‹ Manuel de médecine opératoire (volume 3)Chapitre 72 sur 232 · II. — Traitement curatif · texte numérisé non relu

II. — Traitement curatif

Les anciens n'en connaissaient d'autre que la destruction dd veines variqueuses, qu'ils pratiquaient, soit à l'^de du fer rouge soit en les disséquant et les extirpant dans toute leur portion altè rée. Marins, après avoir subi l'extirpation, déclara le remède pirii que le mal , et la chirurgie moderne a ratifié cet arrêt.

L'étude des cures spontanées a fait voir qu'elles s'opèrent p» l'oblitération des veines, à l'aide de caillots; et l'expérience ayaa montré que l'oblitération en un seul point de la veine entraine néralemenl la formation de caillots dans toute sa partie inférieure c'est à cette oblitération primitive partielle que l'on s'est atlachi de nos jours. On a cru tout naturellement que le moyen le plui sûr d'obtenir l'oblitération était d'interrompre la continuité ^wÊ vaisseau lui-même : de là unepremière méthode, basée sur la déïJI truclion d'une partie de la veine. 'U

Dans la seconde, on cherche par la phlébite à oblitérer la veiné<ll dans la troisième cette occlusion est demandée à l'accolement plu<l| ou moins longtemps prolongé des parois du vaisseau ; enfin la quaJI trième a pour point de départ l'oblitération par un caillot de; 1 II veine variqueuse. Mais, il faut bien le dire, cette classification d'oJI procédés ne saurait être absolument rigoureuse; quelques-uns peù'l| vent être revendiqués par l'une et par l'autre des méthodes quW nous venons d'énumérer. • ■ Il

PiiEMiÈtiE MÉTHODE. Destructioii d'une partie de la veine. -41

DES VARICES

e méthode comprend tous les procédés par lesquels on cherche ilenir non pas seulement l'interruption permanente de la circua; mais l'interruption de la continuité même du vaisseau. Tous moyens capables d'amener ce résultat, tels qu'incision, excision, érisation, ont été employés.

" Incision simple. — j. L. Petit ne faisait que de petites inci- B sur les varices tuméfiées et enflammées. Richerand faisait

les gros pelotons variqueux une incision verticale à la peau et ifarices, laquelle atteignait au besoin de 10 à 20 centimètres (ugueur, après quoi il pansait à plat pour provoquer la suppu- \n. Avec un bistouri convexe, on coupe en travers la peau de :ine, ou bien on soulève la veine dans un repli de la peau, et istouri droit bien tranchant, passé à travers la base de ce pli, .il la section d'un seul coup ; le résultat est le même. Tous les :s variqueux étant ainsi coupés, on remplit la plaie de charpie

amener la suppuration de la plaie.

Procédé de Brodie; section sous-cutanée. — On se sert d'un lome légèrement concave, à pointe acérée, qu'on enfonce sous •guments, à plat d'abord, entre la peau et la veine; puis, tourle tranchant en arrière, on le retire en pressant, de manière iiser la veine en travers, sans augmenter la petite plaie de la - On établit ensuite une légère compression sur le lieu de la m, afin d'éviter à la fois l'épanchement du sang, l'accès de et la suppuration, causes puissantes de phlébite.

procédé paraît donc bien préférable à l'autre. On lui reproche

tidant d'exposer à ne couper qu'incomplètement la veine ; et rd l'a vu aussi suivi de phlébite et d'érysipèle phlegmoneux.

Excision. — On fait faire un pli à la peau et on l'incise ; la étant mise à nu, on passe au-dessous une sonde cannelée sur lUo on coupe la veine tout près de l'extrémité inférieure de la Avec des pinces à disséquer on reprend le bout supérieur attire légèrement, et on l'excise avec des ciseaux ; de telle que les deux bouts de la veine, en se rétractant, se cachent es lèvres de la plaie, et ne sont point en contact avec l'air eur. Rima veut qu'on excise de 25 à 30 millimètres de la

Cautérisation. — La potasse caustique mise en honneur par :t a été remplacée par la pùle de Vienne, qui fuse moins et ! des cschares plus limitées. Laugier, pour aller plus vite, fai-

MALGAIGNE. — MÉD. OPÉR. 8<= édil. I.— 12

OPÉRATIONS GÉNÉRALES

sait une petite incision à la peau avant d'appliquer le caustiiii A. Bérard s'abstenait de cette incision.

