DES KYSTES HYDATIQUES DE L'ABDOMEN
après, l'autopsie faisait voir en effet ce kyste flétri, ratatiné, sans aucun débris d'hydatides, mais contenant encore 120 grammes d'un liquide un peu visqueux.
Lorsque le kyste a suppuré et est resté longtemps ouvert, il semble au moins que sa cavité doive disparaître. Cela même demeure fort douteux. Longtemps l'ouverture extérieure reste listuleuse; elle se ferme rarement avant deux mois ou deux mois et demi; on l'a vue persister cinq mois. Elle se ferme enfin, mais qu'y a-t-il derrière? Très probablement un kyste rempli deliquide, mais un kyste sans hydatides, et n'ayant que peu ou point de tendance à s'accroître. C'est une question qui réclame de nouvelles recherches.
Du reste, les succès obtenus ont été rachetés au prix de revers beaucoup plus nombreux; et toute opération pratiquée sur les kystes hydatiques du bas-ventre peut être regardée comme grave. La ponction capillaire même, bien que généralement bénigne, a eu quelquefois les conséquences les plus redoutables. Tantôt il semble que par cette minime ouverture le liquide hydatique filtre dans le péritoine qu'il enflamme; avec l'aiguille à cataracte même, Néla.'.on a vu se développer une péritonite partielle. Goyrand, après avoir retiré tout au plus 15 grammes d'un énorme kyste de la rate, fut effrayé par l'invasion subite d'une péritonite générale qu'il eut grand'peine à conjurer. Moisseiiet, plus malheureux encore, a perdu en vingt-huit heures, d'une péritonite foudroyante, un homme auquel il venait d'extraire d'un kyste du foie 125 grammes de liquide. Quand le péritoine échappe, c'est quelquefois le kyste qui s'enflamme; Pidoux a vu cette inflammation emporter l'opéré en dix jours; et dans un autre cas de Gendrin, la mort survint en quelques heures.
La ponction capillaire servant à des injections est manifestement sujette aux mêmes périls, et bien plus fréquemment à l'inflammation du kyste. Quand la suppuration y est établie, l'indication urgente est d'ouvrir le kyste, après avoir déterminé toutefois des adhérences péritonéales. On a alors à traiter une cavité souvent énorme, suppurant par toute sa surface, pouvant donner lieu à une infection putride ou à une infection purulente, ou bien enfin à l'épuisement du malade par l'excès de la suppuration. Aces causes de mort, je dois en ajouter une beaucoup plus rare : quelquefois la bile s'écoule au dehors avec le pus; et bien que cet accident n'ait pas toujours des suites fâcheuses, un des opérés de Malgaigne est mort, épuisé autant par l'écoulement de la bile que par celui du pus, et j'ai perdu de la même façon le malade auquel j'avais fait l'extirpation partielle d'un kyste hydatide.
ARTICLE V