‹ Manuel de médecine opératoire (volume 5)Chapitre 22 sur 145 · I. — Des cors aux pieds · texte numérisé non relu

I. — Des cors aux pieds

Anatomie. Le cor est une excroissance en forme de clou , dont la pointe s enfonce dans les couches profondes de l'épiderme, quelquefois meme au delà du derme et jusqu'au périoste ou aux capsules articulaires : Dudon). A part ces cas, qui sont rares, si l’on fait macérer la peau qui supporte le cor, celui-ci se détache de lui-même, et I épiderme alentour parait sain et à l'état normal. l e cor paraît formé de mucus concret qui s'imbibe aisément au contact des liquides et se ramollit alors plus ou moins; on n'y trouve ni nerfs ni vaisseaux.’ Il en est qui offrent un point noir au centre. Laforesta rencontré audessous de quelques uns un kyste séreux ou une ampoule sanguine.

Il y a trois manières d’opérer.

T. Excision. — On attendrit d’abord l'épiderme et le cor au moyen d’un pédiluve; puis, avec un bistouri convexe, on enlève en dédolant la partie supérieure et centrale du cor, jusqu'à ce que la douleur et la teinte rosée avertissent de pas creuser plus loin. On excise alors les bords du cor de la même manière, en ayant soin surtout de ne pas entamer la peau.

Presque toujours la lame du bistouri se recouvre d’un enduit visqueux qui l’empéche découper; il suffit, pour l’enlever, de tremper I instrument dans 1 eau ou 1 huile d’oüve, et de l'essuyer avec un linge fin.

Si l’on aperçoit au centre un ou plusieurs points noirs ou blancs, on tâche de les enlever avec la pointe du bistouri ; les cors de ce genre sont plus profonds que les autres. Si l'on rencontre un kyste ou une ampoule sanguine, il faut leur donner une large issue.

II. Cautérisation. — On a conseillé de cautériser le cor avec un morceau de bois enflammé (Avicenne), ou avec une goutte de soufre fondu (G. deChauliac). Itousselot cite le procédé suivant, qui a réussi à Laforesl.

On fait un petit peloton de toile d’araignée qu’on applique sur le cor, on y met le feu, et on laisse la toile se consumer par degrés comme un moxa.

III. Extirpation. Premier procédé. — Si le cor est récent et superficiel, il suffit, après un pédiluve d’une demi-heure, de le racler avec les ongles ou la lame d’un couteau.

Deuxième procédé. (Dudon.) — Les pieds doivent être lavés avec soin dès la veille, ou quelques heures avant l’opération. Le malade se place à gauche de la croisée, un peu en face du jour, assis sur une chaise ordinaire pour les cors situés sous la plante du pied; pour les autres, sur un siège plus élevé ou sur une table. Le pédicure, assis à droite, le pied droit sur un tabouret pour exhausser le genou garni d’une serviette, assujettit sur ce genou le pied malade. Quand le cor est très épais, ou l’amincit un peu d’abord avec le bistouri; puis on le circonscrit en grattant alentour avec la pointe du quadrille (sorte de poinçon carré); et, après l'avoir un peu décollé de l’épiderme, on en saisit le bord avec des pinces à disséquer, et peu à peu on le déchausse avec dos poinçons ronds ou aplatis el à sommet émoussé, dits furet et tiavelle. C’est une sorte de dissection pour laquelle oii tient ces instruments comme une plume à écrire. Il importe, pour éviter la douleur et l’écoulement du sang, de ne pas quitter la limite du cor et de l'épiderme; on aura recours à une loupe pour y mieux voir s’il est nécessaire; cl si l’opération se fait à la chandelle, on aura soin d'en concentrer les rayons au moyen d'une bouteille ronde remplie d'eau claire.

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