OPÉRATIONS QUI SE PRATIQUENT SUR LES YEUX
Nous traiterons successivement, sous ce titre, des opérations qui se pratiquent sur l'appareil lacrymal, sur les paupières, sur
les muscles de l'œil; des opérations de la cataracte et de la pupille artificielle; et enfin de celles qui intéressent le globe oculaire entier.
La plupart ont ceci de commun que, quand on opère sur l'œil gauche, on se sert à merveille de la main droite; mais pour l'œil droit, si l'on voulait se placer en face du sujet, on serait obligé pour quelques opérations, en particulier pour la cataracte, de se servir de la main gauche. Le mieux est dans ce cas de se placer en arrière ou à côté du malade et d'agir toujours de la main droite.
ARTICLE PREMIER
OPÉRATIONS QUI SE PRATIQUENT SUR l'APPAREIL LACRYMAL
L — Extirpation de la glande lacrymale.
La glande lacrymale, située à la partie supérieure, antérieure et externe de l'orbite, se compose de deux parties fort distinctes : l'une supérieure, plus considérable, de la forme d'une amande, occupe la fossette lacrymale et est immédiatement recouverte par le périoste; l'autre, inférieure, aplatie, quadrilatère, déborde l'orbite, se prolonge en bas jusqu'au niveau de l'angle externe des paupières, en avant jusqu'au cul-de-sac supérieur de la conjonctive, à une distance de 5 à 6 millimètres du cartilage tarse, entre le muscle droit externe et le tendon du releveur de la paupière qui la recouvre en partie. Chez les sujets qui ont peu d'embonpoint, on peut sentir cette portion sous le doigt à la partie externe de la paupière supérieure; et pour la rendre plus saillante, il suffit de presser sur le côié interne de l'œil.
La glande lacrymale a été enlevée dans deux conditions très différentes : 1° à l'état sain, pour faire cesser un larmoiement incurable; 2« à l'état morbide, pour une hypertrophie simple ou pour d'autres altérations.
r A l'état sain. — Cette opération a été pratiquée pour la première fois par Paul Bernard, imité ensuite par Textor. Voici le procédé suivi par ce dernier :
11 fit une incision de i centimètres de longueur, oblique en bas et en dehors, et longeant la moitié externe du rebord orbitaire, entre le sourcil et la paupière supérieure. Ensuite il péuélra dans le tissu cellulaire compris entre le périoste de l'orbite et l'aponévrose oculaire, saisit la glande avec une pince-érigne et l'extirpa en grande partie. Mais, quand il voulut achever l'ablation, le malade refusa de s'y soumettre.