‹ Manuel de médecine opératoire (volume 5)Chapitre 13 sur 145 · II. — Collodion · texte numérisé non relu

II. — Collodion

i.0 collodion est une solution dans l’éther d'un coton-poudre préparé axer 600 grammes d’acide sulfurique et 100 grammes de nitrate de potasse pour 20 grammes de. coton. On peut en dissoudre jusqu a .3 grammes dans 123 grammes d'éther sulfurique rectifié,

*0 MÉDECINE 01’ÉllATOlHE.

eu ajoutant 8 grammes d'alcool, et agitant fortement pendant «ueliiucs minutes. 1

Le collodion possède une propriété adhésive sans égale, et sèche en quelques secondes par l’évaporation de l’éther. On peut l’employer seul sur de petites solutions de continuité, et tenant les levres rapprochées jusqu'à ce que la couche du collodion soit desséchée; ou bien on trempe dans le liquide une ou plusieurs bandelettes c e linge, qu’on applique sur les téguments comme des bandelettes de sparadrap, seulement en se hâtant, de peur que la dessiccation ne s opère avant I application. Enfin, je m’en suis servi pour confectionner des appareils propres à fixer les doigts, la main, le pied dans une position stable; et ces appareils sont d’autant plus précieux qu’il suffit de coller des bandelettes imbibées de collodion, soutenues au besoin d’une pièce de carton, sur une des faces du membre, en laissant l’autre face entièrement à nu; qu'ils peuvent ainsi résister de 15 a 20 jours et plus; qu’ils [sont imperméables au pus et a tous les liquides, hors l’éther; et conséquemment qu’on peut appliquer des cataplasmes et même donner des bains au malade sans ramollir ni décoller l’appareil.

Art. III. — Des serrefines.

Albucasis avait indiqué assez vaguement un moyen d'affronter les plaies des intestins, que M. Furnari a retrouvé en vigueur en Algérie, pour la réunion du bec-de-lièvre. C’est un insecte, connu sous le nom de scarite pyraemon, armé de deux mandibules aiguës avec lesquelles on lui fait saisir et rapprocher les bords de la plaieaprès quoi on retranche le corps de l’insecte, laissant ainsi en place la tète et les mandibules. M. Furnari avait même imaginé un instrument d’après ce modèle; mais c’est à M. Vidal que l'on doit d’avoir répandu dans la pratique ee nouveau mode de réunion.

Les serrefines de M. Vidal sont formées d’un fil d’argent euroulé à sa partie moyenne en une double spirale qui fait ressort; chaque branche décrit ensuite une S terminée par un crochet médiocrement aigu. En rapprochant ces deux S de manière h les croiser au milieu, on obtient un 8 de chiffre, et les crochets se touchent. Si l'on presse sur l’anneau inférieur, on écarte les crochets au degré que l’on veut pour embrasser les deux lèvres d’une plaie peu profonde, qu’ils rapprochent en vertu du ressort de l'instrument.

Il y a des serrefines de diverses grandeurs, du n" I au n° G; ces dernières, dites de sûreté, ont une force qui leur permet d'embrasser avec la peau une certaine épaisseur de tissus.

Les serrefines paraissent irriter la peau moins que les sutures, et amener des réunions plus rapides. Dans quelques plaies superficielles on a pu les retirer ou bout de vingt-quatre, heures. M. Vidal recoin-

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mande de les rapprocher beaucoup, d'en couvrir toute la plaie, sauf à en retirer la moitié au bout de six heures. Il jette par-dessus une compresse imbibée d’eau froide, qu’on renouvelle quand elle s’est échauffée.

■A-rt. IV. — Des sutures proprement dites, ou sutures sanglantes.

Les sutures en usage de nos jours sont au nombre de six, savoir : 1" la suture entrecoupée; 2" la suture à surjet, nommée aussi suture du pelletier, bien que ce mot en désignât une autre dans l’origine; 3° la suture cnchcvillée; 4° la suture à aiguilles; 5" la suture en bourse; G" la suture en piqué. Mais cette dernière ne s’appliquant qu’aux plaies intestinales, nous nous bornerons ici â décrire les cinq autres.

1° Règles générales des sutures.

I La plaie doit être bien lavée et débarrassée du sang et des autres corps étrangers,

I1 faut " chaque point nouveau faire rapprocher les lèvres de la plaie, pour que les points se correspondent parfaitement.

