dans la journée des crises et des rémissions. Ces crises sont spontanées ou provoquées par une émotion, une colère, une contrariété ou des excitations en divers points du corps, notamment chez les hystériques.

Chez quelques malades, les crises sont assez longues et intenses pour causer une fatigue véritable aux malades qui craignent aussi beaucoup d’incommoder leur entourage.

La santé générale n’est pas altérée.

Il est impossible de fixer la durée de la maladie. Celle-ci peut disparaître et reparaître subitement. Parfois l’affection est très rebelle. Elle se montre surtout chez des hystériques ou des neurasthéniques ou de simples névropathes.

Les auteurs ne sont pas d’accord sur le mécanisme de l’éructation. Quelques-uns en font une paralysie du cardia, d’autres une augmentation de la fonction motrice de l’estomac. L’explication donnée par M. Bouveret! me paraît répondre à la réalité, car j'en ai personnellement vérifié l'exactitude dans un cas que j'ai observé. La cause déterminante de l’éructation réside dans ce fait que les malades font constamment des efforts de déglutition et avalent ainsi une grande quantité d'air. De temps en temps, l’air emprisonné s'échappe et produit le bruit caractéristique de l’éructation. On le voit, c’est une véritable aérophagie.

Le traitement doit surtout s’adresser à l’état général. Les médicaments ont peu d'action. La suggestion à l’état de veille et surtout la suggestion hypnotique donnent de meilleurs résultats.‘

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