Procédé de A. Bérard. — La veille de l'opération, il faisait m; cher le malade pour rendre les veines saillantes, et marquait av de l'encre le point où le caustique devait être appliqué. La pâte Vienne était disposée en une couche dont la longueur variait de • 5 centimètres, la largeur de 5 à 10, et l'épaisseur aussi gran que la largeur. Après l'avoir laissée durant quinze à vingt minul. on supposait la veine suffisamment atteinte, et l'on enlevait le cai tique ; puis on recouvrait d'un morceau de diachylon l'eschare fi mée, dont la chute se faisait attendre quelquefois plusieurs mois.

La longueur du traitement est déjà ici un grand inconvénie; un autre non moins grave, c'est que Ton n'est jamais sûr d'ay atteint toute l'épaisseur de la veine. Bonnet, après une premi application de potasse caustique, attendait trois ou quatre jo pour fendre l'eschare et faire une deuxième application au fond l'incision; l'issue du sang était pour lui l'indice que la veine é' attaquée; et quelquefois, pour y arriver, il était obligé d'avoir cours à une troisième application.

5° Excision ixir suture ; procédé de Vtlpeaa. — 11 ccnsjsi passer une épingle par-dessous le vaisseau, mais au lieu de sei l'épingle avec un fil en huit de chiffre pour fermer temporairem la veine, on serre le fd circulairement par-dessous les deux bc de l'épingle, assez fortement pour étrangler et mortifier à la 1 la veine et la peau, ce qui arrive dans un espace de dix à qui iours, Velpeau recommande d'ailleurs, pour rendre les veines | apparentes, que le membre soit pendant au moment de l'opérali

6° Section par une ligature ; procédé ordinaire. — La peau cisée dans une étendue suffisante, on passe sous la veine un st armé d'une ligature, et l'on serre par un double nœud.

Procédé de Reijnaud. — On passe la ligature à trayeiv peau par-dessous la veine à l'aide d'une aiguille courbe, et 1 on serre les deux bouts par un nœud et une rosette sur un rouleai diachylon ou une petite compresse graduée. La rosette pernio: resserrer la ligature tous les jours ou tous les deux jours, jus» la section complète du vaisseau.

Liaature sous-cutanée. — Gagncbé a proposé de faire roj ser 1q fil à travers l'ouverture d'entrée, pour avoir une lig.n

DES VARICES

is cutanée. Ce procédé peu ou pas suivi en France a été rais en cre par Lewis, de Philadelphie, en substituant un fil métallique fil de soie ou au fil végétal. L'aiguille passe d'abord sous la [ne traverse la peau, rentre par le même point, passe au-dessus la veine et ressort par l'ouverture d'entrée. Le fil est serré par sion. Bozemann, de New-York, a mis en pratique le même proé auquel il donne le nom de suture en bouton. Ricord a appliqué io-aiure sous-cutanée au traitement du varicocèle.

Deuxième méthode. Oblitération de la veine par phlébite. — ; procédés d'incision dans lesquels on cherche à faire suppurer Dlaie amènent avec eux une phlébite plus ou moins limitée au sinage de l'incision. On a cherché, en provoquant rinfiammalion la veine, à déterminer son oblitération définitive. Ici encore is trouvons plusieurs procédés, les uns dans lesquels on agit sur veine elle-même, les autres dans lesquels on ne détermine l'innmation primitive qu'au voisinage du vaisseau.

1° Procédé de Belpech.— Après avoir fait une incision à la peau, Ipech comprimait et cherchait à enflammer la veine par une lare d'amadou passée entre le vaisseau et les tissus sous-jacenls.