3 Les téguments doivent être traversés sous un angle de 43“ au moins ; plus obliquement, on en embrasserait une portion à la fois trop mince et trop étendue.

4° Le (il doit pénétrer assez profondément dans la plaie pour ne pas bisser au-dessous de lui un espace où le pus pourrait s’amasser. 5" Il faut éviter de piquer des nerfs, des séreuses ou des tendons. y. ’ 1 lon fait pénétrer l’aiguille de dehors en dedans, il faut saisir le lambeau entre le pouce et l’indicateur de la main gauche : si de dedans en dehors, on appuie avec ces deux doigts sur la peau, de ^chaque côté du point que l’aiguille va traverser.

‘ Quand on craint la suppuration, il faut laisser au bas de la plaie un espace libre pour placer une mèche de charpie

H" La distance entre les points varie selon l’épaisseur des chairs : règle générale, il faut que les points soient assez rapprochés pour 'lue a plaie ne bâille point dans leurs intervalles. La distance doit

éni'r a|ël,r°nln‘ t0US l0S |,oints; cllc <lllU toro de moitié moindre entre Jcs derniers points et les extrémités de la division.

!f ;a. (’"tre les bords de la plaie et les points par où

sorrnt les aiguilles varie de même; elle ne doit pas dépasser!) niilli- ".ctres ni être moindre de deux; elle doit être égale des deux côtés

de |mr ,l,lacer left «'s à In partie moyenne

de la division, a moins quelle n’offre des angles, ou quelle ne louibe sur un bord libre comme à la lèvre; et alors le premier point oit se taire près des angles ou du bord libre.

11° On ne serre les points que quand tous les (ils sont placés, et il est de règle de serrer d’abord ou ceux du milieu ou ceux des angles. Jusqu'à ce que le dernier soit serré et noué, les bords de la plaie doivent être maintenus en contact dans toute leur étendue par des aides.

12" Les nœuds doivent toujours se faire sur le côté, et le plus loin possible de la plaie : il faut aussi, de peur qu’ils ne soienl baignés par le pus, les placer sur le bord le moins déclive.

13" Les nœuds seront assez serrés pour rapprocher les bords de la plaie, pas assez cependant pour que l’inflammation qui surviendra ne puisse gonfler les lambeaux sans les faire étrangler et couper par la suture. C’est une précaution capitale.

l i° Quand on a affaire à une plaie récente et fraîche, on laisse la suture en place, de quatre à huit jours. Si l’on ne réunit que par seconde intention, la suture doit rester appliquée un mois, ou même plus, si quelque cause s’oppose à l’adhésion des bords.

IS” On n’enlève d’abord qu’un seul point à la fois, et l’on commence toujours par les points les moins essentiels, ceux qu’on a serrés les derniers. Le nœud étant coupé avec les ciseaux, les bords de la division rapprochés par un aide, on retire le fil ou l’aiguille, selon l’espèce de suture, de gauche à droite, en appuyant avec le pouce et l’indicateur gauches sur le point par où on les fait sortir. On juge par l’adhésion de la plaie en cet endroit si l’on peut enlever les autres points, ou s’il faut encore attendre.

2° Des sutures en particulier.

1. Suture entrecoupée. Premier procédé. — On prépare autant de fils qu’on veut faire de points ; on enfile chacun d’eux à deux aiguilles courbes. La première aiguille, tenue comme une plume à écrire, est portée au fond de la plaie, et on la fait sortir de dedans en dehors, à la distance convenable. On passe de même l’autre aiguille de l’autre côté; on retire les aiguilles, et l’on noue les deux bouts de fil, soit à deux nœuds, soit à un nœud et une rosette, de manière que le nœud ne touche jamais la surface saignante.

On peut ne se servir que d’une aiguille : on commence alors par traverser l’un des bords de la plaie, de dehors en dedans; puis on traverse l’autre de dedans en dehors.

Deuxième procédé (Lafaye). — On enfile à une seule aiguille un (il d’une longueur mesurée à l’avance. Los lèvres de la plaie étant tenues rapprochées par un aide, on les traverse toutes deux à la b is, de droite à gauche, en soutenant avec le pouce et l’index gauches le point par où l’aiguille doit sortir. Le premier point ainsi fait, on reporte l’aiguille plus loin pour en faire un second; cl ainsi de suite, avec le même (i I , mais en laissant entre chaque point des anses assiz

réunion*. 53

grandes. Tous les points terminés, on coupe les anses par le milieu, et on lie tous les points de suture séparément.

