‹ Manuel de médecine opératoire (volume 2)Chapitre 235 sur 307 · TAILLE POUR AFFECTIONS AUTRES QUE CALCULS URINAIRES · texte numérisé non relu

TAILLE POUR AFFECTIONS AUTRES QUE CALCULS URINAIRES

résultats ont été les suivants : deux opérés de Rowlingsont morts quarante-huit heures après l'opération ; un opéré de Belfield le quatrième jour et un autre de Thiele le douzième jour; chez deux de ces malades l'opération avait amené la cessation immédiate des douleurs. Dans les 31 autres cas il y eut 14 fois guérison, 7 fois amélioration très marquée, i fois amélioration notable, 4 fois soulagement seulement; au total 29 résultats bons et deux fois persistance des accidents.

En France : Ollier, Guyon, Vincent ont cru devoir substituer à la simple dilatation avec le doigt la dilatation forcée du col avec avec un dilatateur spécial; Vincent et Ollier obtinrent 2 guérisons; Guyon sur 6 cas eut 2 guérisons, une amélioration notable et 3 insuccès complets. Ces résultats sont peu encourageants.

2° Taille périnéale eihijpogastrique. L'application de la taille à la guérison de la cystite douloureuse a été faite pour la première fois par Parker de New-York en 1850. De 1850 à 1867 elle a été pratiquée seulement par Fergusson, Craith, Bickenteth, Eve; depuis celte époque elle a été souvent mise en usage par les chirurgiens anglais et américains. A peine pratiquée en Allemagne elle a été introduite dans la chirurgie française depuis 1880 par Verneuil et Duplay. Sur les 71 observations rassemblées par Hartmann, 66 se rapportent à des tailles périnéales, 5 à des tailles hypogastriques.

Parmi les observations de taille périnéale, je dois éliminer celle de Howe, car si nous savons que le malade est mort quelques mois après l'opération, nous ne savons si l'opération a calmé les douleurs. Les 65 opérations ont donné les résultats suivants : 27 guérisons, 12 améliorations notables, 5 amélioralions légères, au total 44 succès, environ 69 p. 100; 3 fois il n'y cul aucune amélioration, 4 fois s'il y eut d'abord soulagement il y eut bientôt réapparition des douleurs. Enfin 14 fois la mort a suivi d'assez près l'opération pour que celle-ci puisse en être regardée comme responsable. Cette mortalité de 21 p. 100 serait considérable s'il ne s'agissait que de cystalgies; mais le plus souvent l'opération a été faite pour des cystites chroniques, quelquefois de nature tuberculeuse, et l'on conçoit dans ces cas la fréquence relative d'un dénouement fatal.

Guyon, au lieu de la taille périnéale pratiquée par tous les chirurgiens, a pratiqué la taille hypogastrique.

Si on lit les observations un peu trop favorablement résumées dans le tableau statistique, on voit que sur ces 5 opérations, il y

eut une mort, 3 améliorations 2 fois suivies de récidive; une fois, un résultat nul.

En résumé, chezrhomme, et nous verrons tout à l'heure qu'il en est de même chez la femme, le traitement des cystites douloureuses consiste à supprimer pour quelque temps la fonction vésicale et la miction, en établissant une fistule. La dilatation forcée est au moins inutile, la boutonnière périnéale suffit pour obtenir ce résultat avec moins de danger que les diverses tailles périnéales. La première n'a donné qu'une mortalité de 11 p. 100, et une proportion minimum de succès de 71 p. 100; les secondes ont amené une mortalité de 21 p. 100, et unepropoition de succès de 69 p. 100. Quant à la taille hypogastrique, elle me paraît tout à fait contre-indiquée dans ces circonstances et les résultats sont d'ailleurs fort loin de plaider en sa faveur. La section pratiquée sur ou vers le col de la vessie peut avoir une influence heureuse sur la disparition de la névralgie; la taille sus-pubienne ne peut avoir ces avantages. L'urine s'écoule bien plus facilement par le périné que par la région hypogastrique. Je crois donc qu'ici comme dans bien des circonstances faire autrement n'est pas faire mieux.