2° Séton métallique. — Lallemand traversait les tumeurs variiuses avec des aiguilles à acupuncture qu'il laissait à demeure. Velpeau passait à travers la veine deux ou trois fils à certaine ilance l'un de l'autre et leur imprimait soir et matin de petits 'uvements de va et vient jusqu'à l'apparition de l'inflammation neuse qui arrivait du deuxième au quatrième jour. Davat faisait passer l'épingle non plus transversalement, mais is le sens de la veine qu'elle traversait en deux points le plus liants possible l'un de l'autre.

Troisième méthode. Oblitération de la veine par adhésion dus \,'ois. — A cette méthode appartiennent l'usage des serres-fines, B doubles pelotes de Sanson, etc. L'adhésion des parois vaseuses ne pouvant être obtenue parleur simple accolement, à moins [il ne s'y joigne de la phlébite, cette méthode, basée sur une ■eur physiologique, ne saurait nous arrêter.

QuATaiÈME méthode. Oblitération de la veine par formation de Ilots. — Les procédés mis en usage pour obtenir la formation caillots il l'intérieur de la veine variqueuse peuvent se ranger is trois chefs distincts. Dans les premiers on a cherché la coagu-

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lalion par l'arrêt momentané ou prolongé de la circulation dansi-, veine malade ; dans les seconds en excitant directement la forniati;| du caillot par l'acupuncture ou la galvanopuncture. Enfin dans derniers on produit, en quelque sorte directement, le caillot j des injections intra veineuses.

A. Compression. — La compression faite par Colles au moy d'un compresseur de J. L. Petit appliqué au niveau de l'embo chure de la saphène interne ; l'emploi des pelotes de Sanson, , compression circonscrite par des bandelettes agglutinatives, prai quée par Benj. Travers, conseillée de nouveau par Chaparré, , 1829, rentrent dans la troisième méthode et n'ont aucune effîd cité. L'application de serres-fines saisissant la veine et la peau été peu étudiée ; elle agirait vraisemblablement en amenant m légère phlébite au point comprimé.

B. Ligatures et sutures. 1° Ligature temporaire. — Fre (de Birmingham) étreignait fortement la veine avec un fil qui enlevait immédiatement; Wise appliquait directement sur la vei^ une ligature serrée par un nœud coulant et qu'il retirait apu vingt-quatre heures.

2° Suture entortillée et acupressure. — Velpeau passait soua veine une épingle à suture sur laquelle il jetait un fil croisé en ht de chiffre ; c'était en définitive une sorte d'acupressure lorsqu'i laissait peu de temps l'épingle en place ; c'était le plus souvent ui division lente à ciel ouvert, rentrant dans la deuxième méthoôi l'épingle finissant par amener la section de la veine et de la peaua

3° Suture enchevillée. — Verneuil passe plusieurs fils transvfî salement au-dessous de la veine et comprime la peau et la vei" entre deux bouts de sonde saisis dans les anses des ligatures. -

li° Ligature sous-cutanée. — Je l'ai classée dans la deuxième m thode ; car elle n'est qu'une sorte de modification du procédé • Brodie et de J. Guérin ; mais, comme la section lente de la veiamène une phlébite adhésive, elle pourrait également figurer dans troisième.

5° Ligature double au-dessus et au-dessous des varices. — Pi* cédé employé par Dupuylrcn, qui n'est que l'extension des autn procédés de ligature simple et peut être pratiqué par les proo dés de Velpeau, de Verneuil, de Wise, etc. .

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I . Acupuncture et galvano-puncture.— Les procédés deDavat, IK mand, Velpeau (sétoiis métalliques) pourraient être regardés làiime des applications do l'acupuncture. Si l'on enfonce dans une •ice plusieurs fines aiguilles d'acier, en les faisant communiquer îcle pôle positif de la pile, l'autre pôle mis en communication ;c la peau, on voit des caillots se former sans accident et même is douleur, dans l'espace de dix ou douze minutes. Mais ces Ilots ne persistent pas, et il suffit de quelques jours ou de quelps semaines pour que la veine redevienne perméable, et les tenives faites par Capaletti ne paraissent pas avoir été suivies de ;cès permanents.