Dans ce procédé, il faut évidemment commencer par un bout de la division et la parcourir jusqu’à l'autre. Mais on commence toujours par serrer et nouer les points du milieu.

Troisième procédé (Lavauguyon). • — ■ Pour réunir les trois bords d’une incision en T, on se sert d'un seul til avec deux aiguilles. On enfonce de dehors en dedans chaque aiguille à chaque angle, de manière que l'anse du fil réunisse déjà les deux angles; puis ou fait repasser chaque aiguille de dedans eu dehors au delà de l’incision transversale, où l’on noue les deux extrémités du fil.

Pour l’incision en croix, le procédé est le même; seulement les extrémités du fil, en se nouant, doivent former une anse par-dessus la seconde incision verticale.

H. Suture a surjet. — Le procédé est le même que celui de Lafaye pour la suture entrecoupée; mais on serre les anses du fil qu’on ne coupe point, et on ne les arrête qu'à chaque extrémité de la plaie. Peu usitée.

III. Suture encqevillée ou emplumée. — Elle se pratique connue l’entrecoupée : seulement le fil dont on arme les aiguilles est double, de telle sorte qu'une de scs extrémités représente une anse. Tous les points étant placés, on dédouble chaque extrémité des ligatures; à travers toutes les anses, placées du même côté et sur la même ligne, on glisse parallèlement à la plaie un bout de sonde, une tige de plume ou un rouleau de sparadrap ; de l’autre côté on dédouble les fils, et on les noue sur une cheville semblable, avec une force suffisante pour rapprocher les bords de la plaie. Quelques uns ont con- .'eillé de rapprocher ensuite les deux chevilles avec d’autres fils : pratique à peu près tombée en désuétude.

Mnyor de Lausanne) avait emprunté aux matelassiers une nouvelle sorte de suture, dite en point piqué, et qui se rattache à la précédente. Seulement, au lieu d'un bout de sonde ou d'un rouleau de sparadrap, il engageait dans chaque anse de fil un tampon de coton, de charpie ou d’éponge, du volume d'un gros pois.

IV . Suture a aiguilles. — Elle se fait avec des aiguilles droites, rondes, d'or ou d'argent, qui doivent rester en place; ou même avec des épingles ordinaires.

. I,re,ll>cr procédé. Suture entortillée proprement dite. — Ou prend ! une des aiguilles entre le pouce et le médius de la main droite, I indicateur appuyant sur la tête; et les lèvres de la plaie étant exactement rapprochées, on l’enfonce à 3 ou i millimètres du bord de la division, de droite à gauche, d'ahord de dehors en dedans

Oi MÉDECINE OPÉnATOIUE.

pour le premier lambeau, puis pour le second de dedans en dehors. Cette première aiguille placée, on engage sous les deux extrémités une anse de fil, dont on confie les chefs à un aide qui exerce dessus une légère traction pour rapprocher les bords de la plaie. On place ensuite avec les mêmes précautions une seconde, une troisième aiguille, et enfin autant qu’on le juge nécessaire. Alors, reprenant des mains de l’aide les chefs de l’anse de fil, on les croise au-devant de la première aiguille, et on les engage de nouveau sous ses extrémités, de manière f't former un 8 de chiffre, que l’on réitère trois ou quatre fois; puis on les engage sous les extrémités de la seconde aiguille, que l’on recouvre également de 8 de chiffre, et ainsi de suite pour toutes les aiguilles, soit avec le même fil, soit, s’il est trop court, en y en joignant d’autres. Enfin, quand le dernier fil est épuisé, on unit scs deux bouts à l’aide d'un double nœud ou d’une rosette.

Il reste à garantir la peau de la piqûre des pointes des aiguilles. On place donc par-dessous une petite compresse molle, et même une autre sous la tête des aiguilles. On excise d’ailleurs ces pointes a\ec de forts ciseaux ou des tenailles incisives.

Quelques chirurgiens préfèrent des aiguilles cylindriques qu’on revêt d’une pointe d’acier taillée en fer de lance, qui s’enlève très bien après l’opération.

Deuxième procédé. (Diefi'cnbach). — Dans tous les cas où la peau est mince et où les points de suture doivent être très rapprochés, Dictlènbach se sert d'épingles à insectes, 'qu’il recourbe après leur avoir fait traverser les deux lèvres de la plaie, de telle sorte que l'anneau qu’elles forment retient les parties en contact sans avoir besoin du fil entortillé ni d’aucun autre soutien. On coupe les deux bouts de chaque épingle presque à ras des téguments.

