IV. — Section du nerf lingual
Le nerf lingual, moins volumineux que le dentaire inférieur, -se porte d'abord en bas et en avant entre le plérygoïdien et le péristaphylien externes, puis entre les deux ptérygoïdiens. Plus bas il se trouve entre le ptérygoïdien interne et le maxillaire inférieur accom.pagné du nerf dentaire inférieur lequel est placé un peu en arrière et en dehors. Le nerf dentaire s'en sépare pour entrer dans le canal dentaire^ et le lingual se trouve alors isolé et accolé sur la face interne du maxillaire, sous-jacent à la muqueuse, situation qui, nous le verrons, permet de l'atteindre facilement par la bouche ; de là il continue à se porter en avant, placé au dessus de la glande sous-maxillaire, croise le canal de VVharton entre le mylohyoïdien et Thyo-glosse, arrive au côté interne de la glande sublinguale et pénètre dans la langue.
Roser de Marbourg pratiqua le premier la résection du lingual.
ISÉVROTOMIE.
Son exemple fut suivi par Linhard, Michel de Strasbourg, Bœckel, Moore, Hilton, Vanzelli.
Nerf lingual. — A. Glande sous-maxillaire traversée par l'artère faciale. — B. Canal cle Wharton. — C. GlanJe sublinguale. — 1. N. maxillaire inférieur. — 2. N. dentaire inférieur coupé. — 3. Rameau mylo-hyoïdien. t- 4. N. lingual. — 5. Ganglion sousmaxillaire. — 6. Sa racine ganglionnaire. — 7. N. buccal. — 8. N. facial- — 9. N. de Jacobson. — 10. N. hypoglosse. — H. Filets terminaux du lingual. — 12. N. pneumogastrique. — 13. N. spinal. — 14. N. grand sympathique.
Roser fendit la joue depuis la commissure des lèvres jusqu'au masséter, fendit la muqueuse linguale, mit le nerf à découvert
et le sectionna. Linhart (de Wurtzbourg) et Inzani (de Parme) trépanèrent la branche montante du maxillaire. Ces deux procédés ne sauraient être conseillés.
Incision sur le bord inférieur du maxillaire. — D'après une thèse publiée à Tubingen en 1863 par Lœhrl, Luschka propose d'atteindre le nerf parla partie inférieure en faisant une incision le long du bord inférieur du maxillaire jusqu'à ce qu'on atteigne le nerf appliqué sur la face profonde de la muqueuse buccale.
Incision du plancher bucccd. — Bœckel, en 18GZi, fit une incision sur la muqueuse buccale après avoir tiré la langue du malade du côté opposé, en avant et en haut. Un crochet enfoncé à ce niveau et ramené de bas en haut en rasant la face interne de la mâchoire permit de saisir facilement le nerf et d'en exciser une certaine quantité.
Vanzetti, en 1866, fit porter son incision en arrière et sectionna le pilier antérieur du voile du palais.
Trousseau, en 185t/, fit la section du lingual d'une façon assez originale et à coup sûr peu chirurgicale pour guérir un aura epileptica qui prenait son origine dans la langue. Il passa un fil d'argent en rasant la face interne du maxillaire et en traversant le milieu de la langue, et sectionna peu à peu par la triclion du fil le côté gauche de l'organe. Son malade guérit de l'opération et de l'aura.
Api^réciation. — Les opérations de Bœckel et de Vanzetti furent suivies de succès. Le procédé de Bœckel est celui qui doit être préféré. J'avais, en 1860, proposé la résection du lingual dans un cas de névralgie nettement limitée à ce nerf, l'opération ne fut pas acceptée par la malade, mais j'avais dû étudier sur le cadavre une opération qui n"* avait pas encore été pratiquée à celte époque par l'intérieur de la bouche. Je pus m'assurer qu'elle est des plus faciles et qu'on saisit presqu'à coup sûr le lingual à la face interne du maxillaire (L. L. F.).