I. — Tumeurs enkystées des paupières
Ces tumeurs, dénature assez mal connue, sont généralement de petits kystes renfermant un liquide séreux, sanguinolent ou même purulent, avec des parois comme fongueuses, rougeâtres, faciles à écraser et à déchirer. Elles siègent dans trois points difi'érents : 1° sous la peau, où on les reconnaît, parce qu'elles sont mobiles et très saillantes; 2^ sous le muscle orbiculaire, qui les comprime, en sorte que, bien que faisant saillie au dehors, elles finissent par éroder et perforer le cartilage tarse et par s'ouvrir sur la conjonctive; ce sont les plus communes; 3° enfin sous la conjonctive, et alors elles ne font plus saillie à l'extérieur.
On a essayé d'en obtenir la résolution à l'aide des fondants, de l'acupuncture, d'un petit séton passé au travers, de la cautérisation du trajet listuleux, etc. Dupuytren les ouvrait d'un coup de bistouri et eu cautérisait le fond avec un crayon de nitrate d'argent. D'autres en ont pratiqué l'extirpation : à cet effet on divise ou la peau ou la conjonctive; on accroche la tumeur mise à découvert avec une petite érigne, et on la dissèque. Cette dissection est souvent fort délicate ; on a vu le cartilage tarse entamé, perforé, le bord palpébral divisé, et de là des déformations secondaires. Le sang qui masque les parties n'est pas une petite gêne pour l'opérateur; pour éviter l'écoulement du sang, Desmarres a imaginé une pince spéciale qui étreint entre deux anneaux lapor-
FiG. 370.
Pince de Desmarres.
tion de la paupière qui supporte la tumeur (iîg. 370). Enfin, même avec cette pince, la dissection demeure souvent incomplète; alors on peut détruire le reste de la tumeur avec le nitrate d'argent.
Procédé de Malgaigne. — Si la tumeur est en dehors du cartilage tarse, il fait une incision transversale de 1 centimètre environ, parallèle au bord libre de la paupière, et divisant les téguments et la tumeur jusqu'au cartilage ; si elle siège en dedans, il pratique une incision toute pareille sur la conjonctive, puis il saisit la paupière leplus près possible du kyste entre les mors d'une pince à disséquer, l'un des mors appliqué sur la peau, l'autre sur la conjonctive; et faisant marcher peu à peu ces mors du côté du kyste et pressant toujours, il écrase ses parois et les fait sortir en bouillie par une sorte d'énucléation.
Immédiatement Fhémorrhagie s'arrête; il ne fait ni cautérisation, ni pansement; on recommande simplement au malade de tenir l'œil fermé avec une compresse par-dessus; dès le lendemain la plaie est réunie. Quelquefois il reste sur les bords un peu de rougeur et de tuméfaction; quelques jours suffisent pour les
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dissiper. La conjonctive à l'endroit de la pression conserve aussi pendant quelques jours une couleur d'un rouge sombre, qui disparaît comme le reste.
Broiement. — Au lieu d'enlever les petites tumeurs, j'en ai cherché la résorption en les broyant avec une aiguille à cataracte introduite soit par la peau, soit par la conjonctive i?uivant que la tumeur préémine d'un côté ou de l'autre. Elles se résorbent peu à peu et disparaissent en une dizaine de jours. J'ai employé nombre de fois ce procédé depuis 1873 et j'ai obtenu par ce moyen si simple de nombreuses guérisons de chalazions.