‹ Manuel de médecine opératoire (volume 2)Chapitre 88 sur 307 · CHÉLLOPLASTIE DE LA LÈVRE INFÉRIEURE · texte numérisé non relu

CHÉLLOPLASTIE DE LA LÈVRE INFÉRIEURE

On saisit par son bord supérieur le lambeau quadrangulaire H tracé par ces deux incisions, et on le détache de l'os de haut en bas, en lui conservant toute l'épaisseur possible et en lui évitant toutefois de racler de trop près le périoste. La dissection achevée, on coupe en travers et carrément tout ce qui est altéré. On relève aussitôt le reste du lambeau en même temps qu'on fait baisser la tête au malade, et. par ces deux actions simultanées, on amène le bord supérieur du lambeau H jusqu'au niveau des portions restantes de la lèvre, ou au niveau des commissures labiales, et Ton réunit les sutures aux bords externes des incisions (fig. 511).

Tous ces procédés qui empruntent la peau du menton et du cou ne donnent qu'une lèvre mince, difforme, immobile, dont la rétraction n'empêche même pas toujours la salive de s'écouler. Malgaigne a pensé qu'on aurait une lèvre plus épaisse, plus mobile, ressemblant autant que possible à la lèvre naturelle par le procédé suivant.

Procédé de Malgaigne. — Toutes les parties dégénérées doivent être enlevées d'abord, soit par une incision en V comme dans le

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Procédé de Malirniûrne combiné avec celui de Camille Bernard.

procédé ancien, soit par deux incisions verticales descendant jusqu'à la base de l'os maxilliaire, et réunies là par une incision tranversale (fig. 512).

Dans le premier cas, on aura une perte de substance triangulaire; il convient alors de prolonger les angles de la bouche de chaque côté par une incision transversale, et de disséquer de façon à obtenir deux lambeaux triangulaires. On en réunira les bords

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verticaux sur la ligne moyenne à l'aide de points de suture; quant au bord supérieur, tout ce qui dépassera l'étendue qu'on veut donner à la lèvre sera également recousu à l'autre bord de l'incision horizontale.

Dans le second cas, la perte de substance est quadrilatère. Aux deux incisions qui prolongent les commissures, 11 faut en ajouter deux autres parallèles qui longent la base de la mâchoire, On détachera ensuite par la dissection deux lambeaux latéraux quadrilataires qu'on réunira l'un et l'autre sur la ligne moyenne, et aux autres incisions partout où besoin sera (fig. 513).

Fi G. .513.

Procédé de Malgaigne.

Il résulte de ce procédé que les joues seules contribuent â former la lèvre, dont le bord libre est constitué parle bord saignant de l'incision horizontale. De cette manière, la lèvre nouvelle contient des fibres musculaires appartenant â l'orbicuiaire et à ses antagonistes : elle est recouverte en arrière par une muqueuse naturelle, et même on peut recouvrir son bord libre par la muqueuse, en se servant du procédé de Werneck (Voy. p. 190).

Bonnet (de Lyon), qui a appliqué ce procédé avec succès, croit qu'on peut se dispenser de recoudre la muqueuse, que les }>rogrès de la cicatrisation réuniront spontanément à la peau. Sédillot, non content de la muqueuse buccale, a eu l'idée de détacher de chaque côté un lambeau du bord libre de la lèvre supérieure, et de le replier sur la surface saignante du bord nouveau de la lèvre inférieure.

Procédé de Dieffenbach. — Le cancer est cerné par une incision en V. Une incision plus externe et parallèle aboutissant à la joue et réunie à l'une des branches du V par l'élargissement ho-

CHÉILOPLASriE DE LA LÈVRE lîSFÉRIEURE.

rizontal de la commissure constitue un lambeau quadrilatère dont la base adhérente est au menton. Un lambeau semblable est (aiMé

l^'iG. 514.

Procédé de Dieflenbach.

de l'autre côté, puis on les incline l'un vers l'autre en les réunissait sur la ligne médiane (fig. 514).

Bruns, en taillant les lambeaux aux dépens de la joue, me paraît avoir eu une idée peu heureuse, car la difformité qui résulte de

Fig. 515.

Procédé de Bruns.

cet emprunt doit être considérable et surtout fort apparente (fig. 515).

Procédé^de Camille Bernard. — Les incisions horizontales pratiquées comme je l'ai indiqué, on juge, en rapprochant les

lambeaux, de l'excès de longueur qui en résulterait pour la lèvre supérieure. En conséquence, à l'aide de forts ciseaux, en enlève de chaque côté de cette lèvre, juste en dehors delà commissure, un lambeau en V renversé (a) de largeur convenable, et les

Fi G. 516.

Procédé de Camille Bernard.

plaies qui en résultent sont réunies comme les autres par suture (fig. 516).

Ce procédé peut même être appliqué simultanément aux deux lèvres, d'une part pour faciliter le rapprochement des lambeaux

Fig. 517.

Procède' de Ledran et de Mackensie.

qui doivent former la nouvelle lèvre, de l'autre pour éviter l'excès de longueur de la lèvre laissée intacte.

Lenoir voulait que ces incisions en V fussent faites avant l'incision horizontale sur laquelle elles doivent tomber; outre une plus grande difficulté peut-être, on n'aurait pas ainsi la possibilité d'apprécier exactement la largeur qu'il convient de leur donner.

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