D. Injection intra-veineuse. l'' Injection de perchlorure de — C'est le procédé imaginé par Pravaz pour les anévrysmes, B 'on a appliqué aux varices. On se sert d'une solution aqueuse perchlorure de fer de 15 à 30 degrés. On en charge une trèsite seringue, dont le piston est mû par une vis, et la seringue est ibrée de telle sorte que chaque demi-tour de vis expulse une Litte de Hquide. La canule, très-fine et très allongée, peut recew un petit trocart qui sert à l'introduire dans la tumeur vari- Buse. Cette introduction accomplie, on retire le trocart, on ajuste icanule au corps de la seringue, on prend soin de comprimer la ine au-dessus et au-dessous de la varice, et l'on injecte laquanî du liquide jugée nécessaire, environ de à 5 gouttes.

2» Injection de liqueur iodo-tannique . — La liqueur iodo-tannique iprès la formule de Socquet et Desgranges (de Lyon) se compose me solution concentrée de 5 grammes d'iode et de grammes tannin dans 50 grammes d'eau. Elle a la propriété de coaguler temcnt l'albumine et s'emploie avec la seringue de Pravaz de la Sme manière que le perchlorure de fer.

iA'piwéciation. — L'extirpation des varices offre un danger tel e personne aujourd'hui ne songe à employer celte méthode, incision simple, avec ou sans interposition de corps étranger, ec ou sans excision de la partie de la veine comprise dans l'incin, amène une phlébite qui peut s'accompagner de phlegmon fus, et être suivie d'infection purulente et de mort. Jobert sur opérés eut 8 cas mortels parla section, Ricord 1 sur 13 malas, Rima perdit 2 malades sur les 33 sur lesquelles il fit l'incim.

Le séton métallique de Velpeau, de Lallemand et les épingles du océdé de Davat, peuvent déterminer des phlébites mortelles. Sur

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•12 malades Velpeau eut deux cas de mort et trois cas de plilébi très-graves. Tous ces procédés sont aujourd'hui justement abar donnés bien que Faure, en 1866, ait cherché à faire revivre l'ii cision avec interposition de lamelle d'agaric en s'appuyant sur trc cas de guérison.

La ligature temporaire, la suture cnchcvillée ou entortillée, peuve amener la phlébite et l'oblitération de la veine ; mais, si la plilébi ne survient pas, ces procédés, aussi bien que la galvanopunctu ne donnent naissance qu'à des caillots sans consistance et surto:< sans fixité, caillots qui peuvent se déplacer en totalité ou par fraji^ ments et donner naissance à des embolies.

La cautérisation est un des procédés auquel on pourrait enco avoir recours ; elle n'offre pas le môme danger que les précéder bien qu'A. Bérard ait observé un cas de phlébite mortelle. Ai chute del'eschare on a en général une plaie en bonne voie de gr.! nulalion, et l'inllammation reste en général dans de bonnes limite Toutefois celte méthode a contre elle la longueur du traitement, i

En définitive les rares chirurgiens qui aujourd'hui tentent 6' core la cure radicale des varices emploient presqu'exclusiveme les injections de perchlorure de fer, moyen qui du reste n'est j) absolument inoffensif puisqu'il compte dans son martyrologe pl sieurs cas mortels.

Deux questions restent à résoudre pour juger le traitement i curatif. L'oblitération locale obtenue, est-on sûr de la voir suh i de l'oblitération générale ou seulement de l'oblitération étendi ( des veines variqueuses ? L'amélioration rapportée dans beaucoi i d'observations est-elle assez notable et surtout est-elle assez pe l sistante pour que le résultat compense les dangers de l'opératiot^

