OPÉRATIONS QUI SE PRATIQUENT SUR LES MUSCLES ET LEURS DÉPENDANCES
!• — De la ténotomie en général.
On pratique la section en travers d'un muscle, d'un tendon, d'uQ aponévrose, dans les cas de rétraction permanente et rebelle à lou autre moyen. Ces opérations, fort rares autrefois, alors surtoc qu'on divisait les téguments avec les muscles, ont pris il y a uni trentaine d'années une extension extraordinaire; et il y avait uù sorte de rivalité parmi les chirurgiens à qui découvrirait quelqq muscle nouveau à diviser. Aujourd'hui on est revenu à de plus sag(j appréciations. On ne coupe plus que rarement les muscles de l'œi pour le strabisme, on ne coupe plus ceux de la langue pour 1 bégayement, opérations qui seront décrites dans leurs régions spè ciales; au tronc, ou a justement conservé la section du slerna masto'idien pour le torticolis, au membre inférieur celle du tendo( d'Achille ; ce sont les seules que,nous décrirons ici. Du reste, s'ils présentait quelque indication positive d'en couper d'autres, il serai facile de leur appHquer les règles générales qui vont suivre.
1» Toutes ces sections doivent être pratiquées, autant que poa sible, par une incision sous-cutanée,
2" L'instrument spécial est le ténotome, dont la forme a variS Quelques-uns se servent d'un ténotome à tranchant convexe ; d'aol très préfèrent un tranchant concave; le tranchant droit suffit daofl tous les cas, La lame la plus étroite est la meilleure, pourvu qu'ellJ| garde une solidité suffisante; j'ai décrit (page 3) celle que je prél| fère. Enfin la pointe peut être mousse ou aiguë, ce qui fait varieill le procédé opératoire, U ^ Avec le ténotome aigu, on fait du même coup la ponction ^fl téguments et la section du muscle et du tendon; c'est un peïl^ avantage.
Avec le ténotome mousse, il faut faire la ponction des tégumeni avec une lancette ou un bistouri, et glisser le ténotome par ceii
DE LA TÉNOTOMIE.
uverture. L'avantage de ce procédé est que l'on n'a pas à craindre e blesser quelque vaisseau avec la pointe de l'instrument.
3» Dans tous les cas, la piqûre de la peau doit être aussi étroite ue possible ; afin d'éviter l'inflammation que pourrait amener une laie plus étendue.
W 11 est indispensable d'empêcher l'accès de l'air. C'est pouruoi on fait la ponction à quelque distance du muscle à diviser, lers lequel on glisse ensuite à plat la lame de l'instrument; ou bien m fait faire à la peau un pli parallèle à la direction du muscle, et 'Ont la base répond à l'un de ses bords. Le ténotome plongé à la ase du pli, on laisse la peau revenir à sa place, ce qui suffit pour aisser un certain intervalle entre la ponction cutanée et l'incision u muscle.
5° La ponction faite, on enfonce le ténotome, soit au-dessus, soit u-dessous du muscle à diviser, jusqu'à ce qu'on le dépasse de uelques millimètres. Dans ce trajet, il est prudent que la lame soit lissée à plat, le tranchant incliné du côté le plus éloigné des vaiseaux.
6° Quand on glisse l'instrument au-dessous du muscle, une pré- ;aution essentielle est de faire tendre celui-ci pour le soulever et le étacher en quelque façon des parties plus profondes.
7° Lorsque le ténotome a dépassé la longueur du muscle, on lui nprime un mouvement d'un quart de cercle, de manière que le 'anchant soit tourné perpendiculairement sur le muscle, soit de ehors en dedans, soit de dedans en dehors.
8° La section doit s'opérer ici principalement en pressant, et le noins possible en sciant. La raison de ce précepte est que l'on ne •eut guère couper en pressant que les parties très-tendues, et que Bs vaisseaux qui ne le sont pas échapperont plus aisément au tranhant du ténotome. C'est pourquoi il est indispensable, durant la lection, de mettre le muscle ou le tendon dans la tension la plus prie possible, de telle sorte qu'il vienne s'offrir pour ainsi dire de lai-même à l'action de l'instrument; des craquements successifs innoncent les progrès de la section, et un défaut subit de résislance, en même temps que l'écartement des deux bouts du muscle, pprend qu'elle est terminée.
9° Il ne faut pas cependant s'en fier absolument à ce dernier »gne; car il arrive quelquefois que, le tendon ou le muscle étant :oupé,la gaîne celluleuse résiste encore. En conséquence, avant de ■étirer le ténotome, on s'assurera que nul obstacle de ce genre ne oppose au mouvement des parties; et si la gaîiie paraissait réractée et résistante, il faudrait la diviser à son tour. Seulement, e chirurgien devra prendre bien garde de ne pas attribuer à cette
OPÉRATIONS GÉNÉRALES
gaîrie la résistance d'autres muscles ou même des ligaments. 0 reconnaîtra la résistance de la gaîne, lorsque, on cherchant à étei dre les parties, on la sentira se tendre sous les téguments,
JO" Après avoir coupé tout ce qui doit être coupé, on retirei le ténotome avec précaution, de manière à ne pas agrandir l'oi = verture de la peau, et l'on appliquera sur celle-ci une rondelle ( diachylon. S'il était entré de l'air dans la plaie sous-cutanée, c ^. l'exprimerait avec les doigts avant de fermer l'ouverture.
,11° Enfin, comme la guérison de la difformité exige presque toi jours l'emploi consécutif d'appareils de redressement dont le pn mier effet est d'écarter les bouts du muscle divisé, il est prudei ^ d'attendre deux ou trois jours avant de les appliquer, afin qu'il ait un commencement d'organisation dans le lieu de la section , ( d'opérer ensuite l'extension avec ménagement et sans brusqi violence.