IV. — Polypes du larynx
L'invention du laryngoscope, en permettant de constater sur le vivant l'existence des polypes du larynx, devait amener
l'invention de procédés opératoires applicables à leur guérison. Ces polypes dont il ne faut pas, comme on semble le faire aujourd'hui, exagérer la fréquence, peuvent être détruits en arrivant jusqu'à eux par une voie arlificielle, ou par la voie naturelle.
La création d'une voie artificielle comprend un grand nombre de procédés, dont nous étudierons plus loin le mode d'exécution.
La laryngo-trachéotomie complète, c'est-à-dire la section des cartilages thyroïde et cricoïde, delà membrane thyro-hyoïdienne et de quelques anneaux de la trachée, a été fuite par Ehrmann en 1844 pour un polype du larynx inséré sur la corde vocale inférieure gauche; la malade guérit mais resta aphone. Cette opération fut répétée par Gordon Buck, Gibb, Buckel, etc., pour des tumeurs de mauvaise nature. Debrou, après avoir tenté la laryngotomie sous-hyoïdienne, dut pour éviter l'asphyxie sectionner le curlilage thyroïde et faire ensuite la trachéotomie; la mort survint sept jours après l'opération.
La laryngotomie thyroïdienne, ou section verticale du cartilage thyroïde, a été faite par Brauers (de Louvain) en 1833 pour enlever du larynx des tumeurs verruqucuses épithéliales. La malade survécut plus de vingt ans. Busch et Kœberlé, qui la pratiquèrent en 1866 dans des cas analogues, obtinrent également des guérisons.
La section du cricoïde et de la trachée permit à Gilewsky d'exciser avec des ciseaux des excroissances polypeuscs du larynx, qu'il avait essayé, sans succès, d'extraire par les voies naturelles.
La section de la membrane hyo-thyroïdienne permit à FoUin, en 1866, d'extraire une production polypiforme formée de six à huit lobules, insérée à la base des cartilages arythénoïdes; le malade guérit. Prat en 1857 avait tenté la même opération, mais le malade, dont l'afleclion parait devoir se rattacher à une phthisie laryngée, succomba peu après celle intervention peu rationnelle.
L'extraction par les voies naturelles se fait avec des instruments dont la courbure est appropriée à la forme de la région.