X. — Amputation fémoro-tihiale
Iloin a pratiqué cette opération en ouvrant la jointure en avant, et taillant dans les chairs du mollet un vaste lambeau postérieur analogue à celui de Syme dans l'amputation intercondylienne (fig. 267). Velpeau a eu recours à l'incision circulaire, faite à quatre doigts au-dessous de la rotule. Le procédé de Baudens, qui se rattache à la méthode elliptique, présente à la fois les avantages de la méthodecirculaire et du lambeau unique antérieur.
Procédé de Baudens. — On tire avec la plume, à partir de la crête du tibia, et à trois travers de doigt au-dessous du ligament rotulien, un trait qui doit être ramené obhquement en arrière, de bas en haut, vers l'espace poplité, et terminé à deux travers de doigt seulement au-dessous d'une ligne correspondant au hgament rotulien. Un aide tire en haut les téguments du genou ; le chirurgien fait la section en suivant avec le couteau l'ovale qu'il vient de tracer; la peau est relevée alors jusqu'au niveau de l'articulation^ et l'on coupe au même niveau l'aponévrose, les muscles et les ligaments. On ramène la portion antérieure des téguments en arrière ; de telle sorte que les surfaces articulaires en sont complètement recouvertes^ et que la cicatrice, se trouvant en arrière et au-dessus du niveai? des condyles du fémur, sera tout à fait à l'abri de la pression de la jambe de bois.
Appréciation. — L'amputation fémoro-tibiale est une des plus graves. Dans mon relevé des hôpitaux de Paris, j'en avais trouvé 3 cas, tous suivis de mort; sur G sujets opérés par Velpeau, U ont succombé. Salleron a traité à l'hôpital de Dolma-Bagtché 8 amputations primitives et a eu 7 morts; k ampulalions consécutives, U morts. Enfin, pour toute la campagne, Chenu a rassemblé 68 exemples de cette désarticulalion ayant donné 62 morts ; le nombre des guérisons n'est pas tout à fait de 1 sur 11.
Est-ce à dire qu'il faille absolument y renoncer? Mais on n'auraîî
à y substituer que rampulalion de la cuisse qui, en Crimée, n^a pas donné 1 guérison sur 12 ; et, même à péril égal, il ne faut pas oublier que la désarticulation du genou conserve aux opérés le libre jeu de l'articulation supérieure.
A parties dangers communs aux autres amputations, celle-ci en a un (out spécial, c'est la suppuration inévitable du vaste cul-de-sac synovial qui est au-dessus de la rotule; le pus, sortant difficilement par-dessous cet os, fuse entre les muscles de la cuisse, et de là des abcès et des fusées interminables, Salleron a proposé d'ouvrir ce cul-de-sac immédiatement après la désarticulation, par une incision verticale de /; à 5 centimètres, avec deux incisions transversales de 1 à 2 centimètres, mais limitées au tendon rotulien. Celte idée me paraît mériter une sérieuse attention.
[La désarticulation de la jambe au niveau du genou me parait inférieure aux amputations dans les condyles, par suite de la conservation des surfaces cartilagineuses. L'avenir seul pourra permettre de se prononcer en pleine connaissance de cause sur ce point <le pratique] . -