L'oblitération étendue des veines variqueuses est loin d êl constante même dans les phlébites spontanées, el il est beaucoi plus fréquent de Voir les caillots conséculifs se dissoudre au-dcssu de la zone de l'inflammation ou de la section, surtout si la circul; | tion est entretenue par quelque veine collatérale. Aussi la plupn des chirurgiens qui ont tentés ces opérations ont-ils été conduit^ les multiplier sur le trajet de la veine variqueuse; Bonnet ap] quait des morceaux de caustique à la distance de 8 à 10 cenlim très les uns des autres; Velpeau mettait au moins deux ou ti" épingles sur le même membre, et souvent en ajoutait bcauf plus. Dans ces conditions, s'il n'y a qu'un tronc veineux alTei on peut espérer le succès; mais s'il y en a plusieurs, le succès ■ tenu sur les varices d'un côté est contre-balancé par l'accroi?ïnenl des varices de l'autre ; el déjà Bonnet avait établi en W de s'abstenir de loule opération, quand la saphène iulernc cl l'i

DES VArxICES. ^il

ne sont toutes deux variqueuses. Ce n'est même pas assez dire; • trop souvent on a pris pour la saphène interne quelqu'une de ; branches secondaire, et d'après les recherches de Verneuil, saphène elle-même reste souvent normale, plus souvent encore trophic ù la jambe, quand le membre tout entier est couvert de ^ atations variqueuses. On comprend donc que s'attaquer à l'une' ses branches, quand il y en a d'autres à côté en voie de se chla-

c'est, en oblitérant des varices anciennes, favoriser le déveipement de varices nouvelles. Reste sans doute la ressource ttaquer toutes les branches malades; c'est ce qu'a fait quelefois Velpeau, en appliquant, soit le même jour, soit à quelques u^s de distance, jusqu'à vingt épingles sur le même membre, is après avoir été ainsi plus loin que tout autre, il est arrivé à le conclusion désolante que, à raison de ses nombreuses anasnoses, le système veineux du membre abdominal forme un vaste eau dont il est à peu près impossible d'interrompre la circulation, qui rendra toujours, quoi qu'on fasse, l'efficacité définitive de

diverses opérations fort problématique.

Presque toutes les observations publiées ont été prises dans les pitaux et s'arrêtent à l'époque de la sortie du malade; or, l'on t déjà ce que peut produire d'amélioration, le séjour assez long

lit que nécessite l'emploi de presque tous les procédés em- )yés pour la cure dite radicale. Il y a plus; j'ai eu l'occ^ision de revoir dans mon service l'un à l'hôpital du Midi, l'autre à l'hôal Cochin, deux malades opérés par deux de mes collègues queles années auparavant, tous deux par les injections de perchlorure fer. Or, tous deux s'étaient cru guéris lors de leur sortie de l'hùal et je les trouvai non-seulement malades, mais plus malades icore qu'avalit l'opération. Chez tous deux il y avait eu, sous ifluence de la transformation opérée dans la circulation veineuse la jambe, métamorphose des varices des troncs principaux en sphantiasis papillaire du pied, forme d'hypertrophie que j'attribue m développement exagéré du réseau capillaire. Tous deux en un )t avaient vu leur état beaucoup aggravé par l'opération. Je ne létends pas qu'il en soit souvent de même, mais il importe de ppeler, sinon de dire : 1° que les grosses veines qui serpentent r la jambe n'entraînent qu'une gêne à laquelle on remédie par bas lacé, et qu'elles ne sont suivies d'auti'e accident que de la pture possible d'une varice et d'une hémorrhagie sans gravité ;

que cette forme, quand elle existe seule, n'est jamais suivie ulcère variqueux, car la peau, dans l'intervalle des veines vari* euses, conserve ses caractères ; 3° qu'il existe une seconde forme l'on pourrait appeler varices capillaires du derme, forme qui peut

OPÉRATIONS GÉNÉHALES.

coexistfir avec les varices serpentines des veines sous-culanéeei mais qui le plus souvent existe seule; que la peau au niveau de ce^ plaques variqueuses est épaisse, consistante, adhérente aux partie profondes, altérée dans sa structure, et que c'est dans cette form de varices et au niveau de ces épaississements que se montrent k 'ulcères. Or, puisque les varices serpentines ne constituent qu'un infirmité à laquelle ,on remédie facilement par des bas élastiques ■ puisque l'oblitération des troncs variqueux ne fait rien pour prével nir ou guérir les ulcères; puisque l'amélioration, en admeltar qu'elle soit permanente, n'est obtenue qu'au prix d'un danger d beaucoup supérieur aux inconvénients de l'infirmité ou de la mal;) die que l'opération a seulement l'espoir de guérir, je crois que I traitement curatif des varices doit être abandonné, et qu'il faut s borner au traitement palliatif (L. L. F.].

