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MATHIEU (Saciélé médicale des hôpilaux

vants : après le repas, le phtisique éprouve divers malaises qui vont d’un simple sentiment de tension épigastrique à la douleur vraie, en passant par la crampe d’estomac. La digestion s’accompagne d’éructations souvent fétides et acides. Parfois survient la régurgitation d’une minime quantité de chyme; cette régurgitation peut provoquer, le long de l’œsophage et du pharynx, une sensation de brülure. Dans d’autres cas, les troubles gastriques apparaissent, mais sont de nature différente; ils relèvent alors de l’hyperchlorhydrie.

Dans la goutte, les troubles gastriques procèdent en général d’un catarrhe subaigu ou chronique, ils font partie de ce que l’on appelait anciennement la goutte remontée à l’estomac; la crise gastralgique apparait presque toujours au cours d’une attaque de goutte articulaire; peut-être s'agit-il d’un symptôme de l’hyperchlorhydrie, car les hypothèses faites pour l’expliquer : décharge d'acide urique sur la muqueuse gastrique, ou bien irritation de la muqueuse de l’estomac par un sang surchargé d’urate de soude, n’ont pas été vérifiées.

Dans certaines fièvres pernicieuses, l'accès fébrile est accompagné de douleurs gastriques, de collapsus et même d’hémorrhagies gastro-intestinales. D’autres fois, l'accès gastralgique est comparable à la névralgie sus-orbitaire, il survient périodiquement tous les deux ou trois jours et disparait sous l'influence du sulfate de quinine. C’est en somme une véritable fièvre larvée gastralgique.

Diagnostic différentiel. — Certaines affections douloureuses des viscères péri-gastriques peuvent simuler la crise de gastralgie. Telles sont :

1° La colique néphrétique. Celle-ci cependant est souvent précédée de sensations douloureuses siégeant dans la région lombaire, d’une rougeur anomale des urines qui laissent déposer dans le vase un fin dépôt semblable à de la brique pilée. La douleur siège d’un seul côté, elle irradie vers l’urèthre et le testicule qui se rétracte vers l'anneau. Les vomissements, inconstants, ont toujours une valeur séméiologique de deuxième ordre.

2 La colique hépatique. Dans ce cas, c’est peu de temps après le repas, généralement au moment de la chasse biliaire physiologique, que survient la douleur; celle-ci a son maximum à l’épigastre, au niveau de la vésicule biliaire, elle irradie vers l’épaule droite. Les vomissements alimentaires, muqueux et bilieux s’amendent avec la douleur; l’ictère est fréquent, il survient pendant la crise quand elle-même se prolonge; si la crise est courte, l’ictère ne survient que quelques heures après elle.

3° La colique de plomb. Les douleurs sont ici extrêmement pénibles, à siège épigastrique; elles sont exaspérées par une pression

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légère sur l'abdomen, atténuées au contraire par une pression pro! fonde. La constipation est absolue. Il suffit, pour reconnaître la nature de ce paroxysme douloureux, d’être prévenu de l’existence de l'intoxication saturnine.

4 Les gastrites toxiques peuvent, par quelques-uns de leurs symptômes, simuler la crise gastralgique. Mais leur apparition à la suite de lingestion d’un acide plus ou moins dilué ou d’une s0lution caustique, la coexistence de vomissements continus, sanguinolents ou muqueux, les traces que laisse la substance ‘caustique au niveau de l’arrière-gorge sont des signes qui suffisent à reconnaître les causes du mal.

o° L'existence de la céphalalgie, des troubles oculaires, de l’albuminurie, l’intensité médiocre des symptômes douloureux, l’abondance et la coloration verdâtre des matières vomies, l’état du cœur et des artères permettent de reconnaître l’existence de l’urémie gastrique.

Notons la confusion possible avec les tumeurs cérébrales qui s’accompagnent de vomissements abondants, en fusée, et avec les lésions du cervelet, qui sont reconnues à l'existence de la démarche ébrieuse spéciale, de la céphalalgie violente, des vertiges, des éblouissements.

On peut aussi confondre la gastralgie avec les névralgies superficielles de la peau et du plan musculaire de la région épigastrique. Cependant la névralgie intercostale est accompagnée d’hyperesthésie et de points douloureux qu’il est facile de provoquer par la pression à l’émergence de rameaux nerveux.

Nous savons que l’ulcère simple, l’hyperchlorhydrie, l’hypersécrétion intermittente ou permanente provoquent des douleurs très analogues à celles de la gastralgie essentielle. Chemin faisant, nous avons indiqué les signes à l’aide desquels la gastralgie deutéropathique pouvait se révéler.

Il faut enfin distinguer la gastralgie de l’hyperesthésie de la muqueuse gastrique, ce symptôme étant à la crise gastralgique ce qu'est l’hyperesthésie cutanée à la névralgie des nerfs périphériques.

Dans la forme légère, l’hyperesthésie se manifeste par une sensation de poids, des picotements à l’épigastre; c’est plutôt un malaise pénible qu’une véritable douleur. Si l’hyperesthésie est prononcée, l’estomac devient intolérant et les vomissements suivent de près l’ingestion alimentaire. Si le vomissement se répète souvent, il suffit à entraîner des troubles graves de la nutrition. Les malades se plaignent de sensations de vide et de tiraillements à l'épigastre, de nausées, de vertiges. L’appétit est variable, capricieux. Oser a décrit une forme de l’hyperesthésie gastrique caractérisée par de

vives douleurs comparables à celles de la gastralgie vraie, dont elles, ne diffèrent que par le mode de production. Ces douleurs ne surviendraient pas spontanément, mais seulement après l’ingestion des aliments. L’hyperesthésie de la région épigastrique s’associe souvent à l’hyperesthésie gastrique.

Traitement. — Le traitement de la gastralgie comprend deux indications : 1° calmer la douleur; 2 en prévenir le retour.

1° Les remèdes propres à calmer la douleur gastralgique sont nombreux.

L'application de sachets de glace ou de vessies pleines d’eau chaude à 40 degrés environ, au-devant de l'estomac, peut produire‘de bons effets.

L’injection sous-cutanée de morphine est certainement le meilleur remède. On doit seulement mesurer ke nombre des injections et la quantité de morphine injectée à la durée et à la fréquence des accès douloureux.

Dans les formes légères, l’eau chloroformée, l’éther peuvent avoir une certaine action.

Le chlorhydrate de cocaïne a été préconisé par Rosenthal, dans la gastralgie d’origine gastrique.

% En dehors de l’accès, c’est un traitement étiologique qu'il faut instituer. Les procédés sont donc essentiellement variables.

Dans l’anémie, on donnera le fer et l’arsenic ; dans les névroses, les bromures, la valériane, l’hydrothérapie; dans l’impaludisme, la quinine.

M. CourTois-SuFFIT.

Le vomissement est un acte par lequel les matières contenues dans l’estomac sont violemment rejetées par la bouche.

Symptôme d’extrême fréquence, on l’observe au cours des maladies les plus dissemblables, dans lesquelles il peut acquérir une valeur séméiologique importante; il peut n’être aussi qu’un phénomène provoqué dans un but thérapeutique.

Physiologie pathologique. — Sans insister sur la physio-

logie pathologique d’un signe dont il importe plus de savoir la valeur,

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