Troisième procédé (Rigal, de Gaillac). — Les innovations de M. Rigal portent sur deux points essentiels, le passage et le maintien des épingles.

Pour passer chaque épingle, il l'engage dans un porte-aiguille fort simple, construit à peu près sur la forme du porte-pierre, mais monté sur un manche solide qui donne au chirurgien toute la force désirable. Malgré l’inconvénient d'un nouvel instrument à ajouter à tant d’autres, le passage des épingles est souvent si difficile et si long par le procédé ordinaire, que j’ai adopté sans réserve l’usage du porte-aiguille; et je ne pense pas qu'après l’avoir essayé une fois, aucun chirurgien consente à s'en passer.

Les épingles placées, au lieu de les retenir par des fils entortillés, M. Rigal engage en dessous de chaque extrémité une longue bandelette de sparadrap fendue au centre, île tellesorte que l'un des chefs de la bandelette, appliquée sur la peau eu deçà de l’épingle, serve déjà à l'attirer et diminue ainsi la traction de l'épingle, tandis que l'extrémité de la fente soutenant l’épingle remplace le fil entortillé.

réunion. SS

Après divers essais de ces bandelettes, j'ai fini par trouver le fil entortillé plus simple et plus sûr à la fois.

Y. Suture en bourse. — Imaginée par DielTenbacli, pour la réunion des petites plaies circulaires et notamment des orifices listulcux. Avec une aiguille line, on passe le fil sous la peau, parallèlement au bord de la plaie, en faisant ressortir l’aiguille à 3 ou A millimètres de distance de son entrée. On la replonge par le trou de sortie, pour la faire ressortir un peu plus loin, et ainsi de suite jusqu’à ce que tout le contour de l’ouverture se trouve cerné par un anneau de fil continu, lequel est complètement caché, sons les téguments. En serrant les deux bouts du fij, on rapproche les bords de la plaie vers le centre en les fronçant à la manière d’une bourse, et de là le nom imposé à cette suture.

Appréciation. — La suture en bourse a une indication spéciale, qui la distingue de toutes les autres. La suture du pelletier tend a rapprocher les bouts et à froncer les bords de la plaie; elle | ne doit être admise qu’au cas où la plaie aurait peu de longueur, et peut toujours être suppléée par l’entrecoupée. On reproche à celleci de renfermer les chairs dans un anneau de fil qui les coupe inévitablement lorsque l’inflammation vient à les tuméfier. Mais cet ! accident est commun même à la suture entortillée, quand on a | trop serré les fils. Toutefois il faut dircqucja suture à aiguilles, ne | comprimant les chairs, pour ainsi dire, que sur deux points opposes, est beaucoup moins sujette à les couper que. toute autre. Quant à I enchcvilléc, elle, réunit très bien le, fond delà plaie, mais laisse les bords écartés; ou, si l’on veut rapprocher les chevilles, elle aura les inconvénients de l'entrecoupée. Elle est utile dans les plaies très profondes, où I essentiel est avant tout de réunir le fond de la plaie. A part cette circonstance, nous la remplaçons par l’entrecoupée, modifiée de cette, manière.

Avant de nouer les fils, on place entre eux, le long de la plaie, une compresse graduée, aussi large que l’intervalle qui sépare l'entree et la sortie des aiguilles, ou bien un morceau de sparadrap plié en plusieurs doubles, et l’on soutient le premier noeud par une rosoiie. lie celle manière, I anse de fil, au lieu de figurer un anneau,

1 représente une ellipse comme dans la suture entortillée; de plus, avec la rosette, on peut, si l'inflammation est trop forte, desserrer les fils i au besoin.

Quant aux sutures en général, il ne faut pas omettre que Pcrcy avait voulu substituer le fil de. plomb à tous les autres moyens. Il lui attribuait divers avantages: il suffit de le tordre ou détordre, selon le. besoin, pour serrer ou desserrer la ligature. Le. fil de plomb es oi be ou rond, et u a pas le défaut de couper qu’on reproche aux i s oïdmaires; le lion qn il forme peut s'accommoder aux besoins

médecine opératoire.

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, rr,dC, n°?'aU’ Cl ,C faisait Pister à la fois à l’ouda, ion Il Z 'Z V " qUI ,tendeut a lc casser. Mais la simplicité

et i économie disparaissent dès lors sans beaucoup d'avantage et jusqu a présent, les fils végétaux ont prévalu.

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