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IL — NÉVROSES DE LA SÉCRÉTION

Nous avons vu au chapitre des Dyspepsies les altérations chroniques de la sécrétion de l’estomac engendrées par l'existence d’un état général de névropathie. Il nous reste ici à exposer les troubles sécrétoires temporaires qui évoluent par accès, dans l'intervalle desquels la sécrétion est absolument normale. On ne connaît pas d'observations d’anachlorhydrie nerveuse paroxystique. Les observations d’hyperchlorhydrie et d’hypersécrétion intermittentes sont au contraire aujourd’hui assez nombreuses. On peut admettre de ces dernières deux formes.

4° Rossbach !, puis M. Lépine ? ont décrit sous le nom de Gas- TROXYNSIS Ou de GASTROXIE une névrose paroxystique Caractérisée par de la céphalée d’une part, par de l’hypersécrétion gastrique d'autre part. Elle procède par accès de quelques heures à deux ou trois jours de durée, accès se répétant toutes les semaines, tous les mois. L'accès, qui se montre de préférence vers l’âge de quinze ans ou trente ans, se montre chez les individus surmenés intellectuellement et est provoqué par un excès de travail, une veille prolongée, une émotion morale, etc., etc. Jamais il ne se montre pendant les périodes de repos, de congé.

L'accès débute par un violent mal de tête et par une sensation très pénible de brûlure à l’épigastre, tantôt à jeun, tantôt après l'ingestion des aliments. La céphalée et la gastralgie augmentent progressivement et atteignent leur maximum en quelques heures. Puis surviennent des éructations et enfin le vomissement.

Le liquide rejeté est très acide : il brûle la gorge et la bouche. Il contient de l’acide chlorhydrique libre en grande quantité. Son acidité totale est de 4 à 5 pour 1000. Les vomissements sont abondants et se font avec de grands efforts. Le malade a le visage pâle et contracté, les extrémités froides. Après un certain temps, probable-

1. Rosspacx (Deutsch. Archiv f. klin. Medicin, 1884). 2. LÉPINE (Soc. méd. des hôp. de Paris, 1885).

ment quand l'estomac à vidé son contenu, les vomissements cessent, le malade s'endort. Au réveil il est guéri.

Quelques auteurs, M. Longuet * notamment, ont voulu faire de la gastroxie une migraine larvée, et en faveur de cette opinion ont invoqué l'existence de vomissements acides dans la migraine, et l’alternance de crises gastroxiquesjet de véritables migraines. Nous pensons, quant à nous, qu'il y a lieu de la distinguer et de la considérer comme une véritable névrose gastrique.

Le traitement de la gastroxie est des plus simples. Le meilleur remède est une boisson tiède prise en notable quantité. Elle provoque le vomissement et les symptômes cessent très rapidement. On pourrait aussi employer le bicarbonate de soude, ou pratiquer le lavage de l'estomac. Pour prévenir le retour des accès, il faudra, autant que possible, supprimer toutes les causes d’excitation cérébrale.

2 L'HYPERSÉCRÉTION GASTRIQUE |INTERMITTENTE, encore appelée forme intermittente de la maladie de Reichmann *, du nom de l’auteur qui le premier l’a décrite, constitue une seconde forme de névrose sécrétoire paroxystique.

L'accès éclate brusquement. [l se caractérise par une douleur violente à l’épigastre et par des vomissements. Ceux-ci se répètent souvent. Les matières rejetées sont constituées d’abord par des aliments, puis par un liquide incolore ou verdâtre, dont la quantité dépasse de beaucoup la quantité des boissons ingérées, et qui contiennent de l’acide chlorhydrique et de la pepsine; c’est par conséquent du suc gastrique parfaitement actif. L’intolérance gastrique est absolue. L'état du malade est des plus pénibles. Il est brisé, accablé, la figure est pâle et étirée. Le pouls est fort et fréquent, le ventre rétracté, la constipation absolue, les urines rares, sédimenteuses. La crise dure un temps variable, de quelques jours à plusieurs semaines; elle cesse brusquement ou progressivement.

Le malade se rétablit vite et son état gastrique redevient tout à fait satisfaisant. Cependant, dans un cas, j’ai fait l'examen du suc gastrique dans une période d’accalmie et j'ai retrouvé une hyperchlorhydrie assez accentuée. Lorsque les crises sont très rapprochées, l’accalmie est incomplète et la maladie peut devenir chronique.

Les crises de ce genre sont souvent sous la dépendance d’une lésion spinale, la sclérose en plaques, la paralysie générale et surtout l’ataxie locomotrice $. On l’observe aussi chez les hystériques et les

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