II. — Procédés de striction
La ligature placée, il reste à la serrer au degré convenable. Le procédé le plus simple est assurément de faire avec les deux bouts du lien un premier nœud aussi serré qu'il est possible, et qu'un aide assujettit avec le doigt ou qu'il saisit entre les mors d'une pince à disséquer pendant qu'on y ajoute un second nœud. Mais il
MGATURE. ' 31
psl lji<Mi rare quo cello pronii«''rr; slriclion suflisc ; poui' pou que \r pédicule soit large et résistant, après trois ou quatre jours, la division commencée des tissus relâche le lien; il faut le renouveler deux, trois ou quatre fois. Ce procédé n'est guère applicable, d'ailleurs, qu'à de très-petites tumeurs.
Levret avait essayé d'obtenir une striction continue et progressive en ne faisant pas de nœud et en fixant les deux bouts de la ligature aux deux branches d'un ressort qui tendaient à s'écarter; mais il fallait des ressorts d'une puissance et d'un poids considérables. Ricord a remplacé l'élasticité du ressort par un treuil appliqué à son serre-nœud pour la varicocèle. En formant les branches de ce serre-nœud de lames d'acier courbées sur le plat de manière à utiliser à la fois l'action du treuil et l'élasticité de l'acier, on rendrait très-utilement applicable le serre-nœud de Levret.
FiG. 26.
Serre-nœml Je Ricord pour la varicocèle.
On s'est servi pour obtenir une striction continue de fds de caoutchouc; mais ce moyen est très-infidèle, car si le fil n'a qu'un diamètre quatre ou cinq fois plus considérable qu'un fil ordinaire il se brise sous la traction que lui fait subir le chirurgien ; et pour qu'il soit assez résistant il faut qu'il ait un volume trop considérable. On a conseillé de resserrer les lioatures au fur et à mesure que la section des tissus s'opère, le fil dans ce cas cessant plus ou moins de comprimer. Ce conseil serait assez difficile à suivre, car il serait peu aisé de desserrer les nœuds primitivement formés et l'on n'aurait d'autre ressource que d^appliquer de nouveaux fils.
Si l'on rend un compte exact de la manière dont agit la liga-
ture, on verra qu'il est rarement besoin de rechercher une striction progressive. La ligature doit êlre assez serrée pour empêcher l'abord du sang dans la partie qu'on veut détacher, et si cette indication, facile à remplir avec un fil offrant une résistance propor tionnée à la traction qu'il doit subir, a été convenablement remplie, la tumeur se mortifie après quelques heures, et il importe peu qu'après deux ou trois jours l'anse soit plus ou moins relâchée.
Lorsque le pédicule de la tumeur est situé profondément et que les doigts n'y peuvent atteindre, sans parler des instruments spéciaux pour y porter la ligature, lesquels varient selon les régions, il faut aussi des serre-nœuds qui ramènent les bouts du lien à l'exté-, rieur. Le plus simple est celui de Desault, ressemblant assez à une sonde cannelée percée d'un trou près de sa pointe et consistant en une tige d'acier qui offre àPune de ses extrémités un anneau par où passeront les deux chefs de la ligature déjà appliquée, et à l'autre extrémité une échancrure sur laquelle le chirurgien fera ses nœuds, comme il vient d'être dit. Pioderic a jugé que cette tige inflexible s^accommoderait mal aux contours des canaux qu'elle doit traverser. En conséquence, son serre-nœud se compose de petites boules de bois, de corne ou d'ivoire, de 5 -h 6 millimètres de diamètre,
FiG. 27.
^tTie-in^ml iIp Rmlerir-.
percées d'un canal central. On fait passer dans ce canal les deux bouts de la ligature, et l'on enfile ainsi autant de boules qu'il est nécessaire pour amener le fil au dehors; seulement la première est percée de deux trous, afin qu'après la section du pédicule, la ligature soit retenue et ne laisse pas échapper les petites boules. La dernière offre une pareille disposition, afin que l'on puisse serrer les nœuds de la ligature sur l'intervalle des deux trous. Ce tube mobile n'a pas répondu ta ce qu'on en attendait; quand on opère une striction un peu forte, il est sujet à se contourner et à se tordre en divers sens , et le serre-nœud de Desault est resté à peu près seul dans la pratique.
<hi voit, d'ailleurs, que ces prétendus serre-noîuds sont assez