B. Chez la femme. — ]° Dilatation forcée de Vurèthre. La dilatation forcée de l'urèthre a été remise en honneur en France par Simonin (de Nancy) en 1872, en Angleterre par Teale, en Allemagne par Simon. Elle est pratiquée sous le chloroforme avec des dilatateurs de formes diverses sur lesquels il est inutile d'insister. Cette dilatation est poussée par Teale jusqu'à ce que l'urèthre puisse admettre deux doigts. C'est une exagération qui peut amener des accidents. Nous ne pouvons ici nous appuyer sur desstatisliques; la dilatation de l'urèthre est une opération si simple, que peu dp chirurgiens publient leurs observations, surtout s'il y a eu insuccès. Je l'ai faite une fois avec un insuccès complet et il m'a paru inutile de publier cette observation sans importance. Si la proportion de succès et de revers ne peut être établie, nous pouvons dire cependant que l'on connaît au moins 26 cas de succès et 6 cas d'amélioration; mais l'on connaît aussi 8 cas d'insuccès complet, 3 cas d'aggravation et 3 cas de morts.

Gomme l'opération, faite avec ménagement, ne présente pas do sérieux danger dans la cystalgie, elle peut et doit même être tentée et ce n'est qu'en cas d'insuccès qu'on songera à l'établissement d'une fistule urinaire.

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2° Taille véaico-vaginalc ou kolpo-cystotomie. — I.a première opération fut faite par Bozeman en 1861 ; mais son observation ne fut publiée que trois ans après la publication des observations d'Emmet qui lit connaître en 1868 les premiers résultats que lui avait donnés celte nouvelle méthode thérapeutique. Emmet pratique l'opération de la manière suivante : la femme préalablement endormie est couchée sur le côté dans la position de l'opération de la fislnle vésico-vaginale et le spéculum de Sims repousse la fourchette et la paroi postérieure du vagin. Une sonde coudée brusquement à 6 centimètres de son extrémité est introduite dans la vessie et un aide la fait saillir sur la ligne médiane, un peu en arriére du col. On saisit les tissus assez tendus avec un ténaculum et on les incise avec des ciseaux jusqu'à ce que la sonde apparaisse. La sonde étant maintenue en place comme conducteur, on introduit une des branches des ciseaux dans la vessie et l'on agrandit en arrière l'ouverture qui doit avoir de 1 a 2 centimètres de longueur.

Harris, Hartmann, ont imaginé des cathéters spéciaux cannelés servant à guider soit le ténaculum soit le bistouri. La fistule ayant beaucoup de tendance à se refermer on a conseillé d'ourler la muqueuse vésicale à la muqueuse vaginale. C'est une complication souvent inutile et qui pourrait être nuisible si la vessie était déjà très irritée par une cystite chronique.

D'après Hartmann 28 opérations de kolpo-cystotomie auraient donné 14 guérisons, 10 améliorations. Deux fois il n'y eut aucun résultat favorable; enfin deux opérées, l'une d'Emmet, l'autre de Guyon moururent de l'opération.

La koipo-cystotomie est une opération qui ne doit être faite que lorsque les autres moyens ont échoué, en particulier la dilatation forcée. Lavaux a publié récemment un certain nombre de succès, dont quelques-uns remarquables obtenus par le lavage de la vessie, pratiqué sans le secours de la sonde, suivi de l'injection de 15 grammes d'une solution de cocaïne à 4 p. 100. Je n'ai essayé encore cette méthode que dans un seul cas; mais bien qu'on ait dénié à la vessie la faculté d'absorber j'ai eu des symptômes sérieux d'empoisonnement et j'ai dû diminuer beaucoup la dose de la cocaïne. Si je n'ai pas encore obtenu laguérison, j'ai déjà en peu de jours obtenu par ce moyen une amélioration notable. C'est un moyen à essayer.

ARTICLE V

LITHOTRITIE

La lithotrilie ne remonte g-uére qu'à soixante années, et on a déjà tellement multiplié les procédés, que l'histoire a peine à s'y reconnaître.

Dans les premiers temps, la lithotrilie s'est exécutée principalement avec la pince à trois branches, composée d'une canule droite extérieure ouverte à ses deux extrémités, renfermant d'abord une seconde canule divisée à son extrémité vésicale en trois branches pour saisir la pierre, puis une lige centrale terminée par un foret denté et mise enjeu par un archet qui fait

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