AMPUTATION DU COUDE
Kcps à l'aponévrose, et il veut qu'on divise cette insertion avec desis. aux après la désarticulation. C'est une idée de théorie pure, ce gratuitement, et que l'on peut repousser de même.
Appréciation. — Cette amputation, pratiquée par A. Paré, est îstée après lui dans l'oubli jusqu'au xix^ siècle, où Dupuytren l'a ;mise en vigueur; et malgré ce puissant patronage, Boyer et son :ole l'avaient frappée d'une telle réprobation qu'un espace de cinq, onées, dans tous les hôpitaux de Paris, ne m'en a pas offert un îul exemple. Elle l'emporte cependant de beaucoup sur l'ampuition du bras, et d'abord par son moindre danger. Dupuytren, it-on, l'avait pratiquée dix à douze fois, avec un plein succès ; je ne 16 fie point à des souvenirs aussi vagues. Mais Soupart cite deux uérisons obtenues par'l'incision elliptique; moi-même, je n'ai fait îtte désarliculation que deux fois à l'hôpital, et j'ai réussi deux fois ;. )bert a eu deux succès semblables ; et, au total, sur cinq opéitions pratii|uées dans les hôpitaux de Paris, à ma connaissance, ostérieurement à Dupuyiren, il n'y a eu qu'une mort.
Mais ces premières données semblaient singulièrementdémenties ar les résultats obtenus en Crimée; et la question est assez grave our nous arrêter un instant. Larrey, à l'Aeadémie , annonçait, après Chenu, que la désarticulation du coude avait emporté 2 opérés sur 6^ ; c'est d'abord une erreur de chiffre à rectifier; henu a compté en réalité 52 morts sur 72 opérés. Cela toutefois g conciliait difficilement avec la statistique particulière de M. Sal- Ton, qui, à l'hôpital de Dolma-Bagtché, ayant traité ou pratiqué li-même vingt désarticulations du coude, n'avait noté que quatre lorts. Désireux d'arriver à la vérité, j'en ai référé à M. Salleron, ni non-seulement a maintenu ses premiers chiffres, mais y a outé six nouvelles amputations postérieures à sa statistique, et ji lui avaient donné cinq guérisons. Il m'a remis la liste exacte de !S opérés; Chenu a bien voulu vérifier avec moi. Un des guéris iait un soldat russe renvoyé dans son pays ; sur les 25 autres, lenuen a en effet retrouvé 20 vivants ; seulement, 2 étaient portésmputés du bras; 2 autres, amputés du bras au tiers inférieur et 1 quart supérieur. Ces quatre derniers avaient-ils subi des ampuitions nouvelles? En les écartant toutefois, ainsi que le prisonnier isse, sur les 72 opérations notées par Chenu, 21 revenant sans )nteslation à Salleron avec 16 guérisons, il en résulterait qu'il n'y jrait eu que U guérisons sur les 51 autres; ce qui est inadmisble. L'erreur provenait probablement des désignations adminis-
alives, qi)i avaient porté comme amputé du bras de véritables Tiputalions du coude ; mais je n'ai pas voulu m'en tenir à des pro-
OPÉRATIONS GÉNÉRALES
biibilités. Sallevon, à ma prière, s'est mis à la recherche de ces quatre opérés; tous ont été retrouvés, et j'en ai visité un moi- ^ même ; tous ont subi l'amputation du coude, et aucune autre ; en sorte que ce sont [\ guérisons à retrancher à l'amputation du b'ra^. ce qui remet en doute, comme je l'ai dit, l'exactitude de la mortalité proportionnelle assignée cà cette dernière opération par la sla-,- (istique de Chenu. Tandis donc que celle-ci obtenait moins de. Zi78 guérisons sur lIlZi, l'amputation du coude a donné à Salleron,;toutes vérilications faites, sur 26 opérés :
Morts 5
Guérisons 21
[La faveur dont fut accueillie d'abord la statistique de Chenu a été | peu à peu remplacée par une légitime métiance, justifiée par ];i ' façon dont les éléments en ont été rassemblés et collalionnés. Llrésultats constatés dans la guerre d'Amérique contrastent tellemeni j avec elle, qu'on ne peut accepter que la statistique de Salleron.i, Ces résultats confirment complètement les idées de iMalgaigne ; ent effet, 19 fois on fit la désarticulation du coude, il ne mourut aucun, opéré; tandis que sur 599 amputés de l'avanl-bras, il en mourut 99,i et sur 19Zi9 amputés du bras il en succomba Zi lZi. D'un autre côté.' sur 65 cas rassemblés par Udhe dans un travail spécial, il n^y eul | que 11 cas mortels. Quant à la substitution de la désarticulation ; l'amputation du bras, il faut bien reconnaître que l'on a très-rarement à s'adresser cette question, car c'est surtout pour des lésionde coude qu'on a recours à l'amputation du bras.]
Pour les sujets guéris, il y a en outre un immense avantage conserver toute la longueur de l'humérus. D'abord les saillies de j l'épitrochlée et de l'épicondyle fournissent un point d'arrêt précieux j pour la fixation d'un avant-bras artificiel; mais lors même qiK l'opéré ne peut se procurer cet appareil, je ne comprends pas cou ment des chirurgiens qui n'avaient rien vu ont osé se prononcer au?témérairement sur l'inutilité de la portion de l'os conservée. J'a interrogé à cet égard avec un puissant intérêt l'un des amputés di Salleron, aujourd'hui garde au bois de Boulogne, et qui, connaissant plusieurs de ses camarades amputés du bras, a pu apprécin la différence. II ne saurait assez se féliciier d'avoir gardé tout son bras, qui est le bras droit ; il s'en sert utilement pour assurer lpapier sur lequel il éci'it, pour fendre l'eau dans la nage, pom assurer l'équilibre dans la course, pour porter des paquets sous le bras, pour embrasser des objets de plus grande dimension, comnn' des bottes de foin ; enfin, au besoin, pour écarter et repousser vi- i