CATARACTE CRISTALLINE
Pellier sorte d'écarteur mousse, mais, le plus ordinairement, on se sert aujourd'hui d'instruments destinés à écarter mécaniquement et simultanément les deux paupières. Leur forme, leur disposition sont des plus variables; nous pouvons en distinguer sur-
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Ecai'teur sans ressoi'ts et à engrenage.
tout deux variétés : les uns ont leur ouverture en dehors et de telle sorte que le ressort se trouvant en dedans, l'opérateur qui agit presque toujours par la partie temporale de Toeil n'est pas gêné par la présence de l'instrument (fig. 418). Les autres ont la jonction de leurs branches et le ressort en dehors, mais les
FiG. 419.
Ecarteur des paupières pour l'angle interne. Les branches palpébrales sont à angle droit avec les branches du ressort.
branches sont recourbées de telle sorte qu'elles s'appliquent sur la tempe et laissent le passage libre aux instruments.
Quelles que soient leur forme et leur disposition, ces instruments, à côté de l'avantage immense de maintenir les paupières parfaitement écartées, ce qu'un aide ne fait ni aussi bien ni aussi
facilement, ont un inconvénient des plus graves, surtout quand il s'agit d'une opération de cataracte par extraction. Les deux branches de l'écarteur en pressant sur les culs-de-sac supérieur et inférieur de la conjonctive exercent sur l'œil une pression assez forte, et l'on peut sous cette influence après la déchirure de la capsule, et au moment où s'opère la sortie du cristallin voir survenir l'issue du corps vitré. Quoi qu'il en soit, malgré ce danger, qu'on peut éviter en grande partie en n'exagérant pas la divergence des branches de l'écarteur, l'ophthalmostat présente sur l'emploi des doigts de l'aide assez d'avantages pour qu'on en fasse à peu près constamment usage.
Faut-il anesthésier les malades qu'on doit opérer? La question prête fort à discussion. Sans parler des dangers de l'anesthésie
FiG. 420.
Ecarteur des paupières par l'angle externe.
qu'il faut rendre complète, on a parfois l'inconvénient de voir le malade se réveiller vers la fin de l'opération, alors que la capsule cristalline a été déchirée; se livrer à des contractons exagérées des muscles des paupières et de l'orbite et amener ainsi une issue des humeurs de l'œil; ou bien encore si le sommeil est incomplet remuer la tête de façon à ôter toute sécurité à l'opération. Au contraire, le malade non endormi peut garder l'immobilité que lui prescrit le chirurgien. Mais trop souvent tel malade quia protesté vivement de son courage, qui a promis la plus grande obéissance et la plus complète tranquillité, s'agite dès le début de l'opération, et, surtout au moment où il sent le cristallin sortir, il contracte ses muscles et chasse au dehors une portion plus ou moins grande de l'humeur vitrée. J'ai employé l'une et l'autre méthode; après avoir opéré sous le chloroforme, frappé par quelques-uns des inconvénients signalés plus haut, j'en avais abandonné l'emploi, mais l'expérience m'a montré que l'anesthésie était encore ce qu'il y avait de plus sûr dans l'opération de la cataracte, pourvu qu'on ait soin de la rendre complète.
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Employant le chloroforme, il est naturel que l'opération soit faite sur le malade couché, et même, dans les opérations telles qu'iridectomie, iridotomie, extractions de fausses membranes, toujours je place le malade dans le décubitus dorsal, c'est la meilleure manière d'obtenir la fixité aussi complète que possible de la tète.
L'emploi de la cocaïne permet de ne faire porter l'anesthésie que sur l'œil. C'est un moyen fort utile pour beaucoup d'opérations. Je l'ai employée pour la cataracte et je ne m'en suis pas trop félicité. L'insensibilité n'était qu'incomplète, une fois j'ai eu de l'inflammation et il ne m'est pas prouvé que la cocaïne par l'excitation qu'elle amène sur la plaie cornéenne n'en ait pas été la cause productrice. -^