Du tamponnement des fosses nasales
On n'y a recours que pour arrêter une hémorrhagie incoercible par tout autre moyen.
Procédé ordinaire. — On fabrique d'abord un bourdonnet de charpie assez gros pour fermer l'ouverture postérieure de la narine, et solidement lié par un doubie fil ciré, dont on laisse les deux extrémités suffisamment longues. Un autre fil simple, de même longueur, doit être également fixé au bourdonnet. Le reste de l'appareil consiste dans de la charpie brûle et une sonde de gomme élastique.
On fait pénétrer la sonde élastique dans la narine affectée, et l'on va chercher au fond du pharynx son extrémité qu'on ramène par la bouche. On fixe aux yeux de cette sonde le double fil attaché au bourdonnet, et en retirant la sonde, on attire ce bourdonnet jusqu'à l'ouverture postérieure de la narine, où on l'engage avec force. On écar'e alors les deux chefs de la ligature qui pendent parle nez ; on fait glisser entre eux autant de cbai pie qu'il en faut pour remplir exactement l'ouverture antérieure de la narine : les deux orifices ainsi bouchés opposent à l'hémonhagie une digue insurmontable. On fait avec les deux fils un double nœud fortement serré sur le bouchon de charpie antérieur; après quoi on coupe les bouts qui en restent. Le fil simple qui demeure pendant par la bouche est maintenu relevé sur la joue par une bandelette agglulinative, ou est attaché au bonnet du malade.
Après deux ou trois jours, quand on juge que riièmorrhagie est arrêtée, on coupe le nœud qui retient le bouchon antérieur, et l'on retire la charpie avec des pinces; il ne reste que le bourdonnet postérieur; on le chasse en arrière à l'aide d'une sonde, tandis qu'avec le fil buccal on l'empêche de tomber dans la gorge et l'on en fait l'extraction par la bouche.
Au lieu de la sonde de gomme élastique, quelques-uns emploient îa sonde de Bellocq, instrument qui encombre assez inutilement la trousse ordinaire (fig. 4.76). 11 faut noter que l'énorme courbure que lui donnent les couteliers rend son introduction assez douloureuse, quelquefois même impossible; pour suivre facilement le
plancher des fosses nasales, elle ne devrait avoir que la légère courbure de la sonde de femme.
Le bourdonnet postérieur est fort incommode au malade, soit pour l'introduction, soit pour l'extraction. Martin-Saint- Ange a évité ce double inconvénient à l'aide d'un instrument appelé rhinobyon, qui consiste en une canule d'argent munie d'un robinet à un bout et d'une petite vessie à l'autre. La vessie portée jusqu'à l'orifice postérieur des narines, on l'insuffle, puis on ferme le robinet et l'on bouche la narine antérieure avec un bourdonnet de charpie, que l'on rattache à la canule. On évite ainsi l'incommodité du bourdonnet postérieur, mais avec l'inconvénient d'un instrument spécial. Martin-Solon a remplacé très simplement la canule d'argent par une sonde de gomme élastique; la vessie du fond insufflée, on bouche l'orifice antérieur de la sonde avec un
FiG. 476.
SONDE DE BELLOCft.
A, bouton terminant le ressort. B, tige, se vissant au ressort, en C.
simple fossèt; et, pour la fixer en avant, on noue à 5 centimètres du bout pharyngien de la sonde une anse de fil, dont les deux bouts viennent se serrer sur le bourdonnet de charpie destiné à boucher l'ouverture de la narine.
Enfin, Miquel (de Tours) a indiqué un procédé plus simple encore : il s'agirait de porter jusqu'au fond de la narine un de ces bouts d'intestin préparés que l'on appelle condoms, et de l'insuffler d'air. On pourrait se servir de même de petites vessies de caoutchouc vulcanisé, comme on s'en sert déjà pour le tamponnement du vagin.