‹ Manuel de médecine opératoire (volume 4)Chapitre 180 sur 259 · RÉSECTION DU CUBITUS · texte numérisé non relu

RÉSECTION DU CUBITUS

des mouvements de pronation et de supination ainsi que de ceux d'extension et de flexion , pouvait très-bien écrire, et servir à porter des choses d'un i^oids assez considérable, telles qu'un seau d'eau,

VIL — Résection de l'extrémité inférieure du cubitus.

Ou a pratiqué cette résection dans des cas de luxation compliquée, où le cubitus avait traversé les téguments et s'offrait de lui-même à la scie. J'en ai rapporté trois cas; M. A. Séverindit que son opéré guérit ; Rognetta en a vu un autre qui, sauf une légère déviation de la main en dedans, s'en servait, dit-il, comme avant l'accident. Celui que j'ai observé n'était pas encore guéri au bout de huit mois, et tous les mouvements de la main paraissaient perdus sans retour.

La résection a été faite aussi pour des affections pathologiques, et l'on a enlevé quelquefois alors une grande étendue du cubitus. Une simple incision des téguments met à nu l'articulation, que la section du cubital postérieur permet de détruire avec facilité. A. Guérin conseille de conserver le ligament interarticulaire en sciant l'apophyse styloïde à sa base ; on évite ainsi d ouvrir l'articulation radio-carpienue, et ce conseil devra être suivi toutes les fois que la lésion le permettra.

Malagodi a enlevé, non- seulement l'extrémité articulaire du cubitus, mais tout le corps de cet os jusqu'à o centimètres au-dessous de la base de l'olécràne. Deux mois après, le sujet se livrait aux travaux des champs, aussi bien, est-il dit, d'un bras que de 1 autre. 11 y a là pour le moins beaucoup d'exagération. A. Guérin a enlevé les quatre cinquièmes inférieurs du cubitus ; l'opéré conseiTa une grande force dans le membre, mais grâce à la soudure des os du carpe avec le radius.

^IIL — Ablation de l'un des os de l'avant-bras.

On dit que Butt (de Virginie a enlevé eu 1825 le radius tout entier, et que son opéré a guéri. Il eût fallu savoir comment fonctionnait le membre.

Malagodi, en 1851, a enlevé à son tour tout le cubitus pour cause de carie et de nécrose. Moins de quarante jours après, le sujet pouvait plier et étendre l'avant bras, serrer les doigts ; en un mot, on n'aurait pas dit qu'il avait perdu le cubitus. J'ai peur que l'auteur n'ait été trop ébloui de son succès pour voir bien au juste en quoi il consistait.

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