V. — Du MOXA
Escarre légère produite sur la peau par la combustion d’une substance inflammable. On a conseillé une foule de substances: la mèche des canonniers, le lin, le chanvre, la moelle du tournesol (Percy), le duvet des feuilles d’armoise (Sarlandière), le phosphore, le camphre, les huiles essentielles, la poudre à canon, etc. On s’en tient généralement au coton cardé.
Procédé ordinaire. — On enveloppe du colon cardé avec une bande de toile qu’on arrête par une couture, de manière à avoir un cylindre du diamètre de 18, 27, et jusqu’à 45 millimètres; il ne faut ni trop ni trop peu comprimer le coton. On divise ensuite avec un rasoir ce cylindre en plusieurs fragments de 18 à 20 millimètres de hauteur. Le moxa ainsi préparé, et tenu entre deux pinces ordinaires, ou dans un morceau de carton percé d’un trou (Boyer), ou à l’aide d’un porte-moxa particulier (Larrey), ou allume une de ses extrémités à la chandelle, et l’on applique l’autre sur la peau préalablement mouillée de salive. On active le feu en soufflant à l’aide d'un tube ou avec un soufflet; il faut souffler de sorte (pie la combustion ne soit pas plus rapide dans un point que dans l’autre.
On peut préparer à l’avance des cylindres de coton sans les entourer de linge; il suffit d’enduire leur surface externe d'une solution de gomme arabique.
Procédé de Régnault. Moxa tempéré. — Ce sont de petits cylindres de coton qu'on brûle sur une pièce humide de drap épais dont on recouvre la partie; ils produisent à peu près le même effet que le, vésicatoire à l’eau bouillante. Recommandés contre l’hydrocéphale.
Procédé de l’ Ilôtel-Dieu. — On fait macérer d’abord le coton dans une forte solution de nitrate de potasse, selon le conseil de Percy. Le moxa ainsi préparé brûle tout seul sans qu’on soit obligé d’activer la combustion. L’elTet est aussi satisfaisant que par toute autre méthode.
PETITE CHIRURGIE
Art. III. — Vaccination.
Elle comprend les moyens de recueillir le vaccin et de l'inoculer.
Conservation du vaccin. 1° Dans un tube. — On perce avec la pointe de la lancette les cellules du bouton vaccinal ; il sort une gouttelette de liquide qu’on laisse durcir à l’air, et qu’on renferme ensuite dans un tube de verre ou un tuyau de plume, hermétiquement bouché avec de la cire à cacheter. Le vaccin se conserve ainsi plusieurs mois.
Procédé de M. Fiard. — Les tubes de M. Fiard sont des tubes capillaires de 8 centimètres de longueur, ouverts d’un côté, terminés de l’autre par une petite boule creuse comme celle d’un thermomètre. En passant seulement cette boule dans la bouche, la chaleur communiquée à l’air qu’elle contient le dilate, et en chasse une partie ; si alors on applique l’extrémité béante du tube sur un bouton de vaccin ouvert et plein de liquide, la petite boule se refroidit à l’instant; l’air qu’elle contient se contracte et tend à former un vide, et le liquide est aspiré dans le tube. Quand on le juge assez muni, on ferme le tube en présentant son extrémité h la lampe. Le vaccin se conserve ainsi pur, liquide, limpide, et aussi longtemps au moins que par tout autre procédé. Pour en charger la lancette, il suffit de casser le bout du tube et d’échauffer l’air de la petite boule en la tenant entre les doigts; Pair dilaté chasse le vaccin qu’on recueille sur la lancette, sans aucun mélange de liquide étranger. Ajoutez que, pour faire pénétrer le vaccin dans le tube, il faut tenir celui-ci même entre les doigts, afin de laisser la petite boule se refroidir ; au contraire, c’est la boule qu’il faut saisir, quand on veut faire sortir le liquide du tube.
Ce procédé est très simple, et nous paraît éminemment supérieur à tous les autres.
2" Entre deux plaques de verre. — Lfi bouton ouvert, on présente à la gouttelette qui s’en échappe la surface de fune des plaques; cl si la gouttelette est trop petite, on ajoute avec la lancette une nouvelle quantité de liquide. On applique les deux plaques l’une sur l’autre, on les lute avec la cire h cacheter ou la colle ,fi bouche, ou plus simplement on les recouvre d’une feuille de plomb qui les met à l’abri de l’air et de la lumière.
