CANCER DE LA VERGE
irisation, recouvrit encore le tiers de cet organe. C'est alors qu'il imagina le procédé suivant, le seul qui doive rester daus la pratique.
Procédé de Dieffenbach. — Si le prépuce adhérent dépassecncore le gland, on commence par en amputer l’anneau le plus antérieur; si, au contraire, cet anneau est adhérent lui-même, on commence par détacher circulairement ces adhérences, dans une étendue suffisante pour pouvoir attirer le prépuce en avant du gland et le circonscrire comme dans le cas précédent. Il faut d’ailleurs, quand il est sain, en exciser le moins possible, afin de garder plus de peau; mais s’il est malade, ne garder absolument que la partie saine.
Ce premier temps achevé, on retire en arrière la peau de la verge et la lame externe du prépuce qui la suit; on divise le tissu cellulaire lâche qui l'unit à la lame interne jusqu’à 9 millimètres eu arrière de la couronne du gland, de manière à avoir une sorte de fourreau absolument libre par sa face interne.
On procède ensuite à l’ablation de la portion du prépuce restée adhérente au gland, en la fendant longitudinalement sur sa face dorsale, et en disséquant les lambeaux à l’aide de pinces fines ou de ciseaux. Quelquefois celte lame interne est tellement indurée qu’elle a l’épaisseur d’une mince feuille de carton.
Enfin le gland étant parfaitement découvert, on rcploie en dedans la lame externe du prépuce, de telle sorte que sa face saignante réponde partout à elle-même, que son bord libre soit en contact avec le tissu cellulaire de la verge en arrière de la couronne du gland, et qu'enfin le gland soit enveloppé par la surface épidermique avec laquelle toute adhérence est impossible. On maintient les parties dans cette position, au moyen de fils de coton épais et enduits d’emplâtre agglulinatif, passés tout autour du nouveau prépuce et de la verge.
On fait des fomentations froides jusque vers le troisième ou le quatrième jour; alors on renouvelle l’appareil, et l’on commence à faire toutes les heures des injections d’eau blanche entre le gland et le prépuce nouveau, pour prévenir les excoriations de sa face interne. Du douzième au quinzième jour la cicatrisation est faite; mais il faut quelques jours encore pour que le gland se recouvre d'une pellicule épidermique. Après un certain laps de temps, Dieffenbach a vu le prépuce nouveau allongé et exactement semblable à un prépuce naturel ; sa lame interne avait même perdu l’aspect cutané pour prendre le caractère d’une muqueuse; elle était rouge et fournissait une sécrétion.
8’ Cancer de la verge.
Anatomie. — Lorsque le cancer attaque le prépuce seulement, le gonflement qu’il détermine dans ses parties lâches et extensibles suffit pour repousser fort loin le gland en arrière, en sorte qu’on croit
MÉDECINE 0PÉRAT0ME.
souvent avoir affaire à un cancer du corps de l'organe, tandis qu’il est borné à ses enveloppes. Lisfranc a reconnu en outre que, lorsque c cancer siège sur le corps de la verge, ou à sa racine, et môme sur le scrotum, c’est par la peau qu’il commence d’abord, et les membranes fibreuses qui sont au-dessous lui opposent une barrière qu’il est très longtemps à franchir. De là cette conséquence importante, qu en beaucoup de cas on peut conserver l’organe en n’enlevant que ses téguments.
Procédé de Lisfranc. — Quand le cancer siège à l’extrémité de la verge, on pratique sur la face dorsale de cet organe, parallèlement à son axe, une incision qui intéresse la portion carcinomateuse dans toute sa longueur: cette incision doit se faire avec un bistouri convexe tenu en cinquième position, à petits coups et avec une grande lenteur; une éponge sert à absterger la plaie, et l’on parvient ainsi sur l'enveloppe fibreuse des corps caverneux. Si elle est saine, on dissèque soigneusement le cancer, et la verge est sauvée; si elle est altérée en quelques points, comme cela a lieu d’ordinaire vis-àvis des ulcérations cancéreuses, on saisit avec des pinces et l’on excise avec des ciseaux courbes sur le plat tout ce qui parait suspect; on peut môme racler avec le tranchant du bistouri porté perpendiculairement à leur axe la surface suspecte des corps caverneux. Si enfin 1 altération était trop considérable, on en serait quitte pour procéder tout de suite à l’amputation.
Dans un cas où le cancer envahissait la racine de la verge et la partie antérieure du scrotum, Lisfranc commença par cerner le mal au moyen d’incisions convenables; puis il procéda à la dissection. La cicatrice se fit d’elle-même ; la peau lâche du scrotum et des parties ambiantes se laissa tellement attirer par le tissu inodulaire, qu’en quelques points la cicatrice était linéaire, et qu’ailleurs elle n’occupait pas le quart de la perte de substance opérée.
9“ Amputation de la verge.
On pratique cette opération dans les cas de gangrène, de cancer de la verge, d’anévrisme des corps caverneux, etc. D’après le principe posé par Boyer, elle diffère de toutes les autres amputations en ce point, qu’au lieu de garder plus de peau que de chair, il faut ici retrancher davantage des téguments quedes corps caverneux, attendu que ceux-ci sont extrêmement rétractiles, et qu’en les coupant même au niveau de la peau, celle-ci les dépasserait beaucoup trop et gênerait pour le pansement et la cicatrisation. Il faut d'ailleurs retrancher d’autant moins de peau qu’on ampute plus près de la racine de la verge, la rétraction des corps caverneux étant en raison directe de leur longueur, et enfin se souvenir qu’il est moins grave de retran-