ARTICLE m.

TRANSFUSION DU SANG

La première idée de la transfusion du sang est due à un Anglais le docteur Wren, mais ce fut François Denys, professeur de phUoli Sophie à Paris qui, assisté du chirurgien Emmerels, la pratiqua 1 premier sur l'homme. Tombée en discrédit après avoir excité 1 plus dangereux enthousiasme, la transfusion ne reparut dans 1 pratique qu'au commencement de ce siècle. Blundell, chirurgie anglais^, la répéta cinq fois de 1820 à 1825. Depuis cette époque on y eut assez souvent recours pour que Belina, dans un mémoir inséré en 1870 dans les Archives de physiologie, ait pu eu rasseiii bler 175 observations.

Avant de décrire le manuel opératoire, nous avons à nous de'» mander : 1" Si l'on peut employer du sang d'animaux; 2" si le sîïn? doit être introduit dans son intégrité ou si l'on doit d'abord le défi't briner ; 3" à quelle température le sang doit être maintenu au moi' ment où l'on opère la transfusion; /i° quelle quantité de sang doL être ou peut être injectée.

Denys èmploya huit onces de sang de veau, et son malade sur i vécut; il est vrai que, redevenu fou après quelques jours, i mourut dans une seconde tentative de transfusion. Depuis BlundclU sauf Esmarch, qui prit du sang de veau et Bliedung du sang du bouc, on ne se servit que de sang humain tiré de la veine, ou par ' fois, quand il s'agissait d'enfant nouveau-né, de sang emprunlé ai

TRANSFUSION DU SANG

accnla de la mère. Cependant Panum, dans les Archives de Virow , a étudié avec soin cette question chez les animaux et il a connu que le sang d'un animal injecté dans les veines d'un autre limai se décompose, qu'il peut s'éliminer sans accident s'il a été jecté en petite quantité, mais que dans le cas contraire cette inction peut déterminer la mort. Il reste donc acquis à la pratique l'il faut employer, comme on le fait du reste, du sang humain. La question de la défibrination préalable du sang est d'un grand térêt pratique, puisqu'elle se présente à l'esprit de tout chiruren sur le point de pratiquer la transfusion. La présence de la fine crée de grandes difficultés, puisqu'elle expose par sa coaguion à voir la canule se boucher pendant l'injection, ou des caillots former dans la veine du malade et être entraînés vers le cœur, paraît donc prudent et utile de recourir tout d'abord à la défibrition, procédé qui a de plus l'avantage d'exiger du chirurgien Dins de précipitation dans l'accomplissement de l'opération; mais est amené à se demander si le sang défibriné possède les mêmes irtus que le sang complet. Or les expériences sur les animaux, ; observations recueillies sur l'homme, montrent que les globules uges saturés d'oxygène sont le principe revivifiant du sang et que présence de la fibrine est loin d'être indispensable. Sur 175 opérons on a employé M fois du sang défibriné; il y eut 17 succès, I améliorations passagères, 1 cas où le résultat reste douteux et ) cas de mort.

La proportion des succès serait donc notablement moins grande L'avec le sang non défibriné ; mais, sur ces Lil opérations de transsiôn, il y en eut /i3 qui furent pratiquées pour des altérations aves du sang et U seulement pour des hémorrhagies à la suite iccouchements. Or les faits montrent que la transfusion réussit rtout dans les cas â'hémorvhagxe?, post partim, et, sur les 4 opélions, il y eut 3 succès. On peut donc sans inconvénient et même ec avantage se servir de sang défibriné.

