‹ Manuel de médecine opératoire (volume 2)Chapitre 204 sur 307 · III. — Parapbimosis · texte numérisé non relu

III. — Parapbimosis

Le paraphimosis est déterminé par la striction d'un prépuce trop étroit reporté en arrière de la couronne du gland, et déterminant une sorte d'étranglement; l'indication est de faire repasser le gland en arrière, à travers l'anneau du prépuce. On a pour cela quatre ressources : 1° le taxis; 2° la compression; 3° le débridemenl; 4° la destruction des adhérences.

1° Taxis. Procédé ordinaire. — Le malade couché sur le bord de son lit, le chirurgien saisit la verge au delà de l'étranglement avec les doigts indicateur et médius de l'une et de l'autre main à la fois, tandis qu'avec les deux pouces il appuie sur les côtés du gland. On agit sur le gland en le refoulant en arrière, en même temps qu'on ramène avec force le prépuce en avant, comme pour envelopper les pouces qui tendent à se loger dans sa cavité. Afin que les doigts ne glissent pas sur la peau, il est bon de les en séparer par un linge fin, qui adoucit en outre la pression et rend l'opération moins douloureuse.

Ce procédé est d'une médiocre valeur, et quelques chirurgiens l'ont rendu plus mauvais encore par le soin fort intempestif d'oindre le gland d'huile ou de blanc d'œuf, ce qui tend à le faire échapper à la pression. Le suivant est bien autrement efficace.

Procédé de Desruelles. — On commence par comprimer et masser entre les doigts le bourrelet infiltré, afin de disséminer la

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sérosité qu'il contient Pt de rendre au tissu cellulaire sa mobilité; on passe également Findicateur entre la couronne du gland et le prépuce pour détruire les adhérences commençantes, s'il en existe, et masser aussi le bourrelet de ce côté. Recouvrant alors la peau de la verge d'une fine com[)resse, ou l'empoigne à pleine main de la main gauche, de façon que le pouce et l'indicateur forment vers le prépuce un cercle qui tend à le repousser en avant; puis on saisit le gland entre le pouce et les autres doigts de la main droite, on le comprime, on le masse, on le pétrit avec force, de manière à le rendre petit, ridé et comme flétri, et on le repousse vigoureusement en arrière tandis que de l'autre main on attire le prépuce en sens opposé.

On a conseillé aussi, pour dégager le bourrelet infiltré, de pratiquer dessus trois ou quatre scarifications profondes parallèlement à l'axe de la verge, et d'exprimer la sérosité par ces ouvertures en le malaxant entre les doigts; après quoi on tente de nouveau le taxis. C'est une pauvre ressource, à laquelle le simple massage peut très bien suppléer.

2° Compression. Procédé de Bayer. — Quand le paraphimosis est rebelle, s'il n'est d'ailleurs accompagné d'aucun accident grave, Boyer conseille d'établir un bandage compressifsur le gland, le prépuce et la verge, avec une bande étroite dont les tours seront uniformément serrés, et en pressant avec les doigts les parties inlillrées chaque fois qu'on renouvelle le bandage. La verge doit être soigneusement maintenue relevée contre le basventre. La réduction, dit-on, s'opère ainsi peu à peu d'elle-même dans l'espace de quelques jours.

3° Débridement. — Lorsque l'étranglement persiste et s'accompagne de gonflement avec une forte inflammation du gland, la chirurgie ne connaissait naguère encore d'autre ressource que le débridement, qu'on exécutait comme il suit.

Le malade couché à l'ordinaire, le chirurgien saisit la verge avec la main gauche, les quatre derniers doigts en dessous et le pouce sur le gland, renverse en ariière le bourrelet préputial, et au-dessous de lui, près de la couronne, reconnaît une surface mince et tendue qui forme comme une corde circulaire sur le pénis. Prenant alors de la main droite un bistouri ordinaire, le tranchant tourné en haut et le dos vers le gland, il enfonce la pointe de l'instrument sous cette bride, et la divise par un mouvement de bascule, en baissant le manche du bistouri et en relevant la pointe puis il fait de la même manière deux, trois ou quatre incisions

pareilles en d'autres endroits, selon le degré de constriclion de la verge ; ce qui constitue une sorte de débridement multiple.

Ces incisions font cesser l'étranglement et tous ses symptômes, mais ne suffisent pas pour la réduction, et le sujet garde son paraphimosis avec toute sa difformité; bien plus, à raison des adhé-

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Paraphimosis. — Piédiiction, procédé de Le Fort.

rences nouvelles produites par les incisions, il y a un obstacle de plus à la réduction. Ce sont surtout les adhérences du bourrelet préputi il au corps caverneux qui rendent impossible le glissement du prépuce et par conséquent la réduction, et il est trèsremarquable qu'elles n'existent jamais qu'à la parlie supérieure. C'est ce qui a amené Malgaigne à imaginer le procédé suivant :

A° Destruction des adhérences. Procédé de Malgaigne. — Dès que la réduction paraît impossible, séance tenante on plonge à

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