Zeils.f. klin. Med
3. DEBOVE (Sociélé médicale des hôpitaux, 1889). — RÉMOND (Archives générales de médecine, 1889).
du tabes. Un type de ce genre de crise a été publié par M. Debove. Il s’agit d’un homme de cinquante-six ans, bien portant jusqu’au mois de juillet 1880. Il reçoit à cette époque un traumatisme sur le tronc, perd connaissance et reste vingt-quatre heures dans cet état. Les forces diminuent ensuite, et tout travail devient impossible. A cet accident le malade fait remonter l’origine des crises dont il souffre. Les crises reviennent tous les trois ou quatre mois et débutent par une douleur siégeant au niveau du pylore avec irradiations entre les épaules. Cette douleur est vraiment atroce, arrache des cris au patient qui se tord sur son lit. Elle est accompagnée de vomissements alimentaires, bilieux et muqueux, vomissements qui sont réveillés par l’ingestion de la moindre quantité de liquide. Ces crises durent de deux à six jours, puis les fonctions de l’estomac redeviennent à peu près normales. Le malade ne présente aucun symptôme d'ataxie. Charcot cependant, en citant cette observation, croit qu'il s’agit du tabes, car les douleurs gastriques peuvent précéder les autres signes de l’ataxie locomotrice.
On peut rapprocher de ces crises tabétiques celles qui surviennent dans la paralysie générale, presque toujours pendant l’évolution de la maladie; elles sont caractérisées par leur début brusque, leur cessation soudaine. Dans un cas, avec hyperacidité chlorhydrique, la crise gastrique fut le premier signe de l’affection (A. Robin).
C. Affections des nerfs périphériques. — Les cas sont plus rares et moins bien connus de crises gastralgiques dues à des lésions des nerfs (pneumogastrique ou sympathique). On sait que M. Jaccoud a observé des crises de gastralgie associées au varicocèle : il en explique ainsi la pathogénie : la réduction du varicocèle, en augmentant la pression sanguine dans les veines abdominales, comprimerait les nerfs et les ganglions prévertébraux et provoquerait les phénomènes douloureux.
GASTRALGIES RÉFLEXES. — Sous ce nom, on englobe les accès gastralgiques engendrés et entretenus par un état pathologique d’un organe autre que l'estomac. C’est un groupe à pathogénie obscure ; on admet hypothétiquement, pour expliquer le paroxysme douloureux, que l’excitation des nerfs de l'organe malade retentit sur les origines des nerfs sensitifs de la muqueuse gastrique. Cette variété de gastralgie étant presque toujours observée chez les femmes, il est plus logique de penser que bien souvent elle doit ressortir à l’hystérie ou à la neurasthénie. Cest dans l’helminthiasis, à la suite de lésions de l'appareil utéro-ovarien (ovarites, salpingites, paramétrites) qu’on l’observe le plus souvent. Elle est fréquemment associée à la néphroptose. Oser, Rosenthal rapportent chacun
un cas de ce genre. M. Mathieu! a récemment attiré l’attention sur ces faits.
Quelquefois ces crises gastriques, associées au rein mobile, sont constituées par des vomissements presque incoercibles; d’abord espacés, une fois ou deux par jour, puis plus rapprochés, aboutissant à l'intolérance gastrique absolue. Le plus souvent, les vomissements sont précédés de douleurs gastriques parfois si intenses que les malades se tordent littéralement sur leur lit. Il y a parfois retentissement douloureux dans le dos et la ressemblance de la crise est très grande avec celle de l’ulcère rond.
Les vomissements sont souvent alimentaires, le rejet des aliments se faisant presque toujours rapidement, un quart d'heure à une demi-heure après le repas ; d’autres fois ils sont bilieux. Ces vomissements ne sont pas précédés de nausées, ils se font en fusée comme les vomissements nerveux et presque toujours ils mettent fin à la crise douloureuse. L’analyse chimique montre que presque toujours il y a une hypochlorhydrie accentuée, sans hyperacidité de fermentation (Mathieu). Les crises gastriques de cette variété sont plus ou moins éloignées les unes des autres, et les causes prochaines qui les appellent sont surtout le retour des règles, le surmenage, les émotions.
Ces paroxysmes, si l’on n’a pas l’idée de rechercher systématiquement le rein mobile, donnent facilement lieu à des erreurs de diagnostic. On peut penser, en leur présence, au tabes, à la grossesse, à l’hystérie, à un étranglement interne ou à un empoisonnement.
GASTRALGIE DANS LES MALADIES GÉNÉRALES. — [l n’est pas rare d’observer des crises gastralgiques d’une certaine importance à la suite des maladies aiguës, de la fièvre typhoïde par exemple; cette variété de gastralgie procède vraisemblablement d’une double cause : anémie, d’une part, épuisement de la force nerveuse, d'autre part. C’est sans doute par un mécanisme identique que se crée la gastralgie des enfants ou des adolescents; l’internement dans les collèges, les pertes séminales, la masturbation sont autant de causes que l’on est en droit d’invoquer en pareil cas.
Certaines affections générales engendrent plus volontiers la gastralgie ; nous signalerons surtout les caractères spéciaux que celle-ci revêt dans la tuberculose pulmonaire, dans la goutte, dans la fièvre paludéenne.
La gastralgie appartient au cortège symptomatique de la dyspepsie commune des phtisiques ; elle est caractérisée par les signes sui-