3“ Sur la lancette. — On pique le bouton avec la lancette, qu’on y reporte, d’abord sur une face, puis sur l’autre, afin de les charger toutes deux, et on laisse dessécher le liquide ii l’air. Un seul bouton fournit du vaccin pour six h dix lancettes. Une lancette ainsi chargée
temps P0U' d(>UX P‘qÛrCS ’ mais lc vacciu nc Peut sc garder long-
I)u reste, 1 époque la plus favorable pour recueillir le vaccin est du sixième au septième jour; plus tard il a déjà perdu une partie de son tncigie.
Inoculation du vaccin. — Parmi la foule des procédés décrits nous choisirons le plus simple et le plus sur, celui qu'on emploie à 1 Academie de médecine.
Il faut cl abord charger de vaccin liquide la pointe d’une lancette.
, ou vaccine de bras à bras, à chaque piqûre on reporte la lancette dans le bouton ouvert pour la charger de nouveau. Si l’on se sert du vacciu desséché, il faut préalablement le délayer avec une goutte I d eau ou de salive.
On pratique d’ordinaire trois piqûres à chaque bras, à la partie externe et supérieure, et à la distance d’un pouce au moins chacune Tautot on les dispose en ligne verticale, ou bien en triangle, ce qui est fort peu important.
On présente la pointe de la lancette presque horizontalement à la peau, on I enfonce sous l’épiderme à un millimètre environ de profondeur : une strie de sang apparaît pour l’ordinaire; il n’y a nul inconvénient. Après avoir laissé 1 instrument dans cette position pendant trois ou quatre secondes, on le retourne dans la plaie de manière à le mettre de champ, d'abord d’un côté, puis de l’autre; de cette façon on écarte les bords de la plaie, et l’on permet au vaccin de s’y introduire; de plus, on essuie les faces de la lancette contre ces mêmes bords. Chaque piqûre demande ainsi sept ou huit secondes.
^ Ou laisse ensuite sécher la pluie a I air, et l’on prend garde (pic des vêtements trop durs ou trop serrés nc viennent à l’écorcher.
Art. IV. — Acupuncture.
I. Acupuncture. — L’aiguille à acupuncture, en général assez fine, de b à G centimètres de longueur, représente une tige parfaitement cylindrique, terminée d’une part par une pointe conique, de l’autre par un petit manche d’acier de 0 à 12 millimètres de long, et taillé à pans. On ajoute à la partie inférieure de ce manche un petit anneau, quand on veut faire servir l’aiguille à l’élcctro-puncturc. Il y a trois procédés pour l’enfoncer.
Premier procédé. — On l’applique perpendiculairement à la peau ; et en roulant le manche entre le pouce et l'indicateur de la main droite, on lui communique un mouvement de rotation qui, uni à une pression modérée, suffit pour la faire pénétrer aussi- avant qu’on le désire. On soutient d'ailleurs la tige de l'aiguille avec la main gauche.
AHT DU PÉDICURE. Kl
Deuxième procédé. — On tient l’aiguille perpendiculaire avec la main gauche, et l’on frappe sur le manche, à petits coups répétés, avec un petit maillet. Ce procédé est plus rapide et tout aussi peu douloureux que l'autre.
Troisième procédé. — Enfin on peut enfoncer l’aiguille rapidement et d'un seul coup, et ce procédé est préférable aux deux autres par sa promptitude et sa simplicité.
On retire l’aiguille en appuyant deux doigts sur la peau au point où elle est entrée, et en la retirant îi soi perpendiculairement.
11. Electro-puncture. — Les aiguilles enfoncées comme il vient d'être dit, on décharge sur chacune d’elles, à diverses reprises , la bouteille de Leyde, ou bien on les met en communication à l’aide de fils métalliques avec les deux pôles de la pile galvanique ; ou ou leur communique l’électricité de toute autre manière.
Coster a appliqué l’électricité sans le secours des aiguilles. Ayant fait des frictions avec l’iode pur à la dose de 2 centigrammes et demi sur un des côtés d’un goitre , et ayant fait passer un courant galvanique a travers la tumeur, en mettant ses deux extrémités en rapport avec les pôles d’une pile de Voila, il a obtenu un succès complet: il pense avoir activé par ce moyen l'absorption de l’iode.