‹ Manuel de médecine opératoire (volume 4)Chapitre 151 sur 259 · DU CAL ANGULEUX · texte numérisé non relu

DU CAL ANGULEUX

3° Méthode mixte. — Elle consiste à diviser l'os en partie pour faciliter la rupture du reste, et comprend plusieurs procédés.

Procédé de Wasscrfuhr. — Pour un cal anguleux du fémur, Wasserfuhr fit sur l'angle une incision transversale, scia une partie du cal, rompit l'autre, et obtint un succès complet.

Cette rupture peut se faire de deux manières : ou en forçant l'os dans le sens de l'extension, ou en forçant la flexion ; ce dernier procédé est préférable à l'autre, en ce qu'il ménage mieux le périoste, et garantit jusqu'à un certain point contre la piqûre des chairs profondes par les esquilles. Si l'os gardait trop d'épaisseur pour céder à ces manœuvres, on pourrait faire agir la scie au fond de l'excision, ou opérer la rupture avec le ciseau et le marteau.

Mais un procédé plus ingénieux est celui que Langenbeck a imaginé pour les courbures rachitiques, et appliqué aussi au cal vicieux. On le trouvera à l'article des Courbures rachitiques.

U.° Excision. Procédé de Clémot. — On met à nu l'angle du cal ; on en comprend le sommet entre deux traits de scie qui en séparent un fragment en coin, comprenant environ les deux tiers de l'épaisseur de l'os; et l'on achève en rompant le reste.

Quelle est maintenant la valeur relative de ces divers procédés ?

La rupture convient aux cals faibles ou incomplets ; elle a alors le grand avantage de mettre Tos dans les conditions d'une fracture simple. Mais quand le cal est ancien et solide, on risquerait de briser l'os dans un autre point ; et mieux vaut recourir aux autres méthodes.

La section simple suffit quand l'angle est très-ouvert, de sorte que le redressement de l'os ne laisse pas un trop grand écartement entre les fragments; mais alors même la méthode mixte est préférable, attendu qu'elle ménage davantage le périoste et les tissus profonds.

Enfin, lorsque l'angle est très-prononcé, la section simple ou combinée avec la rupture ne permettrait aux fragments de s'affronter que par une très -petite surface vers le sommet de l'angle, tandis qu'ils demeureraient fort écartés de l'autre côté. L'excision est alors de rigueur; je dirai même que, dans un cas où le tibia était fléchi à angle aigu, les fragments ne s'afTrontant pas suffisamment après une première excision, je fus obligé, séance tenante, de procéder à une seconde.

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