CHÉILOPLASTIE DE LA LÈVRE INFÉRIEURE
C'est à tort que ce procédé est décrit comme imaginé par Rurow.
Procédé de Syme. — Le cancer étant enlevé par 'une incision en V, dont les deux branches (A, B) remontent aux com-
l'iG. 518.
Procédé de Svnie.
missures des lèvres, on prolonge ces branches en bas C, D, de manière à figurer un X; puis de l'extrémité de chaque branche inférieure de l'X, on fait partir une nouvelle incision E, E, qui
FiG. 519.
Procédé de Teale.
se dirigera en dehors, soit parallèlement à la branche supérieure, soit en se rapprochant un peu plus de la ligne horizontale. On aura ainsi deux lambeaux obliques en bas et en dedans, que l'on disséquera et que l'on ramènera l'un vers l'autre, de
manière à réunir par suture les deux bords libres sur la ligue médiane. La partie inférieure de la suture répondra au sommet des parties molles conservées sur le menton entre les branches inférieures de l'X, et la cicatrice trouvera là un point assuré qui l'empêchera d'être trop attirée en bas (fig. 518).
Le procédé de Teale (fig. 519), analogue à celui de Syme, assure peut-être mieux la fixité des lambeaux constituant la lèvre nouvelle, mais la partie qui formera le bord libre manque de largeur suffisante et expose à voir l'excès de tension amener la section des chairs par les points de suture. Le procédé de Sédillot évite mieux cet inconvénient.
Procédé do Sédillot. — Le cancer enlevé par une incision parallèle au bord libre de la lèvre et aboutissant à deux incisions
Fig. 520.
Procédé de Sédillot.
verticales descendant des commissures, on prolonge ces deux incisions par en bas, aussi loin qu'on le juge nécessaire; on en ajoute de chaque côté une autre parallèle, circonscrivant deux lambeaux verticaux qui seront détachés par en bas, et par une inclinaison d'un quart de cercle reviendront horizontalement s'affronier sur la ligne médiane, oii on les réunira par suture, entre eux d'abord, puis à la plaie transversale du menton (fig. 520).
Dans les cas où le cancer atteint la commissure ou recouvre tout le menton, les lambeaux doivent être forcément empruntés sur le cou, et les procédés deviennent moins réguliers, car ils varient presque à chaque malade.
CHÉILOPLASTIE DE U LÈVRE SUPÉPJEURE. 215
^ n. — Cliéiloplastic de la lèvre supérieure.
Le cancer est infiniment moins fréquent à cette lèvre qu'à l'autre ; de là la rareté des opérations à pratiquer sur ce point,
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FiG.
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de Bruns.
FiG. 521.
Premier procédé de Malgaigrie.
et la lacune qu'on trouTait à cet égard dans tous les livres de médecine opératoire. Ledran, ayant à enlever une lèvre supérieure cancéreuse, ne trouve d'autre moyen de masquer la dif-
FiG. 523.
Deuxième procédé de Malgaigne pratiqué par Sédillot.
formité qu'eu faisant remonter la lèvre inférieure jusqu'audessous de la base du nez.
il6 OPÉRATIONS SPÉCIALES.
Dès 1834, dans la première édition de ce livre, Malgaigne avait signalé comme bien préférable son procédé à tiroir, également conseillé pour la lèvre inférieure; ce procédé a été appliqué depuis lors par nombre de chirurgiens. Il a été insuffisamment décrit dans l'article précédent.
Lorsque toutefois le cancer s'étend si loin qu'on ne pourrait ramener les lambeaux latéraux jusqu'au centre, dés 1853, Malgaigne a proposé de les tailler verticalement, en les laissant adhérer par en haut et de les ramener sur les os maxillaires par
Fi G. 524.
Chéiloplastie de la lèvre supérieure.
une rotation égale seulement à un quart de cercle. C'est ce procédé que Sédillot a mis en usage.
Le procédé de Malgaigne présente à la lèvre supérieure des difficultés qu'on ne rencontre pas à Ja lèvre inférieure. Si le cancer remonte un peu haut, l'incision en V n'est plus appliquable ; et si la perte de substance est quadrilatère, la fixité de la sous-cloison et des ailes rend difficile, sinon impossible, le glissement des lambeaux latéraux. Bruns pratique sous les narines une seconde incision parallèle à celle qui intéresse les commissures, mais on amène ainsi un tiraillement des joues, en même temps qu'on sillonne la face d'une cicatrice transversale. Je préfère dans ce cas mener à la base de la lèvre une incision qui contourne les ailes du nez (fig. 524), et qui donne aux lambeaux une mobilité suffisante.