La question de température ne se soulève que parce qu'il faut ipêcher la coagulation du sang et que cette coagulation serait, iprès Hunter, Scudamorc et Davy, inOuencée par la température retardée par le Froid. Cette coagulabilité du sang n'a plus àpréocper le chirurgien s'il se sert de sang défibriné, et il y aurait cerînement inconvénient à injecter dans les vaisseaux d un individu sangue et prédisposé à la syncope du sang naturellement et rtout artificiellement refroidi (1). 11 faut donc maintenir artifi-

(1) La divergence d'opinion entre Malgaigne et celui qui public «ne uvelle cdilion de son livre est ici trop profonde pour que je puisse

OPÉRATIONS GÉNÉRALES

ciellcmenl le sang à une température de 25 à 30 degrés, ce qu'o obtient facilement en plaçant dans de l'eau à cet'e température 1

Fie. 122.

Appareil de Moncoq pour la transfusion.

vase renfermant le sang, pendant tout le temps employé à sa défi brination .

La quantité de sang injecté a varié de 30 à 750 grammes daii les cas suivis de succès; 120 grammes a clé la proporlion la pli'

m'abstenir de la signaler. Malgaigne conseille de refroidir la seringue, i qui du reste n'a jamais été fait dans la transfusion sur l'homme (L. L. ! ■

TRANSFUSION DU SANG. 215

,,ucnte; celle quantité dépendra nalurellement des phénomènes

rvés pendant l'injection. , I ,w instruments employés sont très-divers; car, outre qu il exi.le ..ez nombreux appareils spéciaux, beaucoup d operateurs se ,t .ervi de ceux qu'ils avaient à leur portée ; Nelaton a fait usage n/un cas d'une seringue à hydrocèle. Toutefois, û est incon- ,table qu'il faut de préférence se servir de seringues mettant a l)ri du mélange de l'air avec le sang. On a imaginé, pour éviter ce danger, un certam nombre d ap- .reils spéciaux. Celui de Moncoq (de Caen) est destme a pratiquer transfusion de bras à bras, et par conséquent sans defibrination éalable. Les deux aiguilles canaliculées D qm terminent les ,es E sont enfoncées l'une dans la veine de celui qui donne son -iff, l'autre dans celle du malade. Un piston A B, mu par e menSme de l'irrigateur ordinaire, appelle, lorsqu on 1 eleve, le sang ns l'appareil, et le chasse dans la veine du patient, quand on laisse ir le ressort. Des soupapes placées en G règlent la progression

sang. * 1 ' j '

Les procédés n'ont pas moins varié, nous nous bornerons a dere celui de Blundell, qu'on pourrait appeler le procède ordinaire, celui de Belina qui paraît préférable à tous les autres, mais qui .ige, comme celui àe Moncoq, une instrumentation spéciale.

Procédé de Blundell. — On met à nu l'une des veines sous-cutanées pli du coude; puis, après avoir passé préalablement au-dessous stylet boutonné ou une aiguille mousse pour soulever le vaisseau . rapprocher ses parois, de manière à empêcher toute issue du ing, on y fait une ouverture capable de recevoir la canule d une ringue à injection. . . , r

D'un autre coté, on saigne à l'ordinaire le sujet qm doit fournir sang; le sang est reçu dans un verre conique, ou mieux encore -rectement dans la seringue. Une précaution essentielle est d extdser l'air de la seringue, ce qui se fait en tenant la canule en haut ; poussant le piston jusqu'à ce que le sang sorte pur; on enfonce ors la canule dans l'ouverture de la veine, et l'on pousse le piston ec lenteur et précaution.

Quelques opérateurs se sont dispensés de soulever la veine sur n stylet; mais on expose ainsi le malade à perdre un peu de sang, t c'est toujours un danger à éviter. M. Nélaton a remplacé le stylet iarune anse de fd, ce qui est peut-être plus commode; mais il a itroduit surtout une modification très-heureuse touchant l' incision ela veine. Le vaisseau soulevé par l'anse de fil, il saisit sa paroi lutéricurc avec une pince à disséquer, et le divise obliquement

OPÉRATIONS GÉNÉRALES

dans la moitié de son diamètre, de manière à avoir un lami.eau en V; ce lambeau, relevé avec la pince, forme un petit entonnoi, ou la canule s engage avec plus de sécurité.

Procédé de Belina. - L'appareil de l'auteur consiste en un tube.

FiG. 123.

Appareil de Belina pour la transfusion.

de 25 centimètres de hauteur s. terminant eu bas par un bec eflilé auquel s'attache le tube en caoutchouc portant le sang au trocarl destiné à pénétrer dans la veine du malade. La partie supérieure, évàsée en forme d'eulonnoii-, reçoit un bouchon (B) auquel

TRANSFUSION DU SANG

. iiii im tube portant deux retiflemenls, et qui n'est autre que

I l leur de l'appareil pour l'anesthésie locale.

II c ommence par défibriner le sang à l'aide de basnelfes de verre, I on le lillre à liavers une loile épaisse et on l'introduit par

i lure iB) avec un entonnoir de verre. On ferme cett^ ouver> I l'on place le flacon «lans un bain d'eau cbaudô à 60 del ieci fait, après avoir bandé le bras du malade comme pour ij^née, on découvre par une incision la \eine médiane. On ia précaution, après avoir renversé le flacon le col en bas, , iir-^er couler quelque peu de sang par le irocart, afin d'être il à fail sûr que le lahe ne renferme plus d'air. On replace la I lUi trocart, et on l'enfonce dans la veine médiane. On enlève la bande qui comprime le bras el l'on règle l'introduction du ■n pressant plus ou moins sur la boule terminale de rinjecleur li lichardson.

1 slalislique ne nous donne ici que des résultats approximatifs, l qu'elle ne s'appuie que sur les cas publiés et qu'il laut comme tours compter avec la non-publication des cas malheureux; mais c me la science ne se base pas sur l'inconnu, nous dirons (jue sur ' i^as publiés il y eut 87 succès, 3 succès partiels, 80 décès et

ilouteiix. Les cas les plus souvent heureux ont été ceux oiî Aération a été faite pour des hémorrhagies à la suite de l'accouf lient ; il y eut 56 succès et 29 morls.

uns une communication faite au congrès scientifique de Bor- I IX, en 1870, Alph. Guérin a préconisé un mode de transfusion

ppelle pur communauté du sang. 11 consiste à isoler une artère

ie patient et chez celui qui lui donne son sang ; puis à couper I doux artères en travers- el à mettre en communication par un t ■ (le caoutchouc le bout cardiaque de l'artère de l'indixidu sain

le bout périphérique de celle du malade, ot vice mr-a pour I icux autres bouls artériels. I.e sang arriverait donc d'abord vers

I apillaires du malade, l'homme sain recevant également par le

I I périphérique de son artère le sang du malade. Alph. Guéi'ia i iljue les plus grandes chances .le succès à cette communauté ' Ml pourrait, dil-il, établir pendant huit jours. Toutefois, l'expé-

t; n'a pas été prolongée sur les animaux, et elle n'a pas l;iile sur l'honime. On peut croire d'abord que le tube s'obliluit après moins d'une heure par la coaguialion du sang, i qu'il est toujours arrivé dans les expériences analogues, et si

peut facilement donner de >on sang pour essayer de sauver un 'de, on se demande si dans les cas oij l'on (il la transfusion chez iualadt!s aUt;ints d liydrophobie (1), de folie (6), de choléra ;5),

Iièvre typho'ide (1), de cancer (5), de longues suppurations (8), MXtGAlGNE. — MÉO, OPÉR., 8" édlt. I. — 13

OI'ÉKATIOINS GÉNÉHALKS.

de phlhisie (2j, d'infection purulante (3), de sypiiilis (I), ou che dos individus empoisonnés (7), ou aurait facilement trouvé un cli rurgien disposé à pratiquer cette communauté do sang et à rccevoji dans ses artèresxelui de ses malades. On peut dans ces cas être ai sez généreux pour donner; on ne pousserait pas la générosité juç qu'à recevoir.

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