DES KYSTES HYDATIQUES DE L'ABDOMEN
!2° Injections, — On a essayé pour la cure radicale de l'ascite des injections avec le vin, l'eau de goudron, la vapeur de vin, le gaz oxydule d'azote, et enfin la teinture d'iode. Les injections iodées comptent un assez bon nombre de guérisons; il faut confesser toutefois qu'on ne peut guère en espérer de succès que dans l'ascite idiopathique ou sans complication viscérale ; et outre que ces cas sont rares, le diagnostic n'en est pas facile à établir.
ARTICLE IV
DES KYSTES HYDATIQUES DE L'aBDOMEN
Les hydatides se présentent généralement sous la forme d'une vésicule sphérique ou ovoïde, d'un volume qui varie entre celui d'une tête d'épingle et celui d'une tête de fœtus à terme, renfermant un liquide limpide, salé, qui ne se coagule ni par la chaleur ni par les acides. Elles sont toujours renfermées dans un kyste auquel elles n'adhèrent pas. Ce kyste, d'abord très mince, acquiert à la longue une grande épaisseur, jusqu'à offrir la consistance d'une membrane fibreuse ou d'un fibro-carlilage; on en a même vu partiellement ou totalement ossifiés. Tantôt il ne contient qu'une seule hydatide, qui alors le remplit ordinairement en entier; tantôt il y en a un plus grand nombre, et quelquefois, on les a comptées par centaines et par milliers.
Les kystes hydatiques se présentent en plus grand nombre dans l'alDdomen que dans tout le reste de l'économie ; on en trouve dans la raie, dans le mésentère, dans tous les points du péritoine, toujours cependant recouverts par cette membrane, notamment dans le petit bassin. Mais c'est dans le foie qu'est leur siège de prédilection; d'après les recherches de Davaine, les kystes du foie fourniraient plus des cinq sixièmes des kystes de l'abdomen revêtus par le péritoine. Ils y sont souvent multiples; sur 38 cas, Barrier n'en a compté que 21 où le kyste fût solitaire; et il n'est pas rare de voir un kyste communiquer avec un autre.
Un point fort important de leur histoire est celui-ci : au rebours des kystes séreux qui sécrètent leur liquide et sont les propres agents de leur dilatation, ceux-ci ne sécrètent rien, se dilatent en vertu de l'accroissement des hydatides qu'ils contiennent, et, selon la remarque de Cruveilhier, semblent lutter contre cette dilatation étrangère, et réagissent à l'occasion. Ainsi, quand l'hydatide a ses parois rompues, son liquide perdu, quand elle est morte, le kyste revient sur lui-même; on y retrouve des débris plus ou moins
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altérés de l'hydatide, avec un liquide plus ou moins abondant, mais surtout de nature différente qui paraît cette fois provenir du kyste et n'avoir aucune tendance à augmenter. Ceci jette déjà une certaine lumière sur le traitement chirurgical.
Les moyens employés contre ces kystes peuvent se réduire à quatre : \°\3l ponction ;^° les injections ; d" V ouverture du kyste :
A" l'extirpation.
i" Ponction. Elle se fait avec le trocart capillaire ou avec un gros trocart.
A. Ponction capillaire. — Récamier avait d'abord plongé dans les kystes de ce genre, à titre de ponction exploratrice, un trocart très fin ou une aiguille à cataracte, qu'il retirait immédiatement pour éviter le suintement du liquide hydatique dans le péritoine. Puis, une simple ponction au trocart, par laquelle il laissa écouler le liquide, lui ayant procuré uneguérison, ce moyen, outre son utilité pour le diagnostic, est devenu une ressource pour la thérapeutique, et compte aujourd'hui un certain nombre de succès; dès lors l'aiguille a été abandonnée.
Leudet avait imaginé que le conctact de la bile suffirait pour tuer les hydalides; et, dans les kystes du foie, il conseillait de déchirer en un point la paroi interne du kyste afin d'y faire couler la bile. L'aiguille aurait pU servir à ce dessein; mais la pointe du trocart y serait également propre; et au total, l'idée de Leudet étant tout hypothétique, lui-même a fini par y renoncer.
B. Ponction avec le gros trocart. — Cette méthode proposée par Boinet a été surtout préconisée parVerneuil. On se sert d'un très gros trocart, de manière à ce qu'on puisse facilement non seulement évacuer le liquide, mais des débris d'hydatides. Ce liquide évacué on remplace la canule par un drain de caoutchouc, garni de baudruche pour empêcher l'accès de l'air.
2° Injections. — Aran, le premier, après une ponction capillaire, a poussé dans un kyste du foie une injection de 50 grammes de teinture d'iode mêlée d'autant d'eau, avec addition de 2 à 4 grammes d'iodure de potassium, en laissant le tout dans le kyste. Il a réussi deux fois, et a eu des imitateurs non moins heureux. A. Richard a essayé à son tour une injection de 8 grammes d'alcool, soit pur ou mélangé d'eau, et laissé pareillement à de-