‹ Manuel de médecine opératoire (volume 3)Chapitre 14 sur 232 · ÉCRASEMENT LINÉAIRE · texte numérisé non relu

ÉCRASEMENT LINÉAIRE

leur. Lorsque la section est trop rapide, il se fait des hémorrhagies qu'on ne peut arrêter que par la ligature ; quand elle est lente, il a'y a d'hémorrliagie ni primitive, ni consécutive.

Le modo d'action de î'écraseur de Chassaiguac ressemble quelque peu à celui de la scie^ car à chaque mouvement des poi-

Fic. 31. FiG. 32.

fcraseur de Miiisonneiive Écraseiir à double chaîne

petit et grand modèle. do Verneuil.

gnées G, G, la chaîne d'abord tirée à gauche est ensuite tirée à droite et mâche les tissus. Au contraire, lorsqu'on emploie un serrenœud plus ou moins volumineux, c'est-à-dire lorsqu'on diminue peu à p^u le diamètre de l'anse par l'action d'une simple vis, cette màchure des tissus ne peut avoir lieu; ils sont simplement 'serrés jusqu'il section complète. Cette différence dans le mode d'action

MAUGAIGNE. — MÉD. OPÉR. — 8« édit. 3

OPÉRATIONS ÉLÉMENTAIRES

explique comment les hémorrhagies sonl beaucoup moins run avec l'écraseur qu'avec les serre-nœuds de de Grœfe modifiés, le qu'on les emploie quelquefois pour pratiquer l'écrasement.

L'écraseur de Maisonneuve (fig. 31) qui n'est qu'un sern nœud plus fort que le serre-nœud ordinaire, n'agit que par prei sion et n'a point le double mouvement de l'écraseur de Cliasst gnac.

Lorsque la tumeur est très-volumineuse, on la traverse sa base au moyen d'un trocart, et l'on introduit par le trajet 11 chaînes de deux ou trois écraseurs qu'on fait agir simultanémenc on diminue ainsi la durée de l'opération, et l'on évite le danger i voir une seule chaîne se briser devant une résistance trop éne; gique. C'est dans le but de pouvoir sectionner simultanément 11 deux moitiés d'une tumeur que Verneuii a imaginé un écraseur; double chaîne (fig. 32).

La manœuvre de l'écraseur est longue, car il faut agirlentemem En général, lorsqu'on n'a pas d'hémorrhagie à craindre, on peserrer de manière à n'employer qu'une demi-minute et même moiii pour faire rentrer dans la gaîne chaque maillon de la chaîne ; autre ment, une minute pour chaque maillon est le plus long espace i temps qu'on puisse exiger pour être en rnesure contre toute éventua lité d'hémorrhagie.

La douleur est très-vive au premier moment de la constrictiom mais elle s'atténue très-vite, à mesure que l'étranglement s'a« croît. Sans admettre, avec son inventeur, que l'écraseur mette> l'abri de l'érysipèle, du phlegmon diffus^ de l'infection purulente on peut regarder comme certain que cet instrument méthodiqua ment appliqué obtient la séparation des tissus sans hémorriiagie, s: moins quand il n'y a que des artères d'un médiocre calibre, et qti les plaies qu'il laisse après lui guérissent au moins aussi bien qui si elles avaient été faites avec un instrument tranchant;

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