‹ Manuel de médecine opératoire (volume 5)Chapitre 20 sur 145 · IV. — DU SÉTON · texte numérisé non relu

IV. — DU SÉTON

Exutoire qu’on forme en perçant la peau en deux points correspondants, à travers lesquels on passe une mèche de coton ou une bandelette de linge effilée des deux côtés. On peut l'établir dans toutes les régions du corps où la peau peut être soulevée en forme de pli ; le lieu d’élection est à la nuque. Le procédé opératoire a varié, les uns voulant diriger le séton de haut en bas, d’autres se servant d’instruments particuliers.

Procédé ordinaire. — Le malade assis, le chirurgien, placé derrière et au côté droit, pince la peau en haut et en bas, de manière â obtenir un pli vertical à base suffisamment large. Il confie la partie supérieure de ce pli à un aide, traverse cette base avec un bistouri droit qu’il enfonce jusqu’au talon, et qu’il relire en agrandissant l’ouverture, et surtout en ayant soin qu’elle soit égale d’un côté et de l’autre. Puis il prend un stylet boutonné enfilé de la mèche, le tout préalablement enduit de cérat dans l’étendue convenable ,’ et traverse la plaie de part en part; alors seulement on abandonné la peau à elle-même. On ôte le stylet, on place un plumasseau sur les plaies, une compresse par-dessus; on reploie dans les plis de la compresse rc qui reste de la mèche non employée, et l’on assujettit

MÉDECINE OPÉnATOlHE.

le tout par un bandage circulaire. L’appareil ne doit se lever que le quatrième jour.

Dans les pansements subséquents, on attire à gauche la portion de la mèche qui a séjourné dans la plaie, et par conséquent on la remplace par la portion qui suit. Quand la mèche est épuisée, on en coud ou l’on en lie une nouvelle à l’ancienne, et c’est ainsi qu’on n’a plus besoin de recourir au stylet aiguillé.

Procédé de Boyer. — 11 employait une aiguille aplatie, large de 9 à 10 millimètres, enfilée de la mèche ordinaire; l’aiguille, eu perçant le pli de la peau, entraîne en même temps la mèche. Ce procédé est plus simple que l'autre ; mais cela ne compense pas assez l’inconvénient d’exiger un instrument spécial.

Page 1