‹ Manuel de médecine opératoire (volume 2)Chapitre 248 sur 307 · L. Le Fort · texte numérisé non relu

L. Le Fort

niveau de la vulve, puis procédant par décollement avec les ongles de mes pouces pressant et tirant en sens inverse, m'aidant de temps en temps de la sonde cannelée, j'arrivai en une demi-heure à creuser un vagin et à arriver sur une poche sanguine constituée par l'extrémité supérieure du vagin. Je retirai plus d'un litre d'un magma noir formé par du sang altéré, et j'arrivai sur le col utérin qui était normal. Malheureusement j'avais été appelé trop tard à intervenir, et les accidents de péritonite, qui existaient déjà avant l'opération, entraînèrent la mort de la malade.

D. Électrolyse. — J'ai réussi, en me servant de l'électrolyse

pour faciliter le décollement. La malade avait déjà subi dix opérations faites par Labbé et Th. Anger, et le résultat n'avait été que la création d'un cul-de-sac de deux centimètres environ. 11 y avait un utérus placé très-haut, et des douleurs excessives à chaque époque menstruelle s'irradiant dans le ventre et le bassin, mais les règles étaient remplacées par des hémorrhagies se faisant par les conjonctives, la peau des jambes qui se fendillait spontanément ou par des hémoplysies. Je dus attendre pour intervenir la cessation d'accidents sérieux péritonéaux survenus après la dernière opération. Je mis à profit les propriétés électrolytiques des courants faibles et permanents quand le cuivre des rhéophores est en contact immédiat avec la peau. Je fis un cylindre de buis dont l'extrémité formée par un embout de cuivre était en rapport par une tige intérieure avec le fil conducteur du pôle négatif d'une pile de 5 ou 6 éléments Morin au sulfate de cuivre; une plaque métallique placée sur le ventre, mais avec interposition de compresses mouillées, établissait la communication. L'appareil n'était mis en place que la nuit. Au bout de peu de temps, la tige se creusa un canal de 7 à 8 centimètres de profondeur, atteignit le col, et à partir de ce moment la femme eut ses règles par la voie naturelle. Il fallait élargir le canal creusé; je fis un instrument analogue à une pince à ouvrir les gants et ■dont une branche se terminait par un ajutage de cuivre» La dilatation fut complétée par un dilatateur de bois très-ingénieusement fait par mon interne M. Bide, et qui ressemblait beaucoup au précédent. Le résultat était complet lorsque je présentai la malade à l'Académie ; mais il est évident qu'ici comme dans tous les <îas analogues il faut éviter le rétrécissement ultérieur du vagin nouvellement créé, et l'on ne peut y arriver que par l'emploi des dilatateurs naturels ou artificiels. Le vagin créé par l'électrolyse se rétrécira-t-il comme les autres ? je l'ignore, n'ayant pas revu la malade.

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