‹ Manuel de médecine opératoire (volume 2)Chapitre 124 sur 307 · FISTULES DU LARYNX · texte numérisé non relu

FISTULES DU LARYNX

(le pont puisse plus facilement glisser jusqu'au devant de la fistule, les incisions sont curvilignes et la plus interne commence et se termine au-dessus et au-dessous de l'orifice à oblitérer, mais s'avance jusqu'au côté opposé. L'incision la plus interne contourne et comprend l'une des moitiés de la circonférence de la fistule. Cela fait, il avive la peau de la demi-circonférence opposée et, faisant glisser le lambeau, il le fixe par quelques points de suture.

Appréciation. — Les procédés de Larrey et de Nélaton exposent à l'emphysème. Celui de Roux fait courir le môme danger malgré la présence de la sonde, et dans le cas oii J. Roux l'a employé il fallut cinq semaines pour obtenir la guérison. Le procédé de Velpeau ne met pas non plus complètement à l'abri de l'emphysème, car sur les parties latérales l'air peut s'infiltrer sur la peau. Ayant à traiter une de ces fistules, j'ai imaginé en 1864 le procédé suivant qui seul met tout à fait à l'abri de ce danger et m'a donné un résultat complet :

Procédé de Léon Le Fort. — Je fis autour de la fistule et sur son bord même une incision circulaire que je prolongeai un peu en haut et en bas, de manière à la rendre elliptique. A 5 millimètres en dehors, je fis une seconde incision semblable et parallèle à la première. Ces deux incisions n'intéressaient que les couches les plus supperficielles du derme et n'allaient pas jusqu'à sa face profonde. J'enlevai alors toute la couche superficielle du derme comprise entre ces deux incisions, et j'eus ainsi une surface elliptique avivée tout autour de l'orifice. Cela fait, je plissai la peau en la saisissant entre mes doigts, et je mis en contact le bord gauche et le bord droit de la circonférence (fig. 555). Voyant que les surfaces se répondaient exactement, j'appliquai cinq ou six points de suture, qui une fois serrés amenèrent l'oblitération complète de la fistule. Au sixième jour, je les enlevai. Le fil le plus central ayant cédé, il restait une petite fistulette admettant un stylet de trousse et dont quelques cautérisations au nitrate d'argent triomphèrent facilement.

Ce mode particulier d'autoplastie par la face externe de la peau serait applicable aux fistules de tous les conduits et réservoirs, en particulier aux fistules uréthrales pour lesquelles je l'ai du reste employé.

VI = — Rétrécissement du larynx.

Les rétrécissements du larynx sont ordinairement consécutifs à une plaie faite à la trachée ou au bas du larynx. Langenbeck, dans un cas oii la plaie existait au niveau de là membrane cricothyroïdienne, incisa la membrane qui obturait le larynx au niveau de la plaie, introduisit une bougie allant de la bouche à la fistule et dont on augmenta graduellement le volume. Après quatre mois, Langenbeck, se croyant à l'abri d'une récidive de rétrécissement, rafraîchit les bords de la fistule et les réunit. Dans un cas semblable j'ai, en 1867, pratiqué la laryngotomie. (Voy. Laryngotomie.)

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