X. — Désarticulation du coude
■ Anatomie. — Les deux saillies formées par î'épicondyle et Tépitrochlée, faciles à sentir sous la peau, se trouvent à p(!u prés suite même plan horizontal, l'axe de l'iiumérus formant la perpendiculaire ; mais l'inlerligne articulaire n'a pas la même direction à beaucoup près. Siir un adulte bien constitué, je trouve que le bord interne de la poulie humérale est à 18 millimétrés au-dessous du point le plus inférieur de l'épilrochlée ; tandis que le bord externe de la jointure radio-humérale n'est éloigné que de 7 millimètres du point le plus inférieur de l'épicondyle. Il résulte de là que l'interligne articulaire est fortement oblique de dehors en dedans et de haut en bas, et qu'il se trouve beaucoup au-dessous des tubérosités humérales. Si donc, en taillant le lambeau antérieur, ou fait remonter sa base jusqu'au niveau de ces deux tubérosités, presque toujours • il sera trop court pour recouvrir l'os, qui fera une forte saillie, sur- ■ tout en dedans et en bas : c'est ce qui est arrivé -plusieurs fois à i Dupuytren, qui enfonçait tranversalement le couteau au côté interne ■ et antérieur de l'épitrochlée pour aller sortir sur le bord antérieur de • l'épicondyle. Du reste, le côté externe de l'interligne arliculaire est l plus facile à reconnaître encore par la proéminence de la lêle radiale, laissant entre elle et le condyle huméral un léger angle ren-tranl sensible à l'extérieur.
Cette articulation du radius avec l'humérus est à très-peu près> transversale et sans aspérités; celle du cubitus, au contraire, fortt inégale, et descendant obliquement en dedans, comme il a été dit. offrant en avant la saillie anguleuse du bec coronoïdien, en dedans une autre saillie osseuse appartenant également au cul)ilus, en arrière l'apophyse olécràne. D'où il résulte qu'on peut entrer à pleine lame dans l'articulation parle côté externe, tandis que par l'autre cela est complètement impossible.
[Malgaigne tire d'un fait anatomique vrai, des déductions qui, si elles restent vraies pour l'opération faite sur le cadavre, ne le sont plus quand on opère sur le vivant. Au côlé interne, les muscles qui s'insèrent à l'épitrochlée, ne formant qu'une masse commune et se trouvant coupés près de leur point d'insertion à l'Iiumérus, se rétractent peu ; le long supinateur, au contraire, isolé cl s'insérant beaucoup plus haut sur le bord externe de l'humérus, se rétracte davantage, de telle sorte que si l'on faisait, comme le veut Malgaigne, la ponction et la contre-ponction, plus haut en dehors qu'en dedans, on serait exposé à voir l'épicondyle laissé 5 découvert