‹ Manuel de médecine opératoire (volume 2)Chapitre 182 sur 307 · VII. — Des liéniorrlioïdes · texte numérisé non relu

VII. — Des liéniorrlioïdes

Les tumeurs hémorrhoïdales se distinguent en internes et en externes, selon qu'elles sont développées au-dessus ou au-dessous de l'oriflce anal. Leur nature est encore un sujet de discussion; elles paraissent être dues dans l'origine au développement variqueux des veines hémorrhoïdales; mais à la longue soit que les varices dilatées s'ouvrent dans le tissu cellulaire, soit que les capillaires y prennent part, elles finissent par offrir quelque apparence de tissu érectile. Au tolal, ce qui importe au chirurgien, c'est qu'on ne saurait y porter Je couleau sans déterminer une hémorrhagie en nappe presque incoercible.

Quand elles se sont développées d'abord à l'intérieur, elles se font jour fréquemment à travers l'anus. Quelquefois alors l'inflammation les gonfle tellement, qu'elles subissent une sorte d'étranglement par la constriction du sphincter. On doit essayer de les réduire par les manœuvres du Iaxis; on a même eu l'idée de débrider l'anus pour faciliter la réduction. Mieux vaudrait assurément dilater l'anus comme on le fait pour la fissure; mais il suffit en général de calmer l'inflammation ; et pour prévenir la récidive, le plus sûr est d'enlever la tumeur.

On a employé à cet eff'et l'excision, la hgature, l'écrasement linéaire, le cautère actuel et les caustiques. Quel que soit le procédé qu'on préfère, une précaution essentielle est d'évacuer les intestins à l'aide d'un purgatif administré la veille.

1° Excision. Le malade couché sur le côté affecté, la fesse saine relevée par un aide pour laisser les tumeurs apparentes, on les saisit l'une après l'autre avec des pinces à érigne, et on les coupe près de leur base avec un bistouri ou avec de forts ciseaux courbés sur le plat.

Lorsque les hémorrhoïdes sont cachées à l'intérieur, on fait faire au malade des efforts d'expulsion comme pour aller à la selle; et lorsqu'elles sont sorties, on procède à l'opération comme à l'ordinaire.

Boyer commençait, si les tumeurs étaient distinctes et séparées, par passer dans chacune d'elles une aiguille courbe enfilée d'une anse de fil, ou par les accrocher avec des érignes ; mais si, comme cela a lieu ordinairement, elles formaient un gros bourrelet divisé en plusieurs portions séparées par des enfoncements

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