ÉTRANGLEMENT INTERNE
l'aide de trois pinces à torsion, et on la fixe à la peau par quatre points de suture entrecoupée, en renversant la muqueuse en dehors.
L'opération ainsi décrite n'offre pas de difficultés sérieuses ; mais chez les nouveau-nés, la présen^.e du rein gène singulièrement le chirurgien, surtout s'il n'est pas bien au courant des rapports anatomiques ; dans un cas, Amussal divisa le rein croyant ouvrir l'intestin ; dans un autre, il entama la capsule surrénale. Il faut donc se rappeler que le côlon est au côté externe du rein, et repousser celui-ci en dedans et en arrière pour aller chercher l'intestin en dehors.
Appréciation. — De prime abord, l'opération de Callisen offre sur l'autre cet immense avantage qu'elle n'ouvre pas le péritoine, et qu'elle place l'anus artificiel en arrière. Mais plusieurs chirurgiens, préférant au contraire placer l'anus en avant, et regardant la plaie du péritoine comme peu de chose, donnent la préférence à l'opération de Littre.
Pour ma part c'est à la méthode de Litire que j'ai recours dans les cas de rétrécissement cancéreux du rectum. D'autres de mes collègues, au contraire, donnent la préférence à celle de Callisen, et c'est celle-ci que pratiquent le plus souvent les chirurgiens anglais. Dans l'état actuel des choses, il me paraît difficile de se prononcer en s'appuyaiit sur des résultats comparatifs au point de vue de la nrortalité. Je ne connais d'autre statistique que celle de Gunther et elle est fort ancienne, antérieure aux progrès récents de la chirurgie opératoire. Gunther avait rassemblé 96 opérations; 60 dans lesquelles on pratiqua la méthode de Littre et 36 celle de Callisen. Les résultats sont à peu près les mêmes, la moitié environ des opérés sont morts. Si je donne la préférence à la méthode de Littre, c'est parce qu'elle place l'anus anormal en avant, ce qui me paraît un avantage, puisqu'elle permet plus facilement au malade les soins de propreté si nécessaires dans ces conditions.