‹ Manuel de médecine opératoire (volume 4)Chapitre 236 sur 259 · TRACÉ DES I.\CISIO>-S A LA FACE I.NFÉRIEURE DU PIED · texte numérisé non relu

TRACÉ DES I.\CISIO>-S A LA FACE I.NFÉRIEURE DU PIED

AB Syme, (tibio-tarsienne). — CD (J. Roux), tibio-tarsienne. — BF (Nélaton), sous-

astrasalienne.

Ce procédé est plus difficile que l'autre; en revanche, il offre un résultat peut-être plus avantageux. Nélaton, qui l'a mis en usage sur le vivant, a trouvé que l'incision verticale au côté interne du pied amenait forcément un pli de la peau quand on ajustait le lambeau sur les os ; et afin d'éviter ce pli, il taille deux lambeaux, l'un dorsal, l'autre plantaire, séparés par un angle vers la malléole interne (fig. 310, CD). Dès lors, c'est à très-peu de chose près le procédé décrit par J. Roux pour l'amputation tibio tarsienne , et que Nélaton a appliqué le premier à l'amputation sous-astragalienne.

Cette amputation semble offrir une rare bénignité. Je l'ai pratiquée cinq à six fois pour mon compte, sans perdre un seul de mes opérés. Vacquez en a rassemblé 11 observations, outre les miennes, toutes suivies d'un égal succès. Toutefois, à l'hôpital de Dolma- Bagtché, deux amputations consécutives ont toutes deux déterminé la mort. Quant à la déambulation consécutive, elle est généralement très-facile avec la bottine la plus simple; le seul cas qui fasse exception est celui d'un soldat opéré devant Sébastopol, et chez

lequel l'astragale, soudé au tibia dans l'extension, empêchait le moignon de poser à plat sur le sol.

[Les faits ultérieurs modifient quelque peu cette appréciation un peu trop favorable. Chauvel, dans son mémoire couronné par la Société de chirurgie en 1869, a rassemblé 32 cas d'opération sousastragalienne, dont 2li pour affections organiques telles que carie ou gangrène, k pour congélation et k pour coups de feu; sur ces 32 opérés 6 ont succombé, c'est une mortalité de 18 pour 1(0^ mais il faut tenir compte des faits non publiés. Ainsi, pour ce qui me concerne, j'ai perdu, par suite d'inflammation des gaines tendineuses et de l'articulation iibio-astragalienne, le seul individu Fur lequel j'ai pratiqué cette opération, ce qui, en raison du petit nombre des cas, suffirait déjà à faire monter la mortalité à 21, 2 pour 100. Mais à ces chiffres il faut ajouter U cas dans lesquels on a dû pratiquer ultérieurement l'amputation de la jambe. Lé chiffre des insuccès complets, y compris les morts, monte donc à 3^,3 pour 100. Nous les comparerons plus-loin aux autres amputations du pied.]

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