‹ Manuel de médecine opératoire (volume 3)Chapitre 15 sur 232 · DÉCHIRURE ET BROIEMENT · texte numérisé non relu

DÉCHIRURE ET BROIEMENT

1° Avec le doigt. — Quand un lambeau cutané repose sur un tissu ellulaire lâche et extensible, on abrège beaucoup la dissection en înanl le lambeau d'une part, écartant les tissus de l'autre, et dél'uisant avec l'indicateur, par un mouvement de va-et-vient, les irides qui les unissent.

Le môme procédé convient parfaitement pour isoler des tumeurs nvironnées de tissu cellulaire, les lipomes par exemple.

On s'en sert pareillement pour écarter les muscles mis à nu par incision de leurs aponévroses, notamment loi'squ'on pratique la liature d'une artère dans sa continuité.

Enfin lorsque, dans l'ouverture d'un abcès profond, le bistouri a ivisé les premières couches, et ne pourrait aller plus loin sans anger pour les nerfs et les vaisseaux, le doigt porté directement au )nd de la plaie plonge à travers les tissus, et par un mouvement de rille pénètre jusqu'à la collection purulente.

1'' Avec la sonde ccmiielée. — La sonde cannelée s'emploie ici de eux manières : ou bien en l'enfonçant horizontalement sous les Duchés du tissu cellulaire, qu'on achève de diviser avec le bistouri ; Il bien en portant directement sa pointe sur les tissus qu'on divise ar un mouvement de va-et-vient.

3° Avec la pince à disséquer. — On saisit entre les mors de la nce la couche de tissus à séparer, et on l'écarté violemment de jrgane que l'on veut isoler. Ce procédé est usité surtout pour déiger le bout d'une artère béante à la surface d'une plaie.

Avec lu spatule ou le manche d'un scalpel. — On a recours à ;s instruments de préférence aux doigts quand le tissu cellulaire est IV et a besoin d'une certaine force pour se rompre. J'ai appliqué iirticulièrement ce procédé à l'isolement de la tunique vaginale nrcie et hypertrophiée.

5° Par traction directe sur la tumeur. — Tantôt on saisit la tueur avec les doigts, tantôt avec des pinces-érignes, et l'on fait Tort pour l'arracher. Quelquefois cet effort ne suffit pas, et il faiit ajouter Une action directe sur le tissu conjonctif à l'aide d'un des l'océdés précédents.

Quand il s'agit d'un kyste déjà ouvert, on pince la paroi du kyste ircctemenl avec les doigts, ou, pour ne pas la laisser échapper, ir l'intcrniédiaire d'une compressa;; ce procédé est particuliè- 3menl usité pour les kystes sébacés du cuir chevelu.

La déchirure limiice au tissu cellulaire offre souvent de grands

OPÉKATIONS ÉLÉMENTAIRES.

avantages sur les autres procédés de division, en ce qu'elle méua|i mieux les nerfs et les vaisseaux; elle n'offre d'ailleurs aucun iucot vénient, la réunion par première inlention pouvant s'opérer corari après les sections les plus nettes. On peut aussi l'appliquer sans j ril à l'éraillement des tissus fibreux : ainsi Leblanc usait d'un dili tateur spécial pour détruire l'étranglement des hernies; et, pouri hernie crurale, je préfère de beaucoup l'éraillement dufascia ci' briforme au débridement parle bistouri. Enfin Récamier s'est se:sans danger des doigts et même du poing pour dilater de vive forr c'est- à-dire pour déchirer le sphincter dans les fissures à l'anus..

Mais il n'est pas aussi sûr de pratiquer la dilatation forcée,, d'autres termes, la déchirure, sur des tissus différents. La taille-: grand appareil avait des dilatateurs spéciaux qui déchiraient la pi State et l'urèthre ; on produit aussi des déchirures dans la taille laa raie, lorsqu'on veut extraire un calcul trop gros par une iucis: disproportionnée. A. Paré, écho des opérateurs de son temps: bien allégué qu'en pareil cas la réunion se fait mieux et plus i que sur les parties coupées ; mais aucun chirurgien ne voudâ soutenir aujourd'hui une assertion aussi hasardeuse. Mariaa Sanctus déchirait aussi les rétrécissements de l'urèthre avec terlinum, renouvelé de nos jours par Perrève; la sonde conid de Boyer,le cathétérisme forcé de Mayor arrivent le plus souvi aux mêmes résultats. Mais ici quelques succès éclatants ont été tl chèrement payés par des accidents déplorables, et je connais d1 cas de mort presque subite par la dilatation forcée de l'urètl ' une fois par les sondes de Mayor, et l'autre fois avec le dilatir de Perrève.

IL — Du broiement.

Le broiement a été appliqué aux parties molles dans deux constances principales. Quelquefois il s'agit de détruire une tun dont les débris devront être entraînés au dehors : c'est ainsi l'on a broyé certains polypes mous entre les mors des pinces ; ( j encore ainsi que j'ai écrasé sous la pression d'un cachet des i | glions indurés, qui sortaient en bouillie par des ouvertures fi ■ leuses préexistantes. Mais le. broiement tend surtout à s'él j au rang de méthode opératoire quand il agit sur des tissus ou tumeurs sans communication avec l'extérieur, et dont les di sont abandonnés à l'absorption. 11 y a alors trois principaux i cédés :

V La pression. — Elle s'exerce, selon le degré de résista

ivec le pouce ou avec un cachet. Elle a été ainsi appliquée, d'abord lux kystes synoviaux, et par moi-même aux ganglions indurés.

2" La percussion. — On s'est servi d'un marteau pour rompre es kystes synoviaux; il faut pour cela qu'ils reposent sur un plan }sseux, comme au pied ou à la main.

3° Les hachures. — On broie avec l'aiguille à cataracte le cris- Lallin trop mou pour être abaissé ; on a aussi employé la même liguille pour broyer le tissu des tumeurs érectiles ; enfin Bonnet [de Lyon) s'est servi d'un ténotome pour le broiement des lipomes.

Je reviendrai ailleurs sur ces divers procédés, qui n'ont pas donné jusqu'ici des résultats bien éclatants. A peine est-il besoin de rappeler que le broiement s'exécute sur des calculs vésicaux, par pression ou par percussion, dans la lithotritie ; sur la tête du Fœtus, à l'aide du céphalotribe : mais là on agit sur tout autre chose que des parties molles, et ce sont des cas spéciaux en dehors des méthodes générales.

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