‹ Manuel de médecine opératoire (volume 2)Chapitre 72 sur 307 · RESTAURATION DU NEZ. J · texte numérisé non relu

RESTAURATION DU NEZ. J

lambeau qu'on laissait suppurer, pour lui donner plus de solidité, avant de le recoller à la face. Graefe est le seul parmi les modernes qui ait essayé cette méthode, mais en appliquant à la face le lambeau tout saignant, ce qu'il a décoré du nom ambitieux de méthode allemande. Je me bornerai à décrire ce procédé.

FiG. 473.

Rliinoplastie. — Méthode italienne.

Procédé de Grœfe . — On commence par faire porter au malade quelque temps, pendant la nuit, une camisole lacée, surmontée d'un capuchon qui embrasse solidement la tète, et auquel viennent s'attacher quatre ou six courroies fixées d'autre part à la manche du bras qui doit fournir le lambeau; de sorte que le sujet contracte autant que possible l'habilude de conserver le bras appliqué sur le nez. La position bien arrêtée, on taille avec un morceau de cuir un modèle du lambeau nécessaire pour la confection du nez. Graefe lui donnait toujours, à cause de la rétraction qui doit suivre, 16 centimètres de long

sur il da large. Ce modèle est appliqué sur le nez d'abord, puis sur le bras rap.jroché du nez, afin d'établir exactement les rapports qu'ils devront garder ensemble. Un taille le lambeau sur la face anlérieure et interne du bras, la pointe en haut; on le dissèque de haul en has, en sorte qu'il reste adhérent par la base; on rafraîchit immédiatement les bords cicatrisés de l'ouverture des narines, et l'on en rapproche le lambeau qu'on réunit par des points de suture entrecoupée. On place d'ailleurs dans les narines un tampon pour tenir le lambeau suffisamment soulevé, et le bras est fixé à la tête à laide du capuchon et des courroies. Dans une auloplastie par cette méthode que j'ai faite à Beaujon vers 1875, j'ai remplacé avec grand avantage les courroies par un appareil plâtré.

Quand la réunion est opérée, ce qui varie du quatrième au trentième jour, on sépare le lambeau à sa base, (;t le bras désormais reste libre. On découpe sur cette base, avec un bistouri étroit ou des ciseaux, les ailes du nez, les ouvertures des narines et la cloison ; on enlève le tampon placé dans les fosses nasales; on réunit par suture ce qui reste à réunir, et l'on maintient ouvertes les narines à l'aide de tuyaux de plume ou de bouts de sondes de gomme élastique.

2° Méthode indienne. Procédé ordinaire. — On fait avec du papier ou de la cire un modèle du lambeau nécessaire que l'on applique sur le front, la pointe en bas et réj)ondant à la racine du nez naturel; et l'on en trace les contours avec de l'encre. Il faut avoir soin de donner on tous sens au lairiheau un centimètre au moins de plus que la largeur nécessaire en apparence, afin d'obvier aux etïets de la rétraction.

Ces préliminaires accomplis, on avive les bords de l'ouverture du nez; puis on taille et l'on dissèque avec le bistouri le lambeau du front en le détachant partout, excepté près de la racine du nez (fig. 474, 4~5). On le renverse sur la face; et comme le côté saignant se trouverait ainsi extérieur, on fait exécuter au pédicule un mouvement de torsion qui ramène en dehors le côté épidermique. On l'applique alors exactement par ses bords sur les bord> rafraîchis de l'ouverture, et on les réunit dans tous les points par la suture, excepté dans le lieu où doivent exister les narines. On introduit par ces orifices de la charpie pour les maintenir ouverts, et pour soutenir en même temps le nez nouveau. Quand l'agglutination est bien solide, on enlève les points de suture; on passe sous le pédicule du lambeau une sonde cannelée sur laquelle on le divise; il en résulte un petit lambeau

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