V. — Des polypes du rectum
Ces polypes sont généralement mous, variqueux, spongieux ou fongueux; d'ordinaire arrondis ou piriformes, quelquefois en champignon, souvent formés en apparence par la réunion de plusieurs lobes; adhérant à la muqueuse par une large hase ou par un pédicule plus ou moins long et étroit. Leur volume varie depuis celui d'un pois jusqu'à celui d'un œuf de poule. Ils occupent en général la partie du rectum voisine de l'anus ; quelquefois ils s'en éloignent assez pour que le doigt ne puisse atteindre leur pédicule.
On peut attaquer ces polypes par tous les moyens mis en usage contre les autres : excision, ligature, écrasement linéaire, cautérisation, etc. Mais les procédés les plus usités sont l'excision et la ligature.
1° Excision. — On donne un lavement et l'on recommande au malade de faire des efforts pour l'expulser, afin de faire sortir en même temps le polype. Dès qu'il apparaît au dehors, on fait coucher le malade sur le côté, on saisit le polype avec des pinces, et on l'attire pour découvrir son pédicule, que l'on coupe avec des ciseaux. Si le pédicule ne pouvait être amené au dehors, on dilaterait l'anus avec un spéculum.
2° Ligature. — Le polype attiré au dehors comme pour l'excision, on place autour de son pédicule une ligature fortement serrée, et l'on excise au-dessous du lien, à une distance assez grande pour que celui-ci ne soit pas exposé à s'échapper. Après cette
PROCIDENCE DE LA MUQUEUSE RECTALE. 477
excision, le pédicule rentre avec la ligature; il se détache au bout d'un certain nombre de jours.
Dans un cas où un polype du volume d'un œuf avait sa racine à 16 centimètres au-dessus de l'aaus, Desault en pratiqua la ligature au moyen des instruments qui servent à lier les polypes de l'utérus, sans y joindre l'excision. Le malade guérit.
On pourrait avec avantage, dans les cas de polypes à pédicule peu large, employer la ligature élastique.