‹ Manuel de médecine opératoire (volume 5)Chapitre 117 sur 145 · FISTULES ENTÉRO- VAGINALES · texte numérisé non relu

FISTULES ENTÉRO- VAGINALES

enleva successivement tous les points de suture. On eut soin de délayer les excréments par des lavements; toutefois la première selle, le huitième jour, occasionna une fissure au voisinage du rectum, qui guérit heureusement en un temps assez court.

Cette observation semble donc démontrer la nécessité de laisser les points de suture plus longtemps en place, jusqu’à ce que la cicatrice soit solide et à l’épreuve des déchirements.

Procédé de M. Roux. — 11 consiste simplement dans l’emploi de la suture enehcvillée, lorsque les bords de la solution de continuité ont été soigneusement avivés. Un grand nombre de succès ont déjà suivi ce procédé, qui parait devoir être adopté comme méthode générale.

4° Déchirure de la cloison reclo-vaginale.

On peut appliquer à cette déchirure les mêmes procédés qu’à la déchirure du périuée simple. Noël , dans un cas de ce genre , aviva les bords avec des ciseaux, et réunit par la suture entortillée. II réussit complètement; mais les cas de non-réussite sont beaucoup plus fréquents, et doiveut engager à recourir aux procédés suivis pour la déchirure simple du périnée.

o" Fistules enléro-vaginales.

On donne ce nom à une lésion dans laquelle une portion quelconque du tube intestinal, toutefois supérieure au rectum, est venue s’ouvrir dans le vagin, et y verse les matières fécales par un véritable anus contre nature.

Procédé de M. Roux. • — Il a essayé, dans uu cas où l’iléon venait aboutir au vagin , d ouvrir les parois abdominales , de séparer du vagin la portion d intestin qui y aboutissait, et de l’invaginer au moyen de la suture dans le bout inférieur. La malade mourut, et l’autopsie démontra une méprise qu’il n’est pas bien facile d’éviter , savoir , qu’au lieu d’invagincr la portion de l’iléon dans le bout inferieur du gros intestin , on I avait réunie au bout supérieur de celui-ci.

Piocédédc M. Casamayor. — C’est une application fort ingénieuse du procédé de Dupuytren pour la cure des anus contre nature. L’instrument de M. Casamayor est donc un entérotome dont chaque branche se termine par une plaque ovale longue de 18 millimètres et laige de 9 , offrant des engrenures sur les faces correspondantes. L’une de ces plaques est introduite par le vagin et la fistule dans le bout supérieur de 1 intestin , I autre portée pn r le rectum jusqu'au

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niveau tic la première; ces plaques sont destinées à rapprocher les parois correspondantes de ces deux portions d’intestin , et à y produire par leur constriclion une perte de substance qui permette aux matières fécales de passer de l’une dans l’autre.

Ce procédé mis à exécution une fois semblait avoir réussi, lorsque la femme mourut par suite d'imprudence. Quelques objections qu’on puisse lui faire , il est évidemment bien moins dangereux que celui de M. Roux, auquel, dans tous les cas, il doit être préféré.

6° Fistules recto-vaginales.

On appelle ainsi une déchirure de la cloison sans que le périnée y ait participé, et l’on peut recourir alors à tous les moyens employés contre les fistules vésico-vaginales.

Plusieurs causes s’opposent à la réussite de l’opération : l’une , entrevue par Saucerolte, est la résistance que le sphincter de l’anus , oppose à l’issue des matières intestinales ; aussi crut-il devoir diviser i le sphincter en avant; l’autre est le tiraillement exercé sur les points de suture par les parties qu’ils sont destinés à rapprocher ; de là les incisions latérales pratiquées par M. Jobert, et mes incisions vulvopérinéales ; enfin, avant tout abord des matières fécales, le rectum irrité suinte du mucus purulent et des gaz qui baignent la plaie et les sutures et font obstacle à la réunion. J’ai été frappé le premier de ce danger, et j’ai cherché à y parer.

Procédé de Saucerolte. — Il dilata le vagin avec un spéculum à deux branches, et porta dans le rectum, par l’anus, un gorgerct de bois dont il plaça la convexité sous la fistule pour servir de point d’appui aux autres instruments. L’ouverture étant ainsi en vue , il en réséqua les bords , moitié avec un bistouri garni de linge jusqu’à quelques millimètres de la pointe, moitié avec une sorte de rugine tranchante; puis il les réunit par la suture du pelletier, appliquée à l’aide de deux aiguilles courbes , une plus courte pour commencer, et l’autre plus longue pour finir. Il porta donc la première aiguille armée d’un fil double et montée sur un porte-aiguille au niveau de l’angle supérieur de la fistule, où il arrêta sa ligature au moyen d’uu morceau de diachylon , pour ne pas être obligé de faire un nœud ; puis avec la seconde aiguille il fit six points de suture eu surjet, en procédant de derrière en devant, et noua enfin les extrémités de son fil sur un corps étranger , afin de l’arrêter. Pendant plusieurs jours on crut à la guérison ; mais à la première selle la suture fut déchirée. Le chirurgien répéta l’opération ; mais cette fois il prit la précaution de diviser complètement l’anus, de manière à transformer la fistule en déchirure du périnée et de la cloison recto-vaginale. Le succès fut complet.

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