V. — Amputation de la cuisse
Anatomie. — Le fémur est recouvert de tous côtés par des muiii des épais dont la masse va en décroissant de haiit en bas, de manièi. à donner à la cuisse une forme conique. Ces muscles forment det couches qui sont fort irrégulièrement réparties. Ainsi la coud ' superlicielle, comprenant le droit antérieur, le couturier, le gr interne, le demi-tendineux, le demi-membraneux et la longue porli du biceps, occupe principalement la face postérieure, un peu li faces antérieure et interne; la couche profonde, ou pour mieux du
AMPUTATION DE LA CUISSE
(llirrente, occupe surtout les faces externe, antérieure et interne, .es muscles superficiels, non adhérents, se rétractent naturellement \u< que les autres; aussi la rétraction est plus prononcée àla par-
' postérieure du membre, presque absolument dégarnie de musli - profonds, puis au côté interne. Ceci explique pourquoi, après
iiiputalion circulaire bien faite, la cicatrice est attirée à peu près I iiviamment en arrière et en dedans.
On ampute généralement la cuisse à une distance suffisante du I iiou et de la jambe pour que la scie attaque l'os dans sa diaphyse; ai proposé aussi de l'amputer dans l'épaisseur de ses condyles, (H ration qui sera décrite à part. Quant aux amputations ordinaires, I l s se font par la méthode circulaire, la méthode à deuxlambeaux flt la méthode à lambeau unique ; mais comme la cuisse a servi en linéique façon de type pour la description de ces méthodes, nous
nu'ons qu'à en rappeler les principaux traits, renvoyant pour le
-le à la description générale (voy. p. Uli et suiv.).
1 " Méthode circulaire.' — Le malade couché sur un lit ou suruneilile, la cuisse libre jusqu'à sa l'acine, suffisamment écartée de
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AmpiitotiS^ de la cuisse. — Méthode circtilaire.
l'Ire et un peu fléchie sur le bassin, le chirurgien, placé en de- , incise circulaircment la peau aussi bas qu'il est possible, la retirer par un aide en divisant les brides celluleuses qui la rc-
OPÉRATIONS GÉNÉRALES
tiennent ; fait une première section circulaire aux muscles ; puis, aui point où les fibres superficielles se sont rétractées, une deuxième section allant jusqu'à l'os ; détache encore les fibres adhérentes à une hauteur convenable, applique la compresse fendue, et lerminei en sciant l'os.
Il y a plusieurs points à noter ici, et d'abord la position du chi rurgien. Quelques-uns veulent qu'il soit toujours placé de manièri' à avoir la main gauche près du moignon, et comme il serait fou incommode de se mettre entre les deux cuisses pour opérer sur li côté gauche, quelques chirurgiens anglais avaient imaginé de
FiG. 266.
IIOICKON DE I.A CUISSE.
D. Coupe Ju uluscio couturier. — E. Coupe du nuiscle droit autériiMU' de la i'ui>so. — E. Coupe du iiuisclc vaste interne. — G. Coupe du umscle vaste cxleviie. — H. Coiipi' du muscle biceps i'émoral (lonsuo purtion). — I. Coupe dn muscle d.-mi-mcmbrjMieux. — .T. Coupe dn mnside ilcnii-lendineux. — K. Coupe dn nmscle droit interne. — L. Coupe des muscles nddnclenrs de la cuisse. — M. Coupe du muscle pclit addnctcui
do la cuisse. — N. Coupe du fémur 1. Conpc do l'arlcre lèniorab-. — i. — Coup!
do l'arlèro fcmurale profoiidi-. — 2. Coupe do l'artère iscliiat iipie. — i. t:onpc de 11 veine fémorale. — 5. Coupe île lu veine suphéno interne. — G. Coupe des artères e dos veine8 musculaires superlici' lies. — 7. Coupe du nerf sciatitine.
placer alors à la droite du malade, de manière à opérer par-dessus
AMPUTATION DE ÈA CUISSE. 533
,1 cuisse saine. La position en dehors du membre gauche est assui inent préférable.
l'our la section de la peau, comme l'adduction et la demi-flexion lu membre tendent un peu plus les téguments internes et postéi' urs, j'avais eu l'idée de les couper plus bas que ceux de la partie ■xterne et antérieure, et j'en faisais autant pour les muscles. Mais I la pratique je n'ai pas trouvé que ce procédé etît un avantage posiif sur l'incision circulaire, et le choix est à peu près indiderent.
l'our ce qui concerne la section de l'os, Assalini le taillait en vaut, de façon à abattre l'angle antérieur; Gensoul le sciait dans une Il cction oblique en bas et en arriére. J'applique ce procédé de prénce, en prenant garde seulement de ne pas laisserun angle trop i en arrière. 11 faut se rappeler aussi que le fémur olTre à sa partie i'-lérieureune crête qui, faisant suite à un cyUndre assez régulier, le facilement sous la scie et demande quelque ménagement, iielquefois, après la séparation complète du membre^ le grand ! sciatique fait saillie en arrière, au delà des muscles réiraclés. iid cette saillie est telle qu'elle pourrait rendre les pansements jureux, il faut en faire inunédialement la résection. 1 trouve à lier : 1° V artère fémorale, placée en dedans sous h 'irier, et avec laquelle il faut se garder de comprendre le nerf a''ne situé à son côté externe et antérieur; 2° les musculaires i fidelleelprofojide, les perforantes, etc., dont le nombre et la lion varient selon la hauteur à laquelle on ampute, et qui se lent par le jet du sang.
lant à. la manière de réunir les bords de la plaie, les uns font ■union transversale, les autres directement d'avant en arrière; iiconvénients sont égaux des deux parts. Peut-être la réunion iue mériterait-elle la préférence.
Méthode à deux lambeaux. — Ravaton et Vermale n'ont guère m leurs procédés que comme applicables à l'amputation de la ii^-ie; je renverrai donc à la description générale,
i ' Méthode à lambeau unique. — Je la pratique de préférence, en ' illmt par transfixion un lambeau arrondi sur la partie antérieure I ' niembre, et en divisant les téguments et les muscles postérieurs
-dessous de la l)ase du lambeau, à une distance qui ne doit pas '1er un travers de doigt.
y a ici une précaution assez importante à l'égard de l'artèru ' "falc. Lorsqu'on ampute au tiers intérieur, le lambeau peut "M'i ondre toute la demi-circonférence antérieure du membre, en •ant l'artère en arrière; à la pai tic moyenne, il faut dévier le "l'eau quoique peu en dehors, pour ne couper l'artère qu'avec les
OPÉRATIONS GÉNÉRALES
chairs postérieures, cl surtout il faut prendre garde de blesso: le vaisseau avec la pointe du couteau. A la partie supérieure, l'artère se rapproche trop de l'axe du membre pour la laisser en dehors du lambeau, et celui- ci doit redevenir !out à fait antéi'ieur.
Teale s'attache plus rigoureusement à son principe de ne jamai comprendre l'artère dans le lambeau, et à la partie supérieure d la cuisse il fait son incision latérale interne, le plus prés po sible des vaisseaux, en laissant toutefois ceux-ci en dedans, h lambeau devient alors presque tout à fait externe, ce qui est un désavantage sans aucune sérieuse compensation. .
